Video de l'agression dans un bus: la victime réfute tout caractère raciste

PARIS (AFP) — La victime d'une agression commise dans un bus de la RATP, dont la video a été largement diffusée sur internet, réfute tout caractère raciste à cet affrontement et refuse d'être "instrumentalisée" par l'exploitation politique de cette affaire, dans une interview diffusée vendredi par Le Figaro.fr.

Interrogée sur les injures raciales proférées sur la video, la victime identifiée comme F. G., un élève de 19 ans en première année de Science Po, à Paris, affirme: "Personnellement, je n'ai rien entendu de la sorte".

Sur la video montrant l'agression d'un jeune homme par quatre adolescents cherchant à lui dérober son porte-monnaie, la victime était rouée de coups de pied et de poing aux cris de "fils de pute" et de "sale Français".

"Ces propos, s'ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres", déclare la victime, qui n'a pas souhaité être identifiée, selon le journal.

"Par ailleurs, ils n'étaient pas tous issus de l'immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l'incarnation d'une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l'ai pas ressenti comme cela. L'un des assaillants en survêtement, rasé, avait d'ailleurs une couleur de peau très pâle", ajoute F. G.

Interrogé sur son état de santé, le jeune homme déclare qu'"hormis un hématome à l'oeil et des bleus, aucune séquelle n'a été décelée". Il indique qu'il ne fera pas d'autres déclaration à la presse et dit son trouble après la diffusion sur le Net de la video de l'agression qui s'est déroulée dans un bus de nuit le 7 décembre 2008 vers 03H45 à Paris.

"Diffuser ces images sur internet est très grave", dit-il. "Il y a eu un grave amalgame entre la réalité de cette scène et sa représentation. Cette vidéo a circulé sur des sites extrémistes et a été exploitée par des politiques. Or, je ne veux pas être instrumentalisé. Le sujet est propice aux idées radicales et je n'ai aucune envie de nourrir cela. Il me fallait sortir de cette réductrice caricature", a-t-il expliqué.

Un policier, placé en garde à vue mercredi à l'Inspection générale des services (IGS, police des polices) après la diffusion sur internet de la video puis remis en liberté, a été suspendu jeudi. Il comparaîtra prochainement devant le conseil de discipline.

Depuis quelques jours, ce policier a reçu le soutien de l'extrême droite, notamment du Front national, et du groupuscule Bloc Identitaire.