Carine Clément agressée en Russiepar Anne Le Huérou
Sociologue française installée depuis quinze ans en Russie, chercheuse et enseignante à l'institut de sociologie de l'Académie des sciences, fondatrice de l'Institut de l'action collective, collaboratrice régulière du Monde diplomatique, Carine Clément a subi trois agressions en l'espace de deux semaines, dont la dernière le 13 novembre. Alors qu'elle se rendait à une réunion publique sur la crise économique en Russie, deux individus lui ont planté dans la cuisse une seringue au contenu non identifié. Au-delà du caractère spectaculaire de cet événement, il faut s'interroger sur la signification de ces attaques. Militante des droits sociaux, Carine Clément parcourt le pays depuis des années pour défendre le droit au logement des habitants d'un foyer, les ouvriers de Ford en grève ou les travailleurs migrants confrontés au racisme et à l'exploitation, position qui lui a valu de nombreuses attaques de l'extrême droite. Fin octobre, l'Union des soviets de Coordination de Russie, qu'elle a contribué à créer pour fédérer les initiatives syndicales et citoyennes, a participé à une « Journée de la colère ». Elle vient par ailleurs de terminer un programme de recherche collectif sur les acteurs des mobilisations et a participé à de nombreux projets internationaux qui ont donné lieu à des publications. Avec d'autres sociologues et juristes, elle cherche actuellement à introduire des changements dans la législation du travail en Russie. Enfin, son partenariat de longue date avec l'association de solidarité avec la Tchétchénie Convoi Syndical illustre cette capacité à faire le lien entre les problèmes sociaux et le conflit tchétchène. Cette affaire s'inscrit dans un contexte d'intimidation à l'égard des militants et journalistes. Dans la nuit du 13 au 14 novembre, Alexeï Etmanov, président du syndicat indépendant de l'usine Ford de la région de Saint-Pétersbourg, a été attaqué pour la seconde fois en l'espace d'une semaine, tandis que le jeune rédacteur en chef de la Khimkinskaya Pravda (une ville de la banlieue de Moscou), militant pour la sauvegarde de la forêt et les constructions spéculatives, était retrouvé le même matin roué de coups dans la cour de son immeuble. Le Monde diplomatique s'associe à ceux qui demandent qu'une enquête, la plus complète possible, soit menée pour identifier les auteurs de ces agressions (...) Retrouvez les articles de Carine Clément sur le site du Monde diplomatique.
Guerre froide II
Serge Truffault Le Devoir, édition du 25 août 2008 L'intervention de l'armée russe en Géorgie a accouché d'un cortège d'événements si lourds de conséquences qu'ici et là on évoque le spectre d'une nouvelle guerre froide. Que l'on y songe: la Pologne, l'Ukraine, la République tchèque, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Syrie et bien évidemment les États-Unis se sont agités sur la scène du grand jeu en usant fréquemment d'une rhétorique logeant à l'enseigne de la dureté. De la Menace avec un grand M. L'histoire récente, toute récente, du dossier international de l'heure commence lors de cette rencontre entre le président Bush et son homologue russe Vladimir Poutine tenue le printemps dernier. L'homme fort du Kremlin avertit alors Bush que si l'Ukraine et la Géorgie devenaient, à court ou à moyen terme, membres de l'OTAN, la ligne rouge serait franchie. CQFD: la Russie ne resterait pas les bras croisés. On sait ce qu'il est advenu: les candidatures de ces nations n'ont pas été acceptées lors du sommet de Bucarest, mais elles n'ont pas non plus été rejetées. En un mot, l'OTAN a différé l'étude du sujet. Tout simplement. Lorsque Poutine a formulé sa menace, il n'était pas un homme quelque peu énervé, il n'était pas un chef d'État un tantinet agacé, mais bien quelqu'un qui en a littéralement ras-le-bol. À cause de la reconnaissance immédiate de l'indépendance du Kosovo par les États-Unis et l'Allemagne, à cause de l'élargissement aussi rapide qu'ample de l'OTAN, à cause de l'installation d'un bouclier antimissile dans une région qu'il considère comme sa basse-cour et à cause d'un geste un peu trop oublié ces jours-ci: le retrait unilatéral du Traité antimissile décidé par Bush lors de la première année de son premier mandat. Quoi d'autre? L'Allemagne. Oui, l'Allemagne, ou plus précisément la chancelière Angela Merkel, n'a pas son pareil pour crisper le duo Poutine-Medvedev. Lorsque Helmut Kohl dirigeait la puissance économique du continent européen, il entretenait des bonnes relations avec Mikhaïl