Près de 60% des centres de Météo-France n'ont pas publié de vrai bulletin

PARIS (AFP) — Près de 60% des centres départementaux de Météo-France étaient en grève vendredi en raison d'un mouvement national pour protester contre la fermeture annoncée de dizaines de centres départementaux, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

"Plus de 60% des centres sont en grève", a indiqué Yannick Mur, secrétaire général du SPASMET-Solidaires, syndicat qui recueille 45% des voix dans l'entreprise.

"Les bulletins météo sont produits dans tous les départements mais pour 57% d'entre eux leur qualité est dégradée" a de son côté déclaré la direction de Météo France, chiffrant à 21,2% le taux de grévistes au niveau national et à 37% dans les centres départementaux.

"Ces bulletins sont faits sur la base de modèles numériques qui ne sont pas expertisés, et même pas mis en corrélation avec le temps qu'il fait. Un modèle numérique, cela se trompe souvent car c'est tout une série de données qu'il faut tout le temps remettre en perspective", a commenté Yannick Mur.

Une cinquantaine d'agents de Météo-France ont manifesté vendredi devant le siège du groupe, dans le 7e arrondissement de Paris, durant un conseil d'administration de l'établissement public, qui a présenté en juin 2008 un plan global ramenant le nombre des centres départementaux de 100 à 40 d'ici 2017 et la suppression d'environ 500 postes.

"Plus de 60% des centres en grève, ça veut dire 60% des personnels, ça montre qu'il y a une mobilisation dans les régions et dans les centres qui sont directement menacés", a estimé le secrétaire du syndicat CGT de Météo-France à Toulouse, Emmanuel Celhay.

"On a des craintes pour notre établissement qui est reconnu internationalement, ça marche bien et ça risque de marcher beaucoup moins bien", a-t-il ajouté.

La direction justifie la restructuration par la nécessité de s'adapter aux évolutions technologiques et de faire face à la concurrence. En mars 2005, la Cour des comptes avait estimé que l'établissement public souffrait d'un problème de sureffectif.

L'intersyndicale (Spasmet-Solidaires, CGT, CFDT, FO) s'est déjà mobilisée l'an dernier, au moment de l'annonce du plan, et surtout à l'automne 2008, où 11 jours de grève ont été observés dans le plus important centre de Météo-France à Toulouse.