PARIS — Une pénurie d'un médicament l'ImmuCyst, utilisé pour certaines formes de cancer de la vessie, liée à des problèmes de production dans une usine canadienne sévit en France, selon des spécialistes et l'agence du médicament qui indique faire tout pour résoudre ce problème.
"La situation est sérieuse incontestablement, mais c'est une crise qui n'est pas seulement franco-française", a souligné samedi auprès de l'AFP Bernard Delorme de l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) en évoquant cette "pénurie", dont fait état Le Parisien.
L'agence du médicament "va tout faire pour accélérer les choses et trouver des solutions", ajoute-t-il car "il n'est pas question que les patients ne soient pas traités".
"On utilise en France 1.500 doses d'ImmuCyst par semaine en France", relève le Dr Patrick Coloby, président de l'Association française d'urologie (AFU).
Il s'agit d'une immunothérapie, injectable dans la vessie, contenant une forme de BCG, le vaccin contre la tuberculose, mais à des doses bien plus concentrées. "L'immunothérapie permet de diminuer le risque de récidive et de progression de la tumeur", explique le Dr Coloby.
"Ce médicament ne s'adresse qu'à une petite partie des patients atteints de cancer de la vessie", ajoute le spécialiste dont l'association, indique-t-il, a rencontré jeudi dernier l'ANSM pour étudier les moyens de faire face à cette pénurie.
Le problème provient d'une usine au Canada de Sanofi Pasteur Canada, dont la production n'a pas satisfait aux tests de contrôle relatifs à la stérilité qui auraient décelé une contamination.
"Nous procédons par étapes. A très courte échéance, l'objectif est de libérer un stock de 12.000 doses qui se trouve en France. Nous attendons les résultats des tests effectués au Canada, de la part des autorités sanitaires canadiennes", note M. Delorme.
"Ils devraient arriver la semaine prochaine". Selon les résultats, l'agence du médicament française pourra remettre ou non ces produits en circulation.
La firme allemande Medac est déjà venue à la rescousse, mais ce n'était pas suffisant. Elle pourrait monter si besoin sa production en puissance.
L'agence sanitaire recherche d'autres fournisseurs comme l'Américain Merck (Merck Sharp & Dohme) qui a un produit équivalent (OncoTICE) autorisé aux Etats-Unis, fabriqué aux Pays-Bas, mais sans AMM française (autorisation de mise sur le marché).
Eventuellement, une adaptation des traitements est envisagée en recourant à d'autres possibilités thérapeutiques telle une chimiothérapie locale par exemple avec la mitomycine, selon les cas, explique encore M.Delorme.
Environ 8.000 patients sont concernés par ce type de traitement en France.
Copyright © 2013 AFP. Tous droits réservés. Plus »