Gorbatchev et son successeur, Boris Eltsine. Idem pour Gerhard Schröder avec Eltsine et Poutine. Avec ce dernier, les liens d'amitié étaient et demeurent si réels que le Russe a offert un pont d'or à l'Allemand: un poste au conseil du géant énergétique Gazprom. Et comme chacun sait, Poutine adore fermer le robinet du gaz destiné aux anciens satellites de l'Union soviétique. Depuis que Merkel est à la tête de l'Allemagne, il en va tout autrement. Parce qu'elle est née et a grandi en Allemagne de l'Est, elle a une inclination beaucoup plus prononcée que ses prédécesseurs pour la liberté d'expression, les droits de la personne, etc. En deux mots, elle observe moins la «realpolitik» que Kohl et consorts. Résultat? Chaque fois qu'elle rencontre le patron du Kremlin, elle aborde les sujets qui fâchent: le sort réservé aux ONG, l'ex-agent du KGB tué à Londres, les journalistes secoués par la police, etc. Sa personnalité et son parcours étant ce qu'ils sont, Merkel partage bien des affinités politiques, des ambitions historiques, avec les chefs d'État des anciennes colonies de l'Union soviétique. Il n'a d'ailleurs échappé à personne, et surtout pas à Poutine, que dans les heures qui ont suivi la riposte de l'armée russe en Ossétie du Sud, les dirigeants de la Pologne, de l'Ukraine, des pays baltes et autres ont demandé à Merkel, et non à Bush, d'intercéder auprès de Medvedev avec l'espoir qu'elle obtienne un arrêt des hostilités. En vain. Mais... Mais on a noté qu'elle n'est pas intervenue auprès de la Pologne pour la calmer. Pour freiner quelque peu ses ardeurs antirusses. De quoi s'agit-il? Le bouclier antimissile. Lorsque Donald Tusk devint premier ministre de la Pologne, il avait refroidi l'administration Bush sur ce sujet. À telle enseigne que ce dernier avait amorcé des pourparlers avec les pays baltes. Et voilà qu'à la suite du conflit en Géorgie, Tusk s'active et signe en moins de deux un accord sur la question avec la Maison-Blanche. Que fait la Russie? Elle signe aussi rapidement un contrat de fourniture d'armes avec la Syrie voisine, si voisine, de l'Irak. Mais elle affirme surtout, par la voix du directeur adjoint du cabinet du Kremlin, un général soit dit en passant, que la Pologne vient de s'exposer à des représailles très musclées. Pour certains, l'histoire ne se répète pas. Pour d'autres, l'histoire se répète, mais... autrement! Ces derniers ont probablement raison. RIA Novosti - Opinions - La Russie avance ses pions en Arctique
fr.rian.ru/analysis/20070815/71679979.html
Par Maxim Krans, RIA Novosti L'expédition spectaculaire du navire scientifique "Akademik Fedorov" et du brise-glace atomique "Rossia" vers le pôle Nord, qui a permis de réaliser, le 2 août dernier, la plongée de deux bathyscaphes Mir et de planter sur le fond un drapeau russe en titane, n'était qu'une étape de "l'offensive arctique" de la Russie. Cette "offensive" a débuté au mois de mai: dès que les conditions météorologiques et la situation des glaces de mer l'ont permis, le brise-glace atomique "Rossia" a acheminé vers l'Arctique de l'Est une expédition scientifique dont les membres ont passé six semaines à prospecter mètre après mètre la dorsale océanique de Lomonossov. Ce même brise-glace est récemment parti pour une nouvelle mission consistant à poursuivre l'étude du plateau continental, y compris à l'aide d'appareils submersibles téléguidés. Y succédera une équipe de chercheurs polaires qui doivent débarquer sur la nouvelle station dérivante Severny Polious-35. L'importance de la mission confiée aux chercheurs est difficile à surestimer, car ils doivent présenter des preuves convaincantes attestant que le pôle Nord appartient à la Russie. Et il n'est pas seulement question du pôle Nord. Il s'agit d'un immense territoire océanique représentant un triangle dont la base s'étend de la frontière norvégienne à l'ouest, au détroit de Béring à l'est, au total 1,2 million de kilomètres carrés, autrement dit la superficie de l'Italie, de l'Allemagne et de la France prises ensemble. La Russie, comme hier l'Union soviétique, a toujours considéré ce territoire comme sien. Encore dans les années 1920, le "gâteau" arctique a été divisé en cinq morceaux entre l'URSS, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark. C'était avant l'adoption de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer qui a limité les frontières extérieures des puissances polaires à une zone économique de 200 milles nautiques au large de leurs côtes, le reste de l'océan étant proclamé patrimoine commun de l'humanité. Mais