France 98 à Bercy pour faire sortir le futsal français de son anonymat

PARIS (AFP) — Une sonorisation qui crache les décibels, des animations à la pelle et la présence de joueurs de l'équipe de France 98, dont "Zizou": tous les ingrédients étaient réunis dimanche dans un Palais omnisports de Paris-Bercy garni pour faire sortir le futsal français de son anonymat.

Certes, la bonne dizaine de milliers de spectateurs de Bercy, pour la plupart des familles avec enfants, étaient surtout venir applaudir leurs champions du monde et "Zizou", roi à l'applaudimètre.

"Faut pas prendre les gens pour des c... déclare ainsi Fabien Barthez. Evidemment que les gens sont venus pour nous (France 98) et non pour le futsal."

Mais avec cette troisième édition, après Bercy, déjà, en 2007, et Marseille en 2008, le but des organisateurs était de promouvoir un sport délaissé par les jeunes français.

L'équipe de France de la discipline, présente à Bercy avec France 98, donc, le Paris SG et le Portugal, ne s'est pas qualifiée pour l'Euro-2010 en Hongrie (trois défaites en trois matches) et les clubs de l'Hexagone peinent à se structurer, loin des standards existant en Espagne par exemple, double championne du monde et finaliste de la dernière édition en 2008 face au Brésil.

"Il y a tout à faire, explique Aimé Jacquet, à la tête de l'équipe de France 98 dimanche, comme il y a 11 ans. Pour cela, il faut du temps et surtout former des entraîneurs spécialisés. Il y a 40 ans, jamais je n'aurai pensé que le football prenne son essor actuel. Alors pourquoi pas le futsal? Il suffit d'avoir de la volonté."

Les organisateurs de l'événement parrainé par une grande radio française ont donc appliqué des méthodes éculées par le président du Stade Français Max Guazzini: des places à partir de 10 euros, Francis Lalanne (au poste de gardien) et le chanteur MPokora en invités lors d'un match en lever de rideau, les Yamakasi et leurs acrobaties, des pom-pom girls et des spécialistes de football freestyle.

Le spectacle était aussi sur le terrain, avec des règles créées, aux origines du futsal, dans le but de le rendre le plus spectaculaire possible: les dimensions sont celles d'un terrain de handball (avec cinq joueurs dont un gardien "volant"), les changements sont illimités et peuvent se faire à tout moment, le ballon est plus petit, rebondit moins et les moindres contacts sont sifflés, un peu comme au basket.

Les joueurs techniques sont donc favorisés, tel Zidane et son contrôle de la semelle ou l'ancien international portugais de Monaco Gil Rui Barros, très en verve.

Mais c'est l'équipe de France de la discipline qui s'est montrée souveraine en gagnant ses deux matches, passant notamment cinq buts dans le premier au PSG malgré les tentatives de chants lancées par quelques habitués des virages du Parc des Princes.

Devant un Bercy comblé, la soirée s'est terminée en apothéose par "I will survive", en hommage aux Bleus de 98.