PARIS (AFP) — L'Institut international pour les énergies renouvelables (Irena), dont la Française Hélène Pelosse prendra la direction à Abou Dhabi, sera chargé de donner du poids et de la visibilité aux formes d'énergies alternatives aux fossiles.
L'Irena, dont le siège sera installé à Abou Dhabi (en attendant l'inauguration de la ville écologique de Masdar, en construction dans les Emirats), groupe à ce jour 136 pays. Il devra favoriser une transition mondiale rapide vers les énergies issues du vent, de l'eau ou du soleil, au détriment du pétrole, du gaz ou du charbon, gros émetteurs de gaz à effet de serre responsables du changement climatique.
A la différence de l'Agence internationale pour l'énergie (AIE), qui groupe 28 pays industrialisés depuis le premier choc pétrolier de 1973-1974, l'Irena est "une organisation Nord/Sud qui entend partager son expertise sur les renouvelables avec le monde entier, en particulier les pays les plus démunis qui ont besoin de soutien et conseils", a insisté mardi Mme Pelosse, jointe à Charm-el-Cheikh (Egypte).
C'est dans cette station balnéaire sur la mer Rouge que se tenait depuis lundi la conférence de l'Irena, qui l'a élue directrice générale.
Portée depuis deux ans par l'Allemagne, la création de l'Institut a été validée fin janvier à Bonn par une cinquantaine de pays.
"Jusqu'ici, tout le monde s'occupait un peu des énergies renouvelables et personne sérieusement. Nous avons désormais une structure dédiée, qui va pouvoir dessiner les scénarios de croissance des énergies vertes", souligne Mme Pelosse.
Agée de 39 ans, cette dernière était depuis 2007 directrice adjointe du cabinet du ministre français du Développement durable, de l'Energie et du Climat, Jean-Louis Borloo, et sa conseillère diplomatique pour les négociations internationales en faveur du climat.
Lors de la présidence française de l'Union européenne en 2008, elle a participé activement aux négociations du "paquet énergie/climat", en particulier celles sur la directive Energies renouvelables - qui vise un objectif de 20% de renouvelables dans la consommation finale d'énergie en 2020.
L'AIE, davantage tournée vers les marchés et l'efficacité énergétique, a développé des scénarios sur le développement des renouvelables jugés "peu ambitieux", selon un expert, qui considère que ceux-ci devront être revus "et tirés vers le haut" par l'Irena.
"La création de l'Irena arrive au bon moment", remarque Mme Pelosse, à six mois du nouvel accord mondial contre le changement climatique qui devra intervenir en décembre à Copenhague.
En outre, face à la crise économique et financière, de nombreux pays dont les Etats-Unis et plusieurs pays européens, mais aussi l'Inde ou la Chine, ont adopté des plans de relance appuyés sur une croissance des énergies et emplois verts.
A ce stade, quelques acteurs majeurs manquent encore à la nouvelle institution, notamment de grands pays émergents comme la Chine, le Brésil ou le Mexique, ainsi que la Russie et le Canada - ce dernier devrait cependant la rejoindre rapidement.
Les réticences à rejoindre son nouveau bébé, Hélène Pelosse les explique en partie par la volonté farouche de certains pays de préserver leur indépendance.
"Mais l'Irena est une machine intergouvernementale qui, par principe, n'interviendra qu'auprès des pays demandeurs, principalement ceux qui manquent cruellement d'expertise", assure-t-elle.
Elle devra également défendre la cause des renouvelables dans les grandes enceintes de régulation du commerce mondiale, comme l'OMC, afin de faciliter le transfert de technologie.
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