Plus de 2.000 débits de boissons disparus en 2008 en France

PARIS (AFP) — Plus de deux mille cafés, bars et brasseries ont disparu en 2008 en France, le double des années précédentes, en raison de la crise et faute de s'être modernisés, selon les professionnels du secteur.

Le nombre d'établissements est passé de 40.845 à 38.600, "soit six fermetures par jour", a indiqué à l'AFP Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil, qui publie ces chiffres dans une étude annuelle sur la restauration.

"Cela fait quinze ans qu'on perd mille cafés par an. Cette année, c'est le double", confirme Bernard Quartier, président de la fédération de cafés, bars, brasseries et discothèques, l'une des branches de l'Umih, premier syndicat de la profession.

"La province a été plus touchée que Paris", ajoute Jean-Louis Taurinya, président de la section cafés au Synhorcat, le deuxième syndicat, qui prévoit que "2009 ne sera pas non plus une bonne année".

Avec la crise, les cafés, bars, brasseries ont perdu 7,4% de leur chiffre d'affaires en 2008, selon Gira Conseil.

En revanche, l'interdiction de fumer imposée aux cafés et restaurants le 1er janvier 2008 n'a pas eu d'impact significatif, indique le cabinet.

Pour M. Boutboul, "l'interdiction de fumer a eu un impact en début d'année mais pas par la suite", ajoute-t-il.

Le problème des cafés et des bars, c'est que beaucoup n'ont pas "joué la carte de la petite restauration du midi", selon lui.

Le taux de retour au domicile à l'heure du déjeuner baisse depuis des années, ajoute ce spécialiste du secteur. Les cafés étaient "les mieux placés" pour développer la vente de sandwiches, mais beaucoup n'ont pas su mettre ces produits en avant, contrairement aux boulangeries puis ensuite aux sandwicheries.

Ce sont "les enseignes de la grande distribution qui grignotent des parts de marché" en ouvrant des petits magasins de restauration en centre-ville.

"Les cafés ont encore une image liée au tabac et à l'alcool et ça ne donne pas toujours envie d'y aller", déplore M. Quartier, "ils doivent redevenir des lieux de convivialité, où on peut aussi consommer des produits sains".

"Ce n'est pas normal qu'on paie plus cher un jus de fruit qu'un demi de bière", ajoute-t-il encore. Certes il faut payer le coût de l'embouteillage du jus de fruit, mais les cafetiers pourraient peut-être aussi "revoir leurs coefficients".

"Les cafés ne se sont pas adaptés à la nouvelle génération, à celle qui demande de l'ambiance, de l'accueil", insiste M. Taurinya.

Dans sa brasserie, le Royal-Trinité à Paris (IXè), il réalise "le même chiffre d'affaires qu'il y à six ou sept ans". "Ca veut dire qu'on a perdu de la clientèle", conclut-il.

Pour lui, l'interdiction de fumer a eu un impact, surtout dans les bars ruraux et certaines brasseries où "a disparu la clientèle du matin qui buvait deux ou trois cafés en fumant et en lisant le journal.