PARIS (AFP) — George Clooney et Brad Pitt, dirigés par les frères Coen dans une comédie loufoque et irrésistible, "Burn after reading" et "Mia et le migou", une belle fable écologique signée par l'auteur de "La prophétie des grenouilles", sont à découvrir dans les salles obscures cette semaine.
- "Burn after reading" de Joel Coen et Ethan Coen (Etats-Unis, 1H35) avec George Clooney, Brad Pitt, Frances McDormand, John Malkovich, Tilda Swinton, Richard Jenkins. Chad (Brad Pitt), un gentil garçon à la cervelle pleine de courants d'air, est prof de gym d'une salle de sport de la banlieue de Washington. Il s'allie à sa collègue Linda (Frances McDormand), une célibataire vieillissante qui rêve d'"optimiser son potentiel" de séduction grâce à la chirurgie esthétique, pour extorquer de l'argent à Osborne Cox (John Malkovich), un agent de la CIA. Leur "arme": un CD égaré par Osborne qui contient, supposent-ils, une foule d'informations confidentielles. En conflit ouvert avec Katie (Tilda Swinton), sa glaciale et cupide épouse qui le trompe avec Harry (George Clooney), un séducteur de pacotille accro à l'internet, Osborne s'avère être un "pigeon" plus coriace que prévu. Cette loufoque comédie pulvérise le glamour hollywoodien de Brad Pitt et George Clooney, en faisant du premier un prof de gym écervelé et du second un pathétique Don Juan de banlieue, dans un savoureux duo de crétins. Plus modeste que le sombre "No country for old men", parabole du déclin moral de l'Amérique adaptée d'un roman de Cormac McCarthy, dévoilée à Cannes en 2007 et récompensée de quatre Oscars cet hiver, "Burn after reading" n'en est pas moins réalisé avec brio.
Les frères Coen y parodient le film d'espionnage, y ajoutant leur féroce humour noir, sexe, thriller.
- "Mia et le migou" de Jacques-Rémy Girerd (France, 1H31), avec les voix de Yolande Moreau, Dany Boon, Jean-Pierre Richard, Miou-Miou. En une heure et demie d'un récit poétique, amusant et pimenté de suspense, "Mia et le Migou" raconte aux enfants les dangers qui menacent une planète où "le fric pousse toujours les hommes à régler par la technique, tout ce qui pose problème, au détriment de l'éthique". Dans un village quelque part en Amérique du sud, Mia, une brunette de dix ans qui n'a pas froid aux yeux, se languit de son père. Parti travailler sur le gigantesque chantier de construction d'une résidence hôtelière de luxe en pleine forêt tropicale, celui-ci n'a pas donné de nouvelles depuis longtemps, et Mia décide de le retrouver. Un superbe fable écologique aux accents drôles, tendres et philosophiques, par l'auteur de "La prophétie des grenouilles" en 2003, vu par 1,2 million de spectateurs et primé dans nombre de festivals.
- "Mascarades" de Lyes Salem (France, Algérie, 1H32) avec Lyes Salem, Sarah Reguieg, Mohamed Bouchaïb, Rym Takoucht. Ce premier long métrage de l'Algérien Lyes Salem brosse, sur le ton de la farce, le portrait d'un villageois fanfaron décidé à empêcher le mariage de sa soeur avec un va-nu-pieds, forçant parfois le trait dans une comédie plutôt réjouissante. Dans son village, Mounir et sa famille font figure d'originaux. Les voisins traitent Rym sa jeune soeur de "folle" car elle souffre d'une étrange maladie, la narcolepsie, qui la plonge à tout instant dans un profond sommeil. Piqué au vif, Mounir invente de toutes pièces l'imminence d'un mariage avec un riche homme d'affaires, et par ricochet devient un personnage important. Cette fable sur l'Algérie moderne puise aux sources du comique théâtral: Mounir est un cousin des héros de Goldoni ou Molière, on retrouve chez lui la roublardise d'un Scapin ou la bonne foi abusée d'un Georges Dandin.
- "Secret défense" de Philippe Haïm (France, 1H40, Avertissement aux publics sensibles) avec Vahina Giocante, Gérard Lanvin, Nicolas Duvauchelle. Sur fond d'attentat chimique visant le métro parisien, Philippe Haïm raconte crûment la guerre sans merci des terroristes et des services secrets français multipliant coups tordus en manipulations. Le réalisateur, qui s'est entouré des conseils de spécialistes reconnus de l'islamisme et du monde du renseignement, livre un film vif et rapide, tourné en partie caméra à l'épaule et au montage nerveux avec des acteurs au jeu sobre et nuancé.
- "Le jour où la terre s'arrêta" de Scott Derrickson (Etats-Unis, 1H42, titre original : "The day the earth stood still") avec Keanu Reeves, Jennifer Connelly. L'arrivée sur Terre de Klaatu, un être extra-terrestre d'apparence humaine, provoque de spectaculaires bouleversements. Alors que gouvernements et scientifiques tentent désespérément de percer son mystère, une femme et son beau-fils parviennent à nouer un contact avec lui et à comprendre le sens de sa mission : sauver la Terre, avec ou sans les êtres humains.
- "L'Emmerdeur" de Francis Veber (France, 1H26) avec Richard Berry, Patrick Timsit. Le cinéaste Francis Veber propose sa version à la fois improbable et déconcertante du film original, dont il avait signé le scénario et qui avait été porté à l'écran en 1973 par Edouard Molinaro. Patrick Timsit reprend le rôle interprété par Jacques Brel, en représentant de commerce suicidaire après un dépit amoureux, tandis que Richard Berry incarne le tueur à gages froid et déterminé que campait Lino Ventura. Des scènes tout en excès, dans le registre facile de la vulgarité, forment la "musique" que Francis Veber impose à ses acteurs d'aujourd'hui: de diarrhées fulgurantes à répétition, en passant par de mémorables vomissements élevés au rang de ressorts humoristiques, sans oublier des simulations sexuelles et autres quiproquos scabreux.
- "Caos calmo" d'Antonio Luigi Grimaldi (Italie, 1H55), avec Nanni Moretti, Laura Paolucci, Francesco Piccolo. La mort soudaine de Lara, son épouse, bouleverse la vie heureuse de Pietro, jusque-là comblé par sa famille et son travail. Le jour de la rentrée, Pietro accompagne à l'école sa fille Claudia, 10 ans et décide subitement de l'attendre, réfugié dans sa voiture, garée en face de l'école primaire. Il fait de même le lendemain et les jours suivants, attendant que la douleur se manifeste, habité par un "chaos calme".
- "Les inséparables" de Christine Dory (France, 1H40) avec Guillaume Depardieu, Marie Vialle. Dès leur première rencontre, Boris et Sandra tombent passionnément amoureux. Mais si Boris est dépendant de la drogue, Sandra ne peut bientôt plus vivre sans Boris. Le premier long métrage de Christine Dory, et l'un des derniers rôles de Guillaume Depardieu.
- "Sleep dealer" d'Alex Riveira (Mexique, 1H30) avec Leonor Varela, Jacob Vargas. Dans un futur proche, les Etats-Unis possèdent les réserves d'eau mexicaines et la main d'oeuvre locale, reliée par ordinateur aux entreprises de constructions américaines, manipule à distance des robots situés aux Etats-Unis. Dans ce monde dominé par le virtuel, trois personnes qui se sont rencontrées par hasard vont tenter d'échapper à leur destin.
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