PARIS (AFP) — Reprenant une méthode qui a suscité, sur l'environnement, un engouement incontestable, le ministère de l'Ecologie a lancé vendredi le "Grenelle de la mer", qui réunira autour d'une même table tous les acteurs du secteur.
Lutte contre la pollution, gestion de la pêche, organisation du transport maritime, protection de la faune et la flore marine, recherche sur le potentiel énergétique des océans : "On regardera tout", a assuré Jean-Louis Borloo.
"On ne part pas de zéro, mais il faut donner de la cohérence à l'ensemble", a-t-il expliqué. "Dans le Grenelle de l'environnement, il y avait une partie mer, mais nous avons voulu aller plus loin, mettre en réseau tous les savoirs et toutes les propositions".
Après quatre mois d'un "chantier" inédit, le Grenelle de l'environnement a abouti, en octobre 2007, à une série d'engagements qui ont été traduits dans deux textes de loi, actuellement entre les mains des parlementaires. Si ces textes ne font pas toujours l'unanimité, la méthode - faire travailler ensemble des acteurs d'horizons très différents - a été très largement saluée.
Pour la mer, quatre groupes de travail, qui réuniront l'Etat, les collectivités locales, les acteurs de l'économie maritime et les représentants de la société civile, seront mis en place dans les semaines à venir.
Les thèmes retenus sont : le développement "harmonieux" du littoral, le développement d'activités maritimes "compétitives et soutenables sur le plan environnemental", la valorisation des métiers de la mer, et l'instauration d'une nouvelle gouvernance aux niveaux national et international.
"La France a le deuxième domaine maritime mondial, elle a une responsabilité particulière", a souligné Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie.
Présente, à travers les territoires et départements d'outre-mer, sur les trois grands océans (Atlantique, Pacifique, Indien), la France a des frontières maritimes avec 30 pays. A elle seule, la Polynésie française rassemble 20% des atolls du monde.
Insistant sur la nécessité de mettre en place une stratégie à long terme, M. Borloo a cité les conséquences sur la vie marine de l'acidification des océans ou encore la recherche sur les énergies renouvelables. "En termes d'énergie, on est au tout début de la connaissance de la puissance de la mer", a-t-il souligné.
Les groupes de travail auront trois mois pour travailler, avec l'objectif de parvenir à des engagements définitifs avant la fin de l'année.
Les écologistes ont salué la démarche mais exprimé leurs inquiétudes sur la place réservée à la pêche, qui traverse une crise profonde, sur fond de surpêche qui, en de très nombreux points du globe, menace le renouvellement des stocks de poisson et donc l'avenir même de ce secteur économique.
"Mélanger transport et pêche dans un même groupe de travail, ça va être assez délicat", a estimé Charles Braine, du WFF, émettant des doutes sur l'efficacité d'une table ronde "où on mélange les dockers, les pêcheurs et les ONG".
"La pêche est un enjeu crucial. Ce dossier est très compliqué, très sensible. Cela va être délicat de trouver rapidement, dans un climat serein, des positions consensuelles", a-t-il noté.
Selon l'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la moitié des stocks halieutiques mondiaux sont exploités au maximum de leur potentiel, un quart est surexploité ou déjà épuisé et un quart seulement est modérément exploité.
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