Grippe porcine: risque très élevé de pandémie selon l'Institut russe de virologie

MOSCOU (AFP) — Le risque de pandémie de grippe porcine est "très élevé", et dépendra de la capacité des pays affectés à contenir le virus, a estimé mardi le directeur de l'Institut de virologie de l'Académie russe des sciences médicales, Dmitri Lvov.

"Le risque d'une pandémie est très élevé: son développement peut prendre des heures, des jours, pas plus d'une semaine", a-t-il déclaré, lors d'un point presse.

"Cela va se clarifier dans la semaine qui vient. Tout dépend si les nouveaux pays qui sont touchés peuvent contenir son développement", a-t-il souligné.

"Il faut des masques partout, je déconseillerais de participer à des rassemblements de masse et je conseille aussi de prendre des médicaments anti-virus comme le tamiflu, même en prévention", a-t-il recommandé.

"Ceux qui ont été vaccinés (dans les pays touchés, ndlr) ne sont pas morts. Je vous conseille à tous d'aller vous faire vacciner" par les vaccins qui existent déjà, a-t-il dit à l'intention de ses compatriotes.

"Le vaccin contre la grippe porcine ne sera trouvé au mieux que dans six mois", alors que le danger de pandémie est plus élevé à la belle saison, a-t-il ajouté.

Le risque de se faire contaminer dans un avion est également très élevé, a encore prévenu le virologue russe, rappelant que contrairement à la grippe aviaire, la grippe porcine se transmet par la voie orale.

La Russie n'a pas été touchée par le virus de la grippe porcine pour le moment, mais a annoncé des mesures préventives, en procédant à des contrôles sur tous les avions en provenance du continent américain.

Le scientifique s'est parallèlement montré sceptique face aux efforts entrepris par les autorités russes pour contenir la contagion: "Personne et nulle part n'a jamais réussi à arrêter une épidémie de grippe, c'est irréaliste". "La grippe est la même chose qu'un tsunami", a-t-il estimé.

L'interdiction des importations de viande de porc en Russie n'a pas de sens, selon lui, car le risque de contamination par cette voie est "égal à zéro".

La Russie est l'unique pays ayant décidé d'interdire "à partir du 26 avril les importations de viande venant du Mexique et (...) du Texas, de Californie et du Kansas".

"Je ne comprends pas cette décision (...) Les porcs (vivants, ndlr) c'est tout à fait autre chose, leur importation en Russie doit être limitée", a-t-il dit.

Au Mexique, foyer de l'épidémie, le gouvernement a annoncé un bilan aggravé de 152 décès imputables à la grippe porcine, dont 132 sous réserve de confirmation. Le nombre de morts liés de manière certaine au virus reste de 20.

Quelques cas confirmés de maladie ont également été recensés en Europe.