Paypal : le désert des Tartares ?
Nous
consacrons notre dossier panoramique à la très discrète mais néanmoins
irrésistible ascension de Paypal (groupe ebay) dans les paiements en
ligne. Seul Google essaie d'enrayer cette progression qui se poursuit
sans le moindre commentaire d'analyste ou de consultant patenté (à
l'exception notable du Gartner Group).
En fait, les observateurs
des technologies dans le secteur bancaire ne semblent s'intéresser
qu'au concept de banque à distance, avec comme unique question
sous-jacente : quelle « stratégie multicanale » mettre en œuvre ? Dans
ce contexte, le micropaiement entre particuliers, compartiment dans
lequel semblait se complaire jusqu'ici Paypal, ne semble pas assez
stratégique. L'internaute qui cherche à régler simplement, rapidement
et à moindre frais un achat modeste auprès d'un autre particulier (lors
d'une transaction sur ebay par exemple) n'est sûrement pas une question
suffisamment stratégique pour les gourous et consultants du « e-banking
». C'est dommage car pendant ce temps là Paypal s'installe comme une
référence dans plusieurs sous-segments du paiement en ligne. Et à
partir de ces positions, il imagine proposer des services de plus en
plus complets à ses clients fidèles. Des services qui commenceraient à
se confondre avec des services bancaires en ligne, sauf qu'ils sont
rendus par un acteur non bancaire. Des services bénéficiant d'un
capital de confiance (totalement indispensable) mais aussi d'un capital
de sympathie (très utile pour se différencier). Preuve que le masque
tombe ? Le récent partenariat Paypal/Mastercard visant à créer... une
carte de paiement virtuelle !
Pendant ce temps là, les banques
traditionnelles, qui dans les années 1997-98 avaient pourtant cru se
faire inexorablement manger par des acteurs technologiques tels que
Microsoft, ont depuis acquis la certitude qu'aucun acteur non bancaire
ne parviendrait à les menacer vraiment. D'ailleurs depuis cette époque,
la quasi-totalité des banques enregistre des profits et des cours
boursiers en spectaculaire augmentation...
Cette situation n'est pas
sans rappeler le célèbre livre de Dino Buzzati « le désert des Tartares
» dans lequel les soldats, dans leur citadelle inutile, surveillent une
frontière morte d'où des Tartares, chaque jour un peu plus mythiques,
seraient censés venir. Le temps passe, l'ennui gagne... jusqu'au jour
où les tartares sont là, quand on ne les attendaient plus...
Aujourd'hui
Paypal est là ! Les barbares sont là (Paypal mais également Google avec
son offre Checkout). Les acteurs non-bancaires viennent réclamer leur
part du gâteau. En France, c'est l'Ecureuil (les caisses d'épargne) qui
semble l'avoir compris et lance depuis octobre « movo » : un service de
micro-paiement innovant par SMS.
Est-ce le début de la guerre (enfin), ou le baroud d'honneur ?
A lire sans modération !
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