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Christian Estrosi compare Médiapart à "une certaine presse des années 30"

PARIS — Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi s'en est pris mercredi au site d'information Médiapart qui a publié des informations mettant en cause le ministre du Travail Eric Woerth et le président Nicolas Sarkozy, affirmant qu'il lui "rappelle une certaine presse des années 30".

"Qui a apporté une preuve ?" contre Eric Woerth, s'est insurgé M. Estrosi sur France Info, visant Médiapart dont, selon lui, "l'un de ses responsables, Fabrice Lhomme (ndlr: a dit): +nous n'avons aucune preuve mais ça paraît plausible+".

"Lorsque je vois ce fameux site là qui me rappelle dans son comportement une certaine presse des années 30. (...) Je veux que la déontologie et l'éthique des journalistes comme des hommes politiques sachent jusqu'à quel point on peut se faire les rapporteurs de quelqu'un qui dit +c'est peut-être plausible mais je n'ai aucune preuve+", a-t-il insisté.

M. Estrosi a également dénoncé le "populisme ambiant qui favorise les montées de l'extrême-droite comme on l'a vu à d'autres époques de notre pays".

"J'ai en mémoire Clemenceau (ndlr: qui s'était retiré de la politique dans les années 20), Salengro, plus proche de nous Bérégovoy (ndlr: qui se sont suicidés)", a-t-il ajouté.

Il a toutefois reconnu que c'était "une parole contre une autre parole", entre celle du ministre Eric Woerth et celle de l'ex-comptable de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt.

Dans une interview à Médiapart, l'ex-comptable de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, Claire T. affirme qu'Eric Woerth a reçu, en tant que trésorier de l'UMP, la somme de 150.000 euros en liquide pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy au printemps 2007.

Médiapart, comme l'hebdomadaire Le Point, avaient auparavant publié des extraits d'enregistrements pirates laissant percevoir des relations troubles entre Mme Bettencourt et Eric Woerth, dont l'épouse a démissionné récemment d'une entreprise qui gérait la fortune de Mme Bettencourt.