il y a une exception à la règle: toujours conformément à la Convention, n'importe quel Etat peut élargir ses frontières maritimes de 150 milles supplémentaires s'il prouve que le plateau océanique en question représente un prolongement immergé de sa masse terrestre. Dans le cas de la Russie, il s'agit donc de prouver que la dorsale de Lomonossov est un prolongement de la plate-forme continentale sibérienne. Il y a cinq ans, la Russie a saisi la commission ad hoc de l'ONU, mais ses arguments n'ont pas convaincu. Dans deux ans, Moscou compte renouveler sa tentative, et les chercheurs russes travaillent actuellement sur le problème. Le prix de la question est connu: selon des estimations préalables, les réserves d'hydrocarbures du "triangle" revendiqué par la Russie représentent 100 milliards de tonnes d'équivalent pétrole, soit un quart ou un tiers des réserves mondiales. C'est pourquoi, comme on aurait dû s'y attendre, la "campagne du Nord" lancée par Moscou n'a guère enthousiasmé les autres prétendants à la région arctique. Et ils sont nombreux ces derniers temps: le Danemark, par exemple, affirme que le pôle Nord et ses environs n'appartiennent qu'à lui en raison de la proximité immédiate du Groenland, le Canada soutient de son côté que la dorsale de Lomonossov vient du continent américain, tandis que les Norvégiens s'empressent désormais de régler le vieux différend avec la Russie concernant la zone litigieuse de 155.000 kilomètres carrés en mer de Barents. Les Etats-Unis ont eux aussi redoublé d'activité. Encore en mai dernier, le vice-président de la commission aux affaires étrangères du Sénat américain, Richard Lugar, avait exigé que Washington rejoigne au plus vite la Convention sur le droit de la mer afin d'éviter que Moscou s'approprie les régions riches en pétrole et en gaz. La dernière action des Russes a tout particulièrement froissé les Etats-Unis. Le porte-parole du département d'Etat, Tom Casey, a déclaré sur-le-champ qu'un drapeau planté sous la banquise n'avait aucune valeur juridique. Après tout, personne ne le conteste, comme on ne conteste pas l'importance, plus politique que scientifique, de cette expédition vers le point le plus septentrional de la planète. Chercheur polaire émérite et parallèlement vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe), le chef de l'expédition Artour Tchilingarov ne cachait pas ses intentions: "Nous voulons prouver que la Russie est une grande puissance polaire". Toutefois, il est difficile de souscrire aux tentatives des Américains, comme à celles des autres prétendants aux hydrocarbures arctiques, pour remettre en cause le droit des Russes à leur partie du plateau continental océanique. Ces critiques ont été clairement résumées par le Times britannique: "Le monde doit dire non aux revendications de la Russie concernant le fond marin". Robert Miller, professeur à l'école juridique privée Lewis & Clark College, a notamment affirmé dans un article du Los Angeles Times que, par ses revendications territoriales "insolentes", la Russie ressemblait à ces pionniers européens et américains des XVe-XXe siècles dont le principe se résumait à ceci: celui qui arrive le premier reçoit tout. Scott Borgerson, expert à l'US Council on Foreign Relations, invite pour sa part à élaborer un "accord de copossession" à l'instar de celui signé à la fin des années 1950 pour l'Antarctique. Dans les colonnes du Washington Times, Ariel Cohen, de l'Heritage Foundation, s'exprime plus clairement: "Si Moscou propose de mettre en valeur les ressources de l'Arctique en partenariat avec les Etats-Unis et d'autres pays, ce projet pourrait servir d'exemple de coopération internationale féconde". Mais pour l'instant, poursuit-il, les puissances occidentales devraient élaborer une stratégie commune contre la Russie: "Trop de choses sont en jeu pour offrir tout cela à l'ours russe". Certains détracteurs de la Russie mettent en doute la légitimité même de la Convention de l'ONU sur le droit de la mer, pourtant ratifiée par la majorité des Etats du monde. Le quotidien financier en ligne américain Investor's Business Daily est allé jusqu'à qualifier cette Convention de "Munich maritime". La position des Américains est claire: par le passé, ils ont refusé de signer ce document de peur que d'autres pays ne revendiquent des zones maritimes que les Etats-Unis considéraient comme leur appartenant. Le président Ronald Reagan a même licencié plusieurs fonctionnaires du département d'Etat pour avoir participé à la rédaction de la Convention. Aujourd'hui, Washington