La Fnaut (usagers) dénonce les "incohérences" du gouvernement après le Grenelle de l'environnement

PARIS (AFP) — La Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut) a dénoncé vendredi les "incohérences" de la politique de transport du gouvernement, regrettant que la situation ne "bouge pas beaucoup" dix-huit mois après le Grenelle de l'environnement.

En dépit de quelques "bonnes décisions" prises ces derniers mois par le gouvernement, la fédération regrette "la survivance d'orientations anachroniques", "contradictoires avec le Grenelle de l'environnement", a déclaré son président Jean Sivardière lors d'une conférence de presse.

Le président de la Fnaut a critiqué le plan de relance de l'automobile, "sans perspective de reconversion du secteur". Selon lui, "l'industrie française est surdimensionnée" et "le plan de relance aurait dû être conditionné" par des mesures de reconversion partielle.

La fédération épingle aussi "la subvention de 50 millions d'euros accordée à la Société du Tunnel de Fréjus" pour construire une galerie de sécurité de 8 mètres "aisément transformable en deuxième tube de circulation.

"C'est une décision très coûteuse pour l'Etat" qui "ouvre la porte à une augmentation de la capacité routière entre la France et l'Italie", alors que le projet de nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin "n'avance pas", a-t-elle dit.

La Fnaut regrette par ailleurs la poursuite de la politique de "construction de gares TGV à la campagne, sans connexion avec les réseaux de proximité". Elle estime que c'est une "absurdité" de "favoriser l'accès automobile au TGV". Elle s'est notamment dite opposée au projet de la nouvelle gare d'Allan, destinée à mieux assurer la desserte TGV dans la région de Montpellier.

M. Sivardière a toutefois reconnu un "effort sensible du gouvernement" avec plusieurs "décisions conformes au Grenelle de l'environnement".

Il a salué "l'attribution de 800 millions d'euros de subventions aux collectivités locales pour soutenir 50 projets de transport collectif", notamment des tramways dans des agglomérations moyennes comme Brest ou Besançon, ainsi que "l'accélération des travaux ferroviaires" pour les lignes à grande vitesse (LGV) et la régénération du réseau classique.

Au sujet du tracé de la LGV Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), actuellement à l'étude, la Fnaut a exprimé sa préférence pour un tracé "sud", avec le passage par les centres-villes de Marseille et Toulon, "plus rationnel" et "plus rentable" selon elle qu'un tracé "nord" plus direct vers Nice.