PARIS — Le président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, a accusé mardi d'"arnaque" le groupe Dexia, premier prêteur des collectivités locales, en contrat avec la Seine-Saint-Denis.
"Qui pouvait croire Dexia capable de se livrer à une véritable arnaque des collectivités locales, et de ce fait, des contribuables français?", demande M. Bartolone dans un communiqué.
Lundi, le député PS avait mis en demeure cinq banques, dont Dexia, auprès desquelles la Seine-Saint-Denis a contracté "des emprunts toxiques", de revoir ces contrats, faute de quoi il portera l'affaire en justice.
Le porte-parole de Dexia, Benoit Gausseron, avait répondu que les crédits dits "structurés" ont permis aux collectivités locales de faire des "économies très importantes", les chiffrant à 500 millions d'euros au total sur la période 2001-2008.
Dans son communiqué, M. Bartolone se dit "scandalisé" par ces propos : "Dexia ose se vanter de ne pas avoir vendu de +snow ball+ (produit financier à effet cumulatif) ni de +swaps+ (échanges de contrats). Avoir placé des centaines de millions d'euros en +produits de comparaisons de devises+ (...), ce n'est pas mieux!", affirme-t-il.
Selon lui, "ce n'est pas un hasard si la Commission bancaire a ouvert ce mois-ci une enquête sur les +produits structurés de dette+ vendus par Dexia aux collectivités locales".
Il affirme que l'"argument" de Dexia, selon lequel ces crédits ont permis aux collectivités locales de faire des "économies très importantes", "est un mensonge".
"Bien entendu, il y a un gain à court terme, mais les analyses auxquelles nous avons procédé, comme les propositions des banques pour se débarrasser de ces produits toxiques depuis le printemps, convergent vers un surcoût de l'ordre de 30% minimum", explique-t-il.
"Si ces produits sont si peu nocifs, pourquoi Dexia ne formule-t-elle pas des propositions sans ce surcoût?", demande M. Bartolone.
"Qui pouvait croire cet établissement capable de plonger sciemment des communes, des départements, des régions, des organismes publics, dans une telle instabilité financière à court et moyen terme?".
Selon lui, Dexia, "prêteur historique des collectivités locales", les a "trahies au nom de la rentabilité immédiate, du profit à court terme et de l'enrichissement de ses actionnaires".
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