Madagascar: le nouveau pouvoir se défend d'avoir commis un coup d'Etat

ANTANANARIVO (AFP) — Le nouveau pouvoir malgache a nié vendredi avoir avoir commis un "coup d'Etat" contre l'ex-président Marc Ravalomanana, contraint à la démission mardi, comme l'en accuse une partie de la communauté internationale, dont l'Union européenne (UE).

"Peut-être la vision de l'Union européenne est un peu brouillée, on est prêt à s'expliquer. Après cela, nous allons leur demander de reconsidérer leur position", a déclaré à l'AFP le Premier ministre malgache de transition, Monja Roindefo.

"On va faire état de la situation réelle. Peut-être la démarche malgacho-malgache n'est pas très claire, il y a une certaine spécificité, difficile à suivre dans tous les détails", a-t-il ajouté.

"Nous ne pensons pas que c'est un coup d'Etat. C'est l'expression directe de la démocratie, quand la démocratie représentative ne s'exprime pas à travers les institutions", a-t-il affirmé.

La présidence tchèque de l'UE a qualifié jeudi soir de "coup d'Etat" l'arrivée au pouvoir d'Andry Rajoelina, tandis que les Etats-Unis l'ont jugée "non démocratique".

La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), dont Madagascar est membre, a elle refusé de reconnaître le nouveau président.

Ces condamnations "ne nous embêtent pas outre mesure", a poursuivi le Premier ministre, ajoutant: "s'ils n'ont pas bien compris le processus, ils ont le droit de réagir. S'ils maintiennent leur position après notre plaidoirie, là ce sera embêtant".

La Haute Cour constitutionnelle de Madagascar a officiellement entériné mercredi l'accession au pouvoir de M. Rajoelina.

Auparavant elle avait validé l'ordonnance par laquelle le président Ravalomanana, lâché par l'armée, a démissionné mardi en transférant les pleins pouvoirs à un directoire militaire, qui les a ensuite remis au chef de l'opposition.