Un médecin psychiatre pratiquant l'hypnose jugé pour viol à Périgueux

PERIGUEUX (AFP) — Le Dr Daniel Cosculluela, médecin psychiatre de Bergerac pratiquant l'hypnose, est qui comparait depuis lundi devant la cour d'assises de la Dordogne, à Périgueux, pour des viols qu'il aurait commis entre 1989 et 1996 sur quatre patientes en usant de "contraintes psychiques, a surtout évoqué son paercours professionnel lors de la première journée de son pro.

Le psychiatre, qui comparaît libre, a écouté studieusement, tout en prenant des notes, les accusations dont il fait l'objet avant de prendre la parole. Huit experts et une soixantaine de témoins, dont plusieurs anciennes patientes, doivent témoigner pour tenter d'éclairer les pratiques de ce psychiatre de l'hypnose ericksonienne, qui consiste à placer un sujet dans un état d'hypnose légère.

Le Dr Cosculluela, âgé de 52 ans, jugé pour viols sur personne vulnérabl. Il est accusé d'avoir placé, "par des pratiques inhabituelles", ses patientes en "état de dépendance susceptible d'altérer leur volonté" afin de leur imposer des relations sexuelles.

Il a toujours nié lors de l'instruction avoir entretenu des relations intimes avec les plaignantes. La première victime à se manifester, en décembre 1997, a assuré aux enquêteurs que le premier rapport sexuel avec son thérapeute avait eu lieu à l'issue d'une séance d'hypnose.

Trois autres patientes se sont constituées parties civiles pour des faits de même nature.

Selon les plaignantes, l'accusé "ranarrait des contes qui mettaient (certaines d'entre elles dans un état de disponibilité particulière à son égard".

En l'absence d'éléments matériels, les experts ont qualifié de "crédible" la parole des quatre parties civiles, qui ont également livré des témoignages très précis concernant l'anatomie de leur thérapeute.

La cour, dans l'attente du témoignage des plaignantes, qui seront entendues jeudi, a abordé lundi le parcours professionnel de l'accusé.

"Je rêve depuis l'âge de 6 ou 7 ans d'être médecin. La psychiatrie, ça m'est venu plus tard, au cours de mes études, car elle réunissait différents centres d'intérêts qui étaient les miens", a souligné cet amateur de littérature et de journalisme, installé à Bergerac depuis 1988.

Le psychiatre a exercé un temps dans le cadre de la Protection judiciaire de la jeunesse et a été cité comme expert devant les tribunaux.

Il a précisé avoir repris ses activités depuis le 1er janvier 2002, au terme d'une interdiction d'exercice de 3 ans infligée par l'Ordre des médecins, une "activité exclusivement libérale" avec "une centaine" de patients par semaine.

Marié entre 1980 et 1994, l'accusé, père de deux enfants, a reconnu par ailleurs avoir eu à plusieurs reprises des relations extra-conjugales.

L'audition d'experts psychiatres, mardi, doit permettre à la cour de commencer à évaluer si les méthodes utilisées par le médecin pouvaient avoir contribué à placer les plaignantes en état de dépendance vis-à-vis de lui.