PARIS (AFP) — A l'avant-veille du sommet italien du G8, le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown se retrouvent lundi sur les bords du Lac Léman pour régler les derniers accords de la partition de "l'entente formidable" franco-britannique sur les grandes questions de l'heure.
Convoquée à déjeuner dans la station thermale d'Evian (Haute-Savoie), cette répétition bilatérale s'annonce sans le moindre "couac", tant la qualité du lien tissé par les deux hommes est vantée dans les deux capitales.
Lors de leur dernier sommet à Londres en mars 2008, M. Brown, sûrement sous le charme de la réception royale offerte la veille à M. Sarkozy et à la nouvelle Première dame Carla Bruni, avait célébré, en français dans le texte, "l'entente formidable" entre la France et le Royaume uni.
Et avant leurs retrouvailles, l'entourage du président français s'est en retour plu à saluer la relation "d'une intensité et d'une convergence sans précédent" entre les deux pays.
Dans ce ciel sans nuage apparent donc, MM. Sarkozy et Brown doivent ouvrir leur récital sur un canon autour de la lutte contre le réchauffement climatique où, souligne l'Elysée, "il existe une entente parfaite entre Paris et Londres pour porter l'ambition du paquet énergie-climat européen".
Alors que le groupe français EDF a pris la tête de la course à la rénovation du parc nucléaire britannique, les deux responsables doivent en profiter pour lancer un appel en faveur de "la relance du nucléaire" en Europe. Puis pousser leurs propositions destinées à éviter les fluctuations erratiques du cours du pétrole et trouver un "juste prix" à l'or noir.
Paris et Londres poursuivront leur hymne à l'union sur les autres thèmes au menu du G8, promet la présidence, de la réforme de la gouvernance mondiale (Banque mondiale, Fonds monétaire international (FMI) et Conseil de sécurité des Nations unies) à la crise économique.
Sur le plan bilatéral, la signature de textes qualifiés "d'ambitieux" sur l'immigration, pour renforcer les patrouilles et les moyens sur les deux rives de la Manche, et la défense doivent parachever la démonstration.
Sur ce dernier front, Paris s'est ainsi voulu rassurant sur la solidité de l'engagement britannique dans le programme emblématique mais mal en point d'avion de transport militaire européen Airbus A400M. "Est-ce que les Britanniques veulent sortir du programme? La réponse telle que nous la connaissons, c'est non", assure-t-on à l'Elysée.
Même le morceau pourtant délicat de la régulation financière ne devrait pas produire de fausse note entre le protecteur de la City londonienne et le pourfendeur du "capitalisme des spéculateurs".
L'entourage de M. Sarkozy en veut pour preuve le ralliement de M. Brown, lors du conseil européen de juin à Bruxelles, au rapport Larosière qui préconise la création d'un organe européen de détection des risques pesant sur la stabilité du système financier pour éviter les erreurs qui ont conduit à la crise financière actuelle.
"Sur ce sujet qui pouvait effectivement nous diviser, nous avons trouvé un chemin ambitieux pour réussir", se réjouit-on.
Quant à l'éventuelle chute de M. Brown au profit de son adversaire conservateur David Cameron, elle ne semble pas non plus devoir affecter la lune de miel franco-britannique. "Le président a avec David Cameron des divergences qui sont connues sur la construction européenne", concède-t-on à Paris, "mais ça n'empêchera pas les deux parties de travailler ensemble".
Entre les deux ex-ennemis héréditaires, "la période est particulièrement faste", se félicite-t-on dans l'entourage de M. Sarkozy.
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