veut se rattraper: si la demande russe s'avère convaincante, la question du plateau continental russe sera décidée par-dessus sa tête. L'envoi urgent du brise-glace lourd "Healy" de la garde côtière américaine et la décision de construire deux nouveaux brise-glaces en vue de renforcer la présence américaine dans l'Arctique témoignent d'une réaction manifestement tardive. La Russie agit strictement dans le cadre de la Convention onusienne. Lors d'une conférence de presse donnée récemment à Moscou, le président de l'Association internationale du droit de la mer et juge du Tribunal international du droit de la mer, Anatoli Kolodkine, a souligné que la Russie enquêtait sur l'appartenance du plateau continental "en stricte conformité avec le droit international" et qu'il ne voyait pas de raisons pour une dégradation des relations diplomatiques avec d'autres pays. "N'importe quel pays de la région peut formuler ses revendications, a-t-il constaté, mais il doit agir de la même manière que la Russie, autrement dit présenter les preuves nécessaires à l'appui de ses revendications." Un autre spécialiste du domaine, le docteur en droit Vassili Goutsouliak, prévoit le scénario suivant: "Si des preuves convaincantes sont fournies attestant que le fond marin étudié est un prolongement naturel du plateau continental russe, la demande de Moscou sera satisfaite", explique-t-il. Et de préciser qu'en ce cas "la décision aura force de loi aussi bien pour la Fédération de Russie que pour les autres pays". Les drapeaux tricolores que les chercheurs polaires russes plantent sur la banquise du pôle Nord ou sur le fond marin n'ont rien à voir avec cela. La question des frontières arctiques de la Russie doit être réglée exclusivement dans le cadre du droit international, quel que soit le verdict définitif. Conflit dans le Caucase : Moscou à la recherche d'alliés | International | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... Moscou à la recherche d'alliésMise à jour le jeudi 28 août 2008 à 7 h 39
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Les diplomates russes ont tenté, avec un succès limité jusqu'ici, de convaincre le plus de pays possible d'appuyer l'initiative militaire de Moscou en Géorgie. Ils veulent ainsi convaincre ces pays de se ranger aux côtés de la Russie en reconnaissant l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Le président russe Dimitri Medvedev s'est rendu, jeudi, à Douchanbe, capitale du Tadjikistan, en Asie centrale, pour y rencontrer, dans le cadre d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ses homologues du Tadjikistan, de l'Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Kazakhstan et de la Chine. Le président Medvedev espérait à cette occasion convaincre les membres de l'OCS de jeter les bases d'une possible alliance stratégique autour de la Russie, destinée notamment à contrer l'influence de l'OTAN. Il semblerait cependant que la diplomatie russe n'a pas vraiment été en mesure d'obtenir une déclaration forte et sans équivoque des dirigeants asiatiques présents à Douchanbe. Ainsi, si la déclaration finale signée par les six participants au sommet salue expressément le plan de paix européen et reconnaît, dans ce contexte, le « rôle actif » de la Russie dans la résolution du conflit géorgien, l'OCS tient néanmoins à exprimer sa « grave inquiétude » au sujet des tensions dans cette région. Et comme il fallait s'y attendre, les signataires « appellent les parties à résoudre leurs désaccords par un dialogue pacifique et à s'efforcer de faciliter la réconciliation et les pourparlers ». Une déclaration forte de soutien à l'initiative russe dans le Caucase aurait été très surprenante de la part de la Chine. En effet, malgré qu'il se soit rangé aux côtés de la Russie à maintes reprises par le passé, Pékin craint qu'en appuyant la reconnaissance russe de l'indépendance ossète et abkhaze il puisse encourager des mouvements séparatistes à l'intérieur même du territoire chinois. Les autres membres de l'OCS craignent quant à eux qu'un appui trop franc à la Russie puisse entraîner une détérioration de leurs relations politiques et commerciales avec l'Europe et les États-Unis. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters Conflit dans le Caucase : Agitation en mer Noire | International | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... International Conflit dans le Caucase Agitation en mer NoireMise à jour le mercredi 27 août 2008 à 18 h 18
