HLUBOKA NAD VLTAVOU, République tchèque (AFP) — Plusieurs pays européens ont tenté vendredi de rassurer les pays des Balkans, inquiets des propos de la chancelière allemande Angela Merkel qui a prôné récemment une "pause" dans l'élargissement de l'Union européenne.
"Il n'y a aucune raison d'arrêter quoi que ce soit", a déclaré le nouveau ministre slovaque des Affaires étrangères, Miroslav Lajcak, à son arrivée à une réunion avec ses homologues de l'UE à Hluboka nad Vltavou, dans le sud de la République tchèque.
"La discussion sur les Balkans demain sera pour nous une occasion importante d'envoyer un signal disant que les portes de l'Union européenne ne sont pas fermées", a ajouté le chef de la diplomatie britannique, David Miliband.
Après une journée consacrée notamment à l'Afghanistan, les 27 doivent discuter samedi de leurs relations avec les pays des Balkans, d'abord seuls puis avec les ministres des six pays auxquels ils ont promis de rejoindre un jour l'UE (Croatie, Macédoine, Monténégro, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Serbie) plus la Turquie.
"Si on ferme la porte, on aura à nouveau des conflits dans les Balkans", a prévenu le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn.
La chancelière allemande avait réclamé la semaine dernière une "pause" dans l'élargissement après l'adhésion de la Croatie, la justifiant par la nécessité pour l'UE d'apprendre à fonctionner avec le traité de Lisbonne - dont l'entrée en vigueur est espérée début 2010 - avant d'accueillir de nouveaux membres.
"Il y a différentes positions sur ce sujet. Nous avons pris des engagements et nous devons les respecter", a commenté vendredi le ministre finlandais, Alexander Stubb. "Moi je vois les Balkans dans l'UE d'ici quelques années. Et je vois également la Turquie dans l'UE d'ici quelques années", a-t-il ajouté.
Le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn, doit rendre compte samedi de ses discussions pour l'instant infructueuses avec les responsables croates et slovènes, qu'il a une nouvelle fois rencontrés mercredi pour tenter de lever le veto slovène à l'avancée des négociations d'adhésion de la Croatie.
Bruxelles a proposé une médiation pour résoudre ce conflit lié au tracé de frontières entre les deux pays.
"L'Europe ne peut pas être bloquée en raison d'un problème bilatéral alors que d'importants pays des Balkans attendent des résultats", a dénoncé le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, grand partisan de l'adhésion des Balkans.
"Je ne parle pas de faire pression (sur la Slovénie) mais de l'esprit européen et de l'importance de séparer élargissement et questions bilatérales", a-t-il ajouté.
Les 27 discuteront également samedi de la candidature à l'UE déposée par le Monténégro.
Jusqu'ici, l'Allemagne - soutenue par au moins cinq Etats membres dont les Pays-Bas et la Belgique, selon une source diplomatique - refuse de transmettre cette candidature à la Commission européenne, estimant que ce geste engagerait un processus politique important.
Olli Rehn, qui juge cette décision purement technique, a tenté de convaincre Berlin en soulignant mercredi que la Commission mettrait "au moins un an" pour examiner cette candidature et recommander ou non le statut de
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