SriLanka: le gouvernement va enquêter sur de possibles crimes contre l'Humanité visant l'armée

COLOMBO — Le gouvernement sri lankais a indiqué lundi qu'il allait enquêter sur les allégations de crimes contre l'Humanité visant l'armée évoquées dans un rapport officiel américain publié jeudi dernier.

Le ministre sri lankais des droits de l'Homme Mahinda Samarasinghe a déclaré à la presse que le président Mahinda Rajapakse allait nommer rapidement un comité chargé d'enquêter sur les événements rapportés dans le rapport américain qui a été présenté au Congrès des Etats-Unis mercredi dernier.

"Le président a décidé qu'il nommera un comité pour enquêter sur le contenu du rapport. Après cela, nous exprimerons notre position sur cette affaire", a-t-il indiqué.

Le ministre sri lankais des Affaires étrangères a toutefois estimé que les faits cités dans le rapport n'étaient "pas prouvés".

Les événements rapportés mettent en cause à la fois la rébellion tamoule des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) et le gouvernement de Colombo.

Le document compile, sans conclure à leur véracité, des "allégations d'incidents (...) pouvant constituer des violations des lois humanitaires internationales ou des crimes contre l'Humanité", selon le texte consultable sur le site du département d'Etat.

L'armée sri-lankaise est accusée de ne pas avoir respecté, à deux reprises, des cessez-le-feu organisés pour permettre aux civils de quitter les zones de combat. Elle aurait également tué des prisonniers ou des militants tentant de se rendre.

L'armée et les paramilitaires qu'elle soutient sont également mis en cause dans des disparitions de civils, dont certains ont été tués, "particulièrement des enfants et de jeunes hommes".

Le conflit séparatiste tamoul au Sri Lanka a fait plus de 70.000 morts depuis 1972. Le 18 mai, après une offensive de cinq mois, l'armée s'est emparée de la dernière poche des Tigres dans le nord-est, tuant tous les dirigeants de la guérilla, dont son chef Velupillaï Prabhakaran.