SNCF: les syndicats décident ce vendredi s'ils maintiennent leur grève

PARIS (AFP) — Le leader de la CGT-cheminots, Didier Le Reste, a indiqué que les syndicats lançant un appel à une grève SNCF à partir de dimanche soir décideraient vendredi après-midi s'ils le maintenaient, ajoutant que "tout reste ouvert", dans une interview parue vendredi dans Le Parisien.

"Les négociations continuent. Nous apprécierons et nous retournerons vers les cheminots et nos organisations avant de rendre vendredi après-midi notre décision définitive. A cette heure, tout reste ouvert même si le décret du gouvernement marque effectivement un recul", a déclaré le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, premier syndicat de l'entreprise.

Ce décret, paru jeudi, entérine un projet de réforme a minima pour les cheminots du fret, plusieurs dispositions importantes portant notamment sur l'allongement du temps de conduite de nuit ayant été retirées du projet initial sous la pression des syndicats.

Alors que la Fgaac (2e syndicat de conducteurs) et la CFDT ont levé jeudi un préavis de grève qu'ils avaient déposé pour vendredi soir, une intersyndicale de cinq organisations (CGT-Sud-FO-CFE/CGC-CFTC) a pour le moment maintenu son préavis pour un mouvement reconductible à partir de dimanche soir.

"Grâce à la mobilisation des cheminots, les dispositions du décret, c'est clair ne s'appliqueront pas dans les prochains mois", s'est félicité M. Le Reste. Mais "dans le cadre de notre préavis, nous voulons le retrait des roulements (tableaux de service, NDLR) prévus avec les 923 agents de conduite volontaires, dont certains sont des pseudo-volontaires victimes d'un chantage à l'emploi, à la rémunération ou à la mutation", a-t-il ajouté.

La SNCF a décidé mercredi de reporter de plusieurs mois la mise en oeuvre de la réforme du fret qui devait être expérimentée par 923 conducteurs volontaires à partir du 14 décembre, mais sans renoncer au principe de ce volontariat.

Selon M. Le Reste, le président de la SNCF, Guillaume Pépy, "ne comprend que le rapport de forces". "Pepy se veut dans la continuité de Louis Gallois (ndlr: président de la SNCF de 1996 à 2006) mais ce dernier était un grand serviteur de l'Etat avec qui le dialogue était clair et direct. Je ne retrouve pas chez Pepy la même franchise vis à vis de la CGT", a ajouté le dirigeant cégétiste.