PARIS (AFP) — A trois jours du scrutin, Dieudonné, candidat aux européennes à la tête d'une liste "antisioniste", se retrouve au centre d'une nouvelle polémique, avec l'ouverture d'une enquête pour injure antisémite suite à une vidéo postée sur internet.
Lors d'une conférence de presse jeudi dans une ambiance très tendue au Théâtre de la main d'or, la tête de liste du "parti antisioniste" en Ile-de-France, a accusé la justice de faire "deux poids deux mesures", en ouvrant une enquête quand il s'agit d'une insulte contre un juif mais en évitant de le faire, assure-t-il, en cas d'insulte à un noir.
Le procureur de la République de Paris a ordonné jeudi une enquête préliminaire suite à des propos de Dieudonné, dans une vidéo postée fin mai 2009 sur le site Youtube.
L'injure publique à caractère antisémite est passible de six mois d'emprisonnement et de 22.500 euros d'amende. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Déjà condamné pour avoir comparé la shoah à une "pornographie mémorielle", le très controversé humoriste d'origine camerounaise doit comparaître en septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour injure raciale après avoir remis sur la scène du Zénith le 26 décembre "le prix de l'infréquentabilité" au révisionniste Robert Faurisson.
Dans la vidéo incriminée, Dieudonné commente, selon lui sur le mode humoristique, une décision du parquet de Genève classant une plainte de sa part contre un producteur de la radio suisse romande, Pascal Bernheim, qui l'avait qualifié de "nègre" en novembre lors d'un débat télévisé. "Le puissant lobby de youpins sionistes qu'il (M. Bernheim) représente est voleur, raciste et menteur", dit-il.
Bien que la justice française ne soit pas compétente pour les propos de Pascal Bernheim, tenus sur une antenne suisse, l'humoriste a contre-attaqué: "J'attends que le parquet instruise aussi en ce qui concerne les injures de M. Bernheim. Que nous soyons poursuivis par le parquet tous les deux, pourquoi pas".
"En France, le parquet poursuit uniquement l'injure qui concerne les juifs", a-t-il insisté, en conseillant à la population noire de France d'"aller voir sur internet ce qui se passe sous la pression de ce lobby sioniste". Il a estimé que cette nouvelle polémique était finalement "réjouissante" et se traduirait en voix supplémentaires dans les banlieues pour sa liste le 7 juin.
Sa liste clame à tous vents qu'elle n'est pas antisémite, mais certains militants ont fait, lors d'un meeting lundi, des déclarations à tout le moins ambiguës, et un coup de téléphone du terroriste pro-palestinien emprisonné Carlos a suscité l'émoi des autorités.
La conférence de presse de jeudi a par ailleurs donné lieu à de violentes attaques contre différents médias, accusés de déformer la campagne de Dieudonné.
Yahia Gouasmi, dirigeant du centre chiite Zahra, candidat sur la liste, a estimé qu'après des incidents le week-end dernier sur un marché à Paris, la presse "présente les agresseurs en victimes et les agressés en coupables", affirmant que des organisations juives (Betar et LDJ) étaient derrière cette "ratonnade".
"Vous n'êtes pas libres parce que la France est occupée", a-t-il lancé aux journalistes. "Comme les collaborateurs, vous serez tondus à la libération," a lancé Alain Soral, autre co-listier.
Un représentant de la secte raélienne a apporté le soutien à la liste, affirmant que "le monstrueux criminel Etat est condamné à disparaître rapidement" et "Yahvé vomit par ma bouche" les sionistes.
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