Photographie jugée offensante pour le drapeau: la Fnac licencie deux salariés

NICE — L'enseigne de distribution Fnac (groupe PPR) a engagé deux procédures de licenciement à l'encontre de salariés à qui elle reproche d'avoir "mêlé son nom" à une photographie qui lui a attiré les foudres d'élus UMP et du gouvernement, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

La photo incriminée, montrant un homme s'essuyant le postérieur avec un drapeau français, a été sélectionnée par le jury d'un concours organisée par la Fnac à Nice, et publiée dans la presse locale en mars. Elle a provoqué un tollé à droite, et conduit la Chancellerie à saisir le Conseil d'Etat d'un projet de décret sanctionnant la diffusion de telles images.

Une procédure de licenciement pour faute grave a été engagée dans un premier temps contre la directrice de la communication de la FNAC de Nice.

"On lui reproche d'avoir mêlé le nom de l'entreprise à cette photo, mais elle n'était pas seule à décider et avait informé le siège", a expliqué à l'AFP Hervé Gomis, délégué syndical central CFDT, confirmant une information de "Rue89".

Dans un second temps, les syndicats ayant fait valoir que le siège était informé, un cadre de l'action culturelle a fait l'objet d'une procédure identique, a précisé le syndicaliste. Ce salarié est "totalement étranger à cette affaire" mais "a eu le malheur de répondre au mauvais moment à un mail", selon la CGT.

La FNAC, interrogée par l'AFP, a indiqué qu'elle ne souhaitait faire "aucun commentaire", alors que "les procédures sont en cours avec les salariés".

La CGT a fustigé, dans une communication interne, la réaction "pitoyable" de la direction de l'enseigne. "Fut un temps où la Fnac aurait répondu et pris position de manière claire au nom de la liberté d'expression (...) Deux salariés de la Fnac perdent leur emploi. La lâcheté de nos dirigeants en est responsable", affirme le syndicat.