Une plateforme d'imagerie de pointe pour les essais sur les animaux

PARIS (AFP) — Une plateforme de pointe, réunissant près de Paris laboratoires, animaleries et un système d'IRM (imagerie par résonance magnétique) unique en son genre, permettra d'approfondir les recherches sur les animaux afin de mieux connaître toute une série de maladies humaines.

Jadis berceau de la recherche nucléaire civile et militaire, le Centre de Fontenay-aux-Roses du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) est consacré désormais aux sciences du vivant, avec l'ambition de devenir "un pôle européen de recherche et d'innovation pour les technologies biomédicales", selon le CEA.

A cet égard, une plateforme de recherche en neuro-infectiologie sur les maladies émergentes a été mise en place en 2004 et un plateau technique de radiobiologie en 2005.

Le nouvel équipement, Mircen (Molecular imagery research center), inauguré lundi et qui sera en fonctionnement en décembre, est une plateforme d'imagerie pour la thérapie génique et cellulaire au niveau pré-clinique, c'est à dire pour les essais sur les animaux.

Une centaine de chercheurs vont pouvoir y bénéficier de 8.500 m2 de laboratoires protégés, où l'on entre en traversant des sas de protection ou de décontamination. Ils y observeront le comportement moteur ou cognitif de primates suivis par des caméras. Les animaleries pourront accueillir quelque 2.000 rongeurs et 300 à 400 primates.

Surtout, le Mircen va disposer d'un système d'IRM unique en son genre, qui fonctionne en confinement microbiologique, c'est à dire en isolement complet de toute éventuelle contamination des animaux étudiés.

Cet appareil a une puissance de 7 teslas (unité de mesure et de densité de flux magnétique, ndlr) contre 1 à 1,5 tesla pour les IRM des hôpitaux, qui selon Vincent Lebon, physicien au CEA et responsable de l'IRM du centre, permet d'avoir des images extrêmement fines, de l'ordre de 10 à 100 mégapixels.

"Les altérations pour des maladies comme Parkinson ou Alzheimer, très petites, ne sont pas visibles sur des images de 1 mégapixel", dit-il. "Avec 10 ou 100 mégapixels, on peut zoomer et quantifier l'évolution de la maladie à un stade précoce".

Les chercheurs du Mircen travailleront sur les maladies neurodégénératives, cardiaques, hépatiques et infectieuses, en utilisant des technologies avancées dans le domaine de la thérapie génique (par introduction chez le patient de la copie normale d'un gène déficient causant la maladie) et cellulaire (remplacement des cellules déficientes par des cellules saines).

Cette plateforme, unique en Europe, qui permettra de conduire des recherches "translationnelles" -c'est à dire allant de l'identification d'une cible dans la maladie aux essais sur des "modèles animaux" de la maladie concernée- constituera "un pont entre la recherche fondamentale et les essais thérapeutiques chez l'homme", a souligné Alexis Brice, responsable des neurosciences à l'Inserm (Institut de la santé et de la recherche médicale).