Clinique du sport: trois chirurgiens renvoyés en correctionnelle

PARIS (AFP) — Trois chirurgiens de la Clinique du sport de Paris, dont l'ancien directeur de l'établissement dans lequel une cinquantaine de patients ont été contaminés par la mycobactérie xenopie entre 1988 et 1993, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris.

L'affaire de la Clinique du sport avait sorti de l'ombre la question des maladies nosocomiales.

Parmi les trois médecins figurent Pierre Sagnet, l'ancien directeur de la Clinique du sport, poursuivi en tant que chirurgien et deux autre chirurgiens, Didier Bornert et Patrick Béraud.

Ces trois hommes ont été renvoyés jeudi en correctionnelle par la juge Sophie Clément pour "blessures involontaires ayant entraîné des incapacités totales de travail de plus de trois mois" et "tromperie", a précisé une source judiciaire.

Au total, cinq médecins, dont le directeur, trois chirurgiens et un biologiste ont été mis en examen durant l'enquête judiciaire et quatre médecins entendus en tant que témoins assistés (un statut intermédiaire entre le simple témoin et le mis en examen).

Mais dans ses réquisitions, le parquet a estimé le 12 février que les faits étaient prescrits ou les charges insuffisantes pour poursuivre deux des médecins.

Dans son ordonnance, la juge Clément n'a suivi que partiellement les réquisitions du parquet qui avait également réclamé le renvoi du directeur de l'établissement pour avoir "omis volontairement de porter assistance à des personnes en péril en donnant des informations incomplètes (...) sur les examens nécessaires pour diagnostiquer une contamination à la bactérie xenopie".

Les médecins poursuivis sont notamment soupçonnés d'avoir fait preuve de négligence dans la stérilisation des instruments chirurgicaux, provoquant ainsi la propagation de cette mycobactérie qui entraîne une maladie qui s'apparente à une tuberculose osseuse et provoque des inflammations et des abcès.

Ils sont également accusés d'avoir réutilisé des kits d'intervention à usage unique lors d'interventions chirurgicales au mépris des règles d'aseptie réglementaires.

La présence de xenopie avait été diagnostiquée en 1989 par un professeur de l'hôpital Edouard Herriot de Lyon qui avait examiné le premier patient de la Clinique du sport tombé malade et en avait aussitôt informé ses collègues parisiens.

Or, selon Me Patrick Lagrange, avocat des parties civiles, "il a fallu l'action d'une association de victimes pour qu'une information sur l'infection due à la bactérie xenopie soit enfin délivrée à l'attention des anciens patients de la Clinique du sport".

En 1997, le ministère de la Santé avait lancé une première campagne d'information sur les risques d'infection à la clinique du Sport entre 1988 et 1993 auprès de 4.700 patients opérés du dos, puis, en janvier 2005, une seconde campagne auprès de plus de 7.000 opérés du genou.

Au total, une cinquantaine de patients ont été contaminés lors d'une opération du dos et 19 d'entre eux se sont constitués partie civile. Selon leur avocat, Me Patrick Lagrange, elles ont toutes aujourd'hui encore entre 15 et 20% d'invalidité.

Depuis l'ouverture de l'information judiciaire en 1997, l'établissement a changé de propriétaire et mis en place des règles d'hygiène draconiennes.

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