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Le coup de force de Moscou dans le Caucase semble se transporter dans les eaux de la mer Noire voisine. Mercredi, la vedette de la garde côtière américaine Dallas s'est déroutée à la dernière minute. Le Pentagone chercherait à limiter le risque d'une confrontation entre forces américaines et russes à proximité des côtes géorgiennes. Le Dallas devait initialement décharger dans le port de Poti une cargaison d'aide humanitaire destinée aux victimes géorgiennes de l'invasion russe. Le navire a cependant reçu l'ordre de se rendre plutôt à Batoumi, un port géorgien plus au sud et qui n'est pas, contrairement au port de Poti, occupé par les forces russes. Un contingent de l'armée russe contrôle le port de Poti depuis maintenant quelques jours, officiellement afin d'y établir une zone tampon pour protéger l'Abkhazie d'une possible contre-offensive géorgienne. Et toujours mercredi, le chef d'état-major adjoint des forces russes, le général Anatolie Nogovitsyne, a indiqué lors d'un point de presse que des bâtiments de la marine de guerre russe ont reçu l'ordre de se déployer au large des côtes géorgiennes et abkhazes pour y surveiller les mouvements de leurs vis-à-vis de l'OTAN. Le général Nogovitsyne a indiqué que le croiseur lance-missiles Moskva, accompagné de quelques autres bâtiments de guerre, a jeté l'ancre, ces dernières heures, dans la rade de Soukhoumi, capitale de la république autoproclamée d'Abkhazie. Moscou craint que l'OTAN ne soit en train de renforcer sa présence dans les eaux de la mer Noire. Actuellement, outre le Dallas et le destroyer USS McFaul, tous deux dans des ports géorgiens, le navire de commandement USS Mount Whitney se dirige depuis son port d'attache italien vers les côtes géorgiennes. De plus, d'autres navires de guerre américains, appuyés de navires allemand, polonais et espagnol, sont actuellement en mer Noire dans le cadre d'un exercice militaire de l'OTAN. Cet exercice était prévu depuis un certain temps déjà. Le président russe Dimitri Medvedev a accusé les États-Unis, mardi, de livrer d'importantes quantités d'armes aux forces géorgiennes sous couvert de livraisons humanitaires. Washington a qualifié de « ridicules » les accusations russes. Le G7 accentue la pression sur Moscou Pendant ce temps, sur la scène diplomatique, les ministres des Affaires étrangères du Groupe des sept (G7) ont condamné mercredi à l'unanimité la décision de Moscou de reconnaître l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Dans un communiqué commun publié par le département d'État américain, les ministres du G7 ont déclaré que cette reconnaissance de la Russie remet en question son engagement envers la paix et la sécurité dans le Caucase. « La reconnaissance par la Russie de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie viole l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie et elle est contraire à des résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU soutenues par la Russie », précise le communiqué. Les ministres des Affaires étrangères du G7 déplorent également l'utilisation d'une force excessive par la Russie en Géorgie et la poursuite de son occupation militaire de certaines régions du pays. Les gouvernements des États-Unis, du Japon, du Canada, de l'Allemagne, de l'Italie, de France et du Royaume-Uni ont par ailleurs réaffirmé leur reconnaissance de la souveraineté de la Géorgie, de son gouvernement démocratiquement élu et de ses « frontières internationalement reconnues ». Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, Reuters et BBC Arctique : Ottawa étend sa zone d'influence | Politique | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2008/08/27... PolitiqueArctique Ottawa étend sa zone d'influenceMise à jour le mercredi 27 août 2008 à 16 h 35
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De passage à Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest, le premier ministre Stephen Harper a réitéré les visées de son gouvernement sur l'Arctique, en annonçant son intention d'élargir de 100 milles nautiques le champ d'application des lois environnementales canadiennes dans les eaux arctiques. Si le gouvernement Harper va de l'avant, cette zone protégée, qui est actuellement d'environ 185 km de large, passerait à 370 kilomètres au large des côtes canadiennes en vertu de la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques. Cette stratégie environnementale d'Ottawa a aussi pour but de renforcer les prétentions territoriales et la souveraineté du Canada dans les eaux de l'Arctique, que convoitent également