WASHINGTON (AFP) — La récession aux Etats-Unis fragilise les enfants, plus susceptibles de connaître la pauvreté mais aussi d'être gagnés par l'obésité ou de tomber dans la délinquance lorsque leurs parents perdent leurs revenus et leur emploi, selon un rapport publié cette semaine.
"Au moins en ce qui concerne le niveau de vie économique, nous sommes de retour au milieu des années 70", a affirmé Ruby Takanishi, directeur de la Foundation for Child Development, qui a établi un indice du bien-être des enfants en 2009, mercredi lors de la présentation du rapport à la presse.
Cet indice, établi à partir de données du gouvernement sur l'état de santé, l'éducation et l'alimentation des enfants américains, montre que leur bien-être a commencé à décliner l'année dernière lorsque le pays a plongé dans la récession.
"L'impact de la récession actuelle se répercute sur l'emploi des parents et les revenus familiaux, les gens sont forcés de déménager, perdent leur logement ou doivent s'imposer de sévères économies, et le bien-être des enfants va en subir les conséquences", a ajouté Kenneth Land, un des chercheurs qui ont collaboré à la rédaction du rapport.
"Le nombre et le pourcentage d'enfants vivant sous le seuil de pauvreté va progresser. Le pourcentage de ceux vivant avec au moins un parent employé à plein temps va décliner au fur et à mesure que les suppressions d'emplois se feront sentir", a-t-il expliqué.
Le revenu médian des familles devrait baisser au fur et à mesure de la hausse du chômage et les conséquences pour les enfants se feront sentir à la fois sur le court terme et le long terme, affirme le rapport.
"Les privations extrêmes et la pauvreté dès la prime enfance (...) ont des conséquences sur les performances cognitives et plus tard sur le niveau de vie économique", a ainsi expliqué Greg Acs, expert auprès du centre d'études Urban Institute's Income and Benefits PolicyCenter.
Un autre risque qui menace les enfants américains des catégories défavorisées touchées par la crise est une "obésité de la récession", affirme le rapport, qui explique que certains parents confrontés à la crise économique risquent d'avoir plus souvent recours à des repas bon marché du type "restauration rapide".
"Nous sommes inquiets de cette obésité de la récession, au-delà de la tendance générale d'une augmentation du nombre des enfants et adolescents obèses", a indiqué Kenneth Land.
"Les parents risquent de remplacer de la nourriture saine par de la restauration rapide riche en graisses et en sucres et cela va provoquer une augmentation du taux d'enfants en surpoids", a expliqué M. Land, professeur de sociologie à l'université Duke.
Selon une étude publiée il y a un an par le Journal of the American Medical Association (JAMA), quelque 32% des enfants américains sont en surpoids et 16% sont obèses.
Le taux d'obésité a triplé entre 1980 et 1999, ce qui rend les enfants plus vulnérables aux maladies cardiovasculaires, à un fort taux de cholestérol et au diabète.
"Les taux de mortalité chez les enfants âgés de 1 an à 19 ans au cours des précédentes récessions avaient un peu augmenté, aussi nous pouvons nous attendre à ce que cela se reproduise", a averti M. Land.
"Au cours des récessions passées, nous avons aussi observé une hausse des délits et crimes violents chez les adolescents. Cela risque de se passer à nouveau", a-t-il ajouté.
De plus en plus de jeunes âgés de 16 à 19 ans ne vont plus à l'école et sont aussi sans travail, ce qui les rend vulnérables à la délinquance, a ajouté cet expert.
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