La presse française souligne l'ampleur inattendue du remaniement

PARIS (AFP) — La presse française s'accorde mercredi à souligner l'ampleur inattendue du remaniement du gouvernement, qualifiant en outre de "coup politique" la nomination de Frédéric Mitterrand à la Culture.

"Le remaniement s'avère de plus grande ampleur que prévu", remarque Bruno Dive dans Sud-Ouest. "C'est finalement un mouvement plus large qui a été annoncé", confirme Hervé Favre (La Voix du Nord).

"On est passé de l'ajustement mécanique annoncé (...) à un grand mouvement d'horlogerie", résume Didier Louis dans Le Courrier Picard.

"Remaniement important, plus vaste que prévu", concourt Jean Levallois (La Presse de la Manche). "Pour autant, point de rééquilibrage politique mais, la formule n'est pas usurpée, un jeu de chaises musicales", ajoute-t-il.

"Nicolas Sarkozy a privilégié la cohésion sur l'ouverture, la fiabilité sur l'amateurisme", analyse Jacques Camus pour La République du Centre.

"L'ouverture, c'est fini", estime lui aussi Jean-Marcel Bouguereau (La République des Pyrénées), "même si la nomination de Frédéric Mitterrand fait effet d'optique, celui-ci n'ayant jamais caché ses opinions de droite".

"C'est un recadrage strict de l'équipe ministérielle qui a été opéré", juge Olivier Picard (Dernières Nouvelles d'Alsace), qui voit dans ce nouveau gouvernement "une espèce de commando pour affronter les mauvais vents". Pour Laurent Joffrin (Libération), il s'agit d'"une garde sarkozienne compacte et efficace".

Quant à l'arrivée de Frédéric Mitterrand, qui "n'est pas un homme de gauche" comme le rappelle Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne, elle est qualifiée de "prise de guerre plus médiatique que politique" par Henry Lauret dans Le Télégramme.

"C'est le +coup Mitterrand+ qui va marquer les esprits", conclut Hervé Cannet dans La Nouvelle République du Centre-Ouest. Poétique et ironique, Didier Pobel (Le Dauphiné Libéré) y voit "une passerelle entre Barbelivien et +La Princesse de Clèves+".

"Nicolas Sarkozy s'offre là un patronyme qui est aussi une marque prestigieuse et signifiante en direction du monde de la culture et des jeunes, même s'il n'est pas socialiste", écrit Michel Urvoy dans Ouest-France.

Mais Laurent Joffrin y voit surtout "une certaine fermeture politique": "L'ouverture, somme toute, aura duré ce que durent les roses sur un champ de bataille, l'espace d'une manoeuvre".

Philippe Palat qualifie dans le Midi Libre ce remaniement de "puissant, millimétré et tactique chamboulement", signe selon Patrick Pépin (Nord-Eclair) qu'"on ne joue plus et que les affaires sérieuses viennent de commencer".

Pour Yves Durand (Le Courrier de l'Ouest), "Nicolas Sarkozy donne un nouveau souffle au gouvernement de François Fillon".

Dans Le Progrès, Francis Brochet se montre plus cruel: "C'est surtout François Fillon que l'on aimerait consoler. Car il reste, le Premier ministre. Indispensable parce qu'invisible, nécessaire car muet".

"Au bout du compte, Nicolas Sarkozy a choisi la solidité d'une équipe plus cohérente pour aborder la deuxième phase de son mandat. Solide, elle aura besoin de l'être car l'horizon paraît bien bouché", lance enfin Gérard Noël en forme d'avertissement dans Vosges Matin.