Décès des suites d'un cancer de Francis Deron, journaliste spécialiste de l'Asie

PARIS — Francis Deron, journaliste à l'AFP puis au quotidien Le Monde et grand spécialiste de l'Asie, où il a quasiment effectué toute sa carrière, est mort vendredi matin à Paris des suites d'un cancer, à l'âge de 56 ans, a-t-on appris auprès de la direction du Monde et de l'AFP.

Francis Deron, qui avait étudié le chinois dès le secondaire, était entré à l'AFP en 1977 et avait très vite rejoint le bureau de Pékin. Il y avait alors couvert le premier "Printemps de Pékin", l'effervescence autour du "Mur de la démocratie", quand, après la mort de Mao Tsé-toung, apparaissent les premiers dissidents chinois.

"Il a prouvé tout de suite qu'il était un grand professionnel", dit de lui Georges Biannic, son chef de poste à l'époque, ex-directeur de l'Information de l'AFP, avant de saluer "sa grande générosité, sa modestie et son humour".

"Quel que soit son amour de la Chine, il ne lui concédait rien", ajoute-t-il.

Francis Deron était ensuite parti assurer la direction du bureau de Bangkok jusqu'en 1985, suivant tout particulièrement les Khmers rouges au Cambodge. Il quitte alors l'AFP pour rejoindre Le Monde, pour qui il repart en 1988 à Pékin, où il restera cette fois près de 10 ans.

Il y couvrira le deuxième "Printemps de Pékin", qui s'achèvera en juin 1989 par la sanglante répression de la place Tiananmen, avant de tenir la chronique des métamorphoses d'un régime communiste s'ouvrant au capitalisme.

Rédacteur en chef adjoint du service international du quotidien de 1997 à 2005, il s'est ensuite installé à Bangkok d'où il assurait la correspondance de l'Asie du sud-est pour le quotidien.

Le journaliste avait quitté Le Monde en mars dernier et travaillait pour le site Mediapart.

Il a été "un remarquable correspondant du Monde en Chine", a indiqué à l'AFP le directeur du quotidien Eric Fottorino. Il a été "l'un des journalistes phare qui ont couvert ces régions du monde, c'était un très grand connaisseur de l'Asie", a-t-il ajouté.

Francis Deron, qui avait récemment couvert le procès des responsables Khmers rouges au Cambodge, venait de faire paraître "Le Procès des Khmers rouges" chez Gallimard, un livre écrit en dépit de sa maladie.

Il avait écrit plusieurs ouvrages sur la Chine, dont "Les 50 jours de Pékin" (Bourgois).

Ses obsèques auront lieu mercredi à 16h00, au Père Lachaise à Paris.