PARIS (AFP) — Les salariés de l'ANPE se sont massivement mobilisés lundi, avec près de 50% (direction) à 60-70% (syndicats) de grévistes, pour exprimer leurs inquiétudes sur les conditions de mise en oeuvre de la fusion avec les Assedic, qui intervient en pleine remontée du chômage.
L'appel à la grève a été lancé par les huit syndicats de l'agence (SNU-ANPE, CFDT, CFE-CGC, CGT, CFTC, FO, Sud et Unsa), pour demander "la revalorisation des salaires, l'augmentation immédiate des effectifs et l'amélioration des conditions de travail, qui vont encore plus se dégrader avec cette fusion", a expliqué Philippe Sabater, responsable du SNU-ANPE, premier syndicat de l'agence.
"Avec la hausse des chiffres du chômage, la direction nous impose une fusion à marche forcée, qui se fera au détriment du travail des agents et de l'accueil des demandeurs d'emploi", a-t-il ajouté.
La direction de l'ANPE a annoncé "un taux de grévistes de 48%, avec 400 agences fermées, sur un total de 1.000 points d'implantation".
Pour les syndicats, les estimations sont "au-dessus de 50%, proche de 60%" pour l'Unsa, 60% pour le SNU-ANPE et "près de 70% de grévistes" pour Sud.
"La grève est très bien suivie, on est très satisfait, les agents ont vraiment envie de faire bouger les choses", a souligné Bernie Billey (CFDT).
Pour Sud, "il s'agit du plus cinglant message adressé par les personnels, dont un grand nombre de cadres, à la direction de l'ANPE, depuis sa création en 1967", a réagi le syndicat dans un communiqué.
Des manifestations locales ont eu lieu en région, notamment à Marseille où une centaine d'agents de l'ANPE se sont rassemblés devant la direction régionale, ou à Nice où 70 personnes ont défilé dans le centre-ville. A Paris, 650 personnes ont manifesté, selon la police.
"Il y aura des actions symboliques pendant tout le mois de décembre, et on réfléchit à une nouvelle grève début janvier, cette fois-ci avec nos collègues des Assedic", a ajouté M. Sabater.
"On peut comprendre les angoisses, il y en a dans toute fusion ou rapprochement d'organismes", a déclaré lundi sur BFM Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'Unedic, "mais c'est maintenant que le chômage commence à remonter qu'il faut faire ce que tous les pays d'Europe ont fait, c'est-à-dire mettre dans la même pièce la personne qui vous indemnise et celle qui vous retrouve un emploi", a-t-il souligné.
"Cette réforme, elle était déjà indispensable avant, elle l'est encore plus maintenant", a-t-il ajouté.
La naissance juridique de Pôle emploi, l'organisme issu du mariage entre l'ANPE et les Assedic, est prévue le 1er janvier 2009. Les nouveaux services pour les chômeurs seront opérationnels quant à eux à la fin de l'été 2009.
A cette échéance, tous les demandeurs d'emploi pourront effectuer leurs démarches dans un même lieu, auront un entretien unique d'inscription et seront suivis par un référent unique.
L'harmonisation des statuts entre les 28.000 agents de l'ANPE, de droit public et les 15.000 salariés des Assedic, de droit privé, prendra quant à elle plus de temps: une convention collective nationale doit être signée d'ici 18 mois.
Les trois dernières grèves à l'ANPE contre cette fusion ont eu lieu le 18 décembre 2007 (10 à 15% de mobilisation), le 18 octobre 2007 (25%) et le 27 novembre 2007 (40%).
Le taux de chômage au 3eme trimestre va être publié jeudi matin, une semaine après l'annonce d'une forte hausse (+46.900) du nombre d'inscrits à l'ANPE en octobre, qui a franchi la barre des deux millions.
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