Dominique de Villepin lance son club politique, Villepin.fr

PARIS (AFP) — Dominique de Villepin a franchi une nouvelle étape mercredi dans sa volonté d'incarner, le cas échéant, une alternative à Nicolas Sarkozy, en créant son propre club politique "Villepin.fr, les Amis de Dominique de Villepin".

"Nous sommes en train de créer quelque chose dans les prochaines semaines", a annoncé l'ancien Premier ministre à quelques journalistes en marge d'une rencontre avec l'Association des journalistes parlementaires (AJP).

A ses côtés, les députés UMP Jacques Le Guen et Jean-Pierre Grand, fervents villepinistes, ont précisé que les statuts de cette association loi 1901 seraient déposés "d'ici la fin de la semaine" en préfecture.

Elle sera présidée par l'ex-ministre chiraquienne (2002-2007) de l'Outremer puis de la Coopération, Brigitte Girardin.

Celle-ci a précisé à l'AFP qu'il s'agissait d'une "amicale", dont l'assemblée constitutive a eu lieu ...le 18 juin, qui s'installera le 1er juillet dans ses locaux du Marais, à Paris (IVe arrondissement).

Ses statuts prévoient de soutenir l'action de M. de Villepin "dans une politique de réforme, dans la défense des valeurs républicaines, avec une exigence de justice sociale et en veillant à un meilleur équilibre institutionnel et à l'indépendance et au rayonnement de la France".

Devant l'AJP, M. de Villepin a souligné qu'il entendait "résolument rester fidèle à (son) engagement gaulliste et sa famille politique" et qu'il était "à jour de sa cotisation" à l'UMP.

"Peut-être qu'un certain nombre de personnes n'avaient pas tout à fait bien compris que je n'étais plus à l'hôtel Matignon" pour l'envoi de la facture, a-t-il lancé. M. Grand a précisé que le chèque avait été remis ce mercredi à Xavier Bertrand.

"Une force alternative, c'est une nécessité au quotidien", a ajouté M. de Villepin. "Oui, aller à la rencontre des Français, c'est nécessaire. Oui j'y aspire et le moment venu, je répondrai présent".

"Quand on a les épaules larges et qu'on a été à bonne école, on acquiert de la résistance. Quand il y aura des choses difficiles à dire, je serai là", a-t-il encore prévenu.

Très en verve, M. de Villepin n'a pas ménagé M. Sarkozy, déplorant que le remaniement se soit limité à un simple "réajustement" et que le chef de l'Etat ne soit pas passé "à l'acte II du quinquennat".

Il a également étrillé le discours de Versailles, qui l'a "laissé sur (sa) faim" car Nicolas Sarkozy "n'a pas pris toute la mesure de la situation". Les emprunts sont "rarement vertueux", même s'ils "peuvent avoir une force symbolique et pédagogique", a-t-il dit avant d'ironiser sur "la bonne nouvelle" du "ralliement" du président au "modèle social français".

"Au moins mes piques auront servi à quelque chose", a-t-il asséné, se félicitant de l'abandon de la notion de "laïcité positive" pour le retour à "notre bonne et vieille laïcité, dans un bon et vieux pays de notre vieux continent".