Burqa: Fabius met en garde contre "une mise en cause de la religion" musulmane

PARIS (AFP) — Le socialiste Laurent Fabius a mis en garde dimanche contre le risque d'une "mise en cause de la religion" musulmane à travers le débat sur le port du voile intégral, burqa ou niqab, qu'il réprouve toutefois au nom de "l'égalité des sexes".

"Il faut faire attention de ne pas passer de la burqa -c'est contraire à l'égalité des sexes- à une mise en cause de la religion qui serait complètement autre chose", a déclaré l'ancien Premier ministre PS lors du "Forum" Radio J.

"Ma réprobation (du port du voile intégral, ndlr) est absolue: d'abord parce que c'est une soumission de la femme", mais il ne faut "pas non plus se saisir de ce problème pour faire l'amalgame, ce qui serait absurde, vis-à-vis de telle ou telle religion, en l'occurence la religion musulmane", a-t-il insisté.

Il a jugé "bon" de faire le point de la situation, par le biais d'une mission d'information parlementaire, comme le préconise le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, ou d'une commission d'enquête parlementaire comme demandée par des députés de tous bords.

Mais pour lui, "au delà de sa signification religieuse, la burqa est une soumission de la femme absolument incompatible avec ce que sont nos valeurs républicaines", à savoir "l'égalité des sexes".

Il a rappelé plusieurs décisions prises pour "interdire la burqa dans certaines circonstances", citant une du Conseil d'Etat de 2008 selon laquelle "on pouvait refuser la nationalité française à une Marocaine qui se prévalait du port de la burqa, car au-delà de la pratique religieuse, c'est un comportement contraire aux valeurs essentielles de la République, l'égalité des sexes".

Il a cité également une décision de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) interdisant le voile intégral durant des cours d'alphabétisation.

"Il faut mesurer l'extension du phénomène et regarder tout une série de circonstances où à l'évidence l'interdiction de la burqa s'applique", a-t-il dit.

M. Fabius a donné comme exemples le milieu du travail lorsqu'il y a relations avec le public, et les lieux "où l'identité de la personne doit pouvoir être contrôlée".