Gignac le "dynamiteur" prend date avec les Bleus

PARIS (AFP) — Sur le flanc durant la quasi-totalité du stage de préparation, André-Pierre Gignac a pourtant effectué une entrée fracassante dans le cercle fermé des internationaux, dynamisant en vingt minutes une attaque française amorphe avec notamment une passe décisive pour Ribéry, mercredi contre la Lituanie.

Il y a tout juste une semaine, personne n'aurait osé miser sur le Toulousain malgré son statut de meilleur buteur de Ligue 1 (18 buts). Comparés à ceux des pensionnaires de la Premier League anglaise, de la Liga espagnole, de la Serie A italienne ou de la Bundesliga qui peuplent l'équipe de France, son CV faisait pâle figure et son manque d'expérience pouvait constituer un handicap certain alors que les Bleus jouaient leur avenir dans la course au Mondial-2010.

Mais à l'issue d'une partie terne et laborieuse, c'est bel et bien l'avant-centre du Téfécé qui partage le haut de l'affiche avec Ribéry, vedette et leader technique de la sélection. Son entrée en jeu à la 69e minute en lieu et place de Peguy Luyindula, dont la double titularisation contre les Lituaniens reste encore une énigme, a totalement modifié le visage des Tricolores.

Une première occasion et une frappe dans le petit filet ont donné le ton avant la délivrance finale et cette offrande sans contrôle pour Ribéry qui a libéré un public jusque-là exaspéré par la performance sans saveur des Bleus (75e). Du Gignac tout craché, jouant sans pudeur et sans la moindre appréhension malgré l'enjeu et un contexte délicat.

"Je suis content, très heureux, j'ai essayé de tout donner, comme je le fais à Toulouse, a-t-il expliqué au coup de sifflet final. Il faut tout donner pour ne rien regretter."

"Le jour où il ne tente pas quelque chose, c'est qu'il est malade. Il a joué avec ses qualités naturelles", a apprécié de son côté le sélectionneur Raymond Domenech.

Au moment de l'annonce de la liste, le 19 mars, la gestion de la pression était justement la principale interrogation à son sujet. Mais les doutes ont vite été balayés.

Gignac revient pourtant de très loin et se souviendra sans doute longtemps de cette première sélection, presque miraculeuse au vu de son état physique au début du rassemblement.

Dès le 2e jour du stage, le joueur révélait souffrir d'une lésion musculaire à la cuisse droite. Allaient suivre des journées frustrantes, passées à faire du vélo avec le préparateur physique Robert Duverne et à observer de loin ses nouveaux coéquipiers préparer le double rendez-vous crucial contre les Lituaniens.

"Pas opérationnel" pour le premier acte du duel franco-balte à Kaunas, samedi, décrétait même Raymond Domenech. Et c'est des tribunes du vétuste stade Dariaus et Girenas que le Toulousain allait suivre la prestation des Français, victorieux sans gloire (1-0).

Ce n'était que partie remise et le Toulousain pouvait avoir une pensée pour l'encadrement médical à l'issue de son exploit de mercredi.

"Je suis content car, avec le staff, on n'a pas pris de risque avec cette lésion qui était difficile à résorber."

La suite de son aventure internationale dépend désormais de sa capacité à rester compétitif avec Toulouse et surtout de l'état de la concurrence. Contre la Lituanie, Gignac a profité de la blessure d'Anelka et de la méforme de Benzema. Deux rivaux de poids qu'il sera tout de même difficile de déloger alors qu'il n'y a qu'une place en pointe à prendre dans le 4-2-3-1 de Domenech.