plusieurs pays d'Europe et les États-Unis, qui les considèrent comme des eaux internationales. Le fait est qu'avec le réchauffement climatique et la fonte de la calotte glaciaire, des passages maritimes navigables pourraient bientôt s'ouvrir dans l'Arctique. Ces nouvelles routes nordiques permettront aux bateaux, dans un futur rapproché, de relier le Pacifique et l'Atlantique sans devoir passer par le canal de Panama ou la pointe de l'Amérique du Sud. L'Arctique serait aussi riche en ressources minières et énergétiques jusqu'ici inexploitées. En plus d'élargir de 100 milles nautiques la zone d'application de ses lois environnementales dans l'Arctique, Ottawa entend désormais obliger tous les navires qui empruntent ces eaux à signaler leur présence à la Garde côtière canadienne. Ce signalement se faisait déjà, mais seulement sur une base volontaire. Afin de bien marquer le coup, le premier ministre tiendra jeudi sa réunion du comité des priorités, qui regroupe une dizaine de ministres, dans les Territoires du Nord-Ouest. Rencontre Harper-Layton samedi Cette démonstration de souveraineté dans l'Arctique et de sensibilité à l'environnement sert également les intérêts électoraux des conservateurs, à la veille du déclenchement de plus en plus probable d'élections fédérales au pays. Les indices indiquant qu'il pourrait bientôt y avoir des élections ne cessent en effet de se multiplier au pays. La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a annulé un voyage qu'elle devait effectuer en Chine, lui permettant ainsi d'être présente si le premier ministre Harper devait lui demander de dissoudre le Parlement. Autre indice, le chef du NPD, Jack Layton, et le premier ministre ont convenu de se rencontrer samedi. Le premier ministre Harper avait demandé aux chefs de l'opposition de le rencontrer avant la reprise de la session d'automne, le 15 septembre, pour évaluer si le Parlement pouvait travailler efficacement. Il a toutefois indiqué mardi qu'il n'allait peut-être pas attendre d'avoir rencontré tous les chefs avant de déclencher des élections générales, surtout que les conservateurs ont remonté dans les intentions de vote, tout au moins au Québec. Le PC en tête au QuébecUn sondage CROP-La Presse, publié mercredi, indique que les
conservateurs seraient au coude à coude avec le Bloc québécois, tandis que les
libéraux traînent à 20 % dans les intentions de vote des
Québécois: L'Arctique, un territoire convoité : Accueil | Science et santé | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2007/1... En profondeur
L'Arctique, un territoire convoitéAccueilMise à jour le mercredi 24 octobre 2007 à 15 h 58
L'Arctique, un territoire convoité AccueilL'Arctique a longtemps été considéré comme un désert de glace sans intérêt économique. Le réchauffement du climat est en train de transformer cette perspective. Avec la fonte de la banquise, l'océan Arctique devient une voie navigable, et d'autres pays s'intéressent maintenant aux ressources naturelles qu'il recèle. La souveraineté canadienne sur l'Arctique est donc mise au défi. Deux dossiers de CBC.ca permettent de comprendre les enjeux que représente cette situation pour le Canada. Le premier porte sur le passage du Nord-Ouest, qui relie l'Atlantique au Pacifique entre les îles de l'océan Arctique. Ce passage a longtemps été convoité par des explorateurs. Aujourd'hui, on s'interroge sur le statut de ses eaux. Sont-elles territoriales ou internationales? Le deuxième dossier se demande à qui appartient l'Arctique, dans un contexte où les États-Unis, le Danemark et la Russie y ont récemment lancé des campagnes d'exploration géologique, afin de déterminer si la configuration des fonds marins leur permet d'en revendiquer certaines parties. Traduction : Danielle Jazzar Le passage du Nord-Ouest
Le passage du Nord-Ouest est une voie maritime qui passe entre les îles du nord du Canada et qui relie l'Atlantique et le Pacifique. Ce raccourci de navigation entre l'Europe et l'Asie a été pendant des siècles un trésor recherché par les explorateurs. Cependant, 300 ans de recherches, de navires égarés et de vies perdues n'ont pas découragé ces explorateurs qui, au-delà de la recherche du passage du Nord-Ouest, étaient aussi en quête de gloire. Les premiers explorateursLes premiers explorateurs de l'Arctique étaient les Inuits. Et bien que la plupart de leurs voyages ne soient consignés dans aucun écrit, les Inuits et les autres communautés autochtones sont quand même considérés comme les premiers à avoir découvert le passage du Nord-Ouest.
Au 16e siècle, les Européens se sont donné pour objectif de trouver une voie maritime plus courte vers l'Asie en passant par le nord. Et c'est ainsi qu'au fil du temps, petit à petit, d'un aventurier à l'autre, le passage du Nord-Ouest a été mis au jour. Dans les années 1570, un des premiers navigateurs européens à tenter de trouver le passage fut le Britannique Martin Frobisher. Avec une petite flotte, de 1576 à 1578, il est allé explorer les eaux du Nord. Toutefois, il n'est pas allé au-delà de la baie qui porte aujourd'hui son nom. Sir John Franklin Cependant, l'explorateur le plus tristement célèbre fut Sir John Franklin. Sur ordre de la reine, l'explorateur britannique a affrété deux navires pour partir, entre 1845 et 1848, à la recherche du mythique passage du Nord-ouest. Il a recruté un équipage de 134 hommes et a embarqué des équipements et du ravitaillement pour 3 ans, dont un piano, des cristaux et 1200 livres, et s'est muni de la meilleure technologie qui existait à l'époque. Les épouses et les compagnes des membres de l'équipage étaient convaincues qu'ils étaient partis vers la Chine et y envoyaient leur courrier. Les membres de cette expédition ne sont jamais revenus. Leur disparition a entraîné, d'après ce qu'on en dit, l'opération de sauvetage la plus coûteuse qui n'ait jamais été organisée. Entre 1848 et 1859, 40 navires et plus de 2000 hommes ont recherché la flotte de Franklin. En 1859, les équipes de recherche ont trouvé des corps et des restes d'effets personnels sur l'île du Prince William. Elles ont également mis au jour des documents qui révélaient que les navires avaient été pris dans les glaces. Des notes indiquaient que Franklin est mort sur le navire en 1847. Les survivants ont abandonné le vaisseau l'année d'après, mais ils sont tous morts en tentant d'atteindre le continent. Plus tard, après autopsie sur les corps des membres de l'équipage, les scientifiques ont conclu qu'ils étaient vraisemblablement morts de saturnisme à cause des soudures des boîtes de conserve. Leur stabilité physique et mentale en aurait été affectée. Plus horrible encore, des analyses sur des restes ont prouvé qu'ils se sont livrés au cannibalisme. Cependant, toutes ces pertes n'auront pas été vaines. Les recherches entreprises par des équipes de recherche à partir des indices retrouvés durant l'expédition de Franklin ont fini par aboutir au tracé du passage du Nord-Ouest. Navigation dans le passage Ce n'est qu'en 1903 qu'un premier explorateur, le Norvégien Roald Amundsen, a emprunté le passage d'un bout à l'autre dans un navire de pêche de 21 m de long. Au cours de sa traversée, il été maintes fois immobilisé par les glaces pendant des mois, le temps d'attendre la fonte pour que son navire puisse se dégager. De 1940 à 1942, la goélette St-Roch de la Gendarmerie royale du Canada a emprunté pour la première fois le passage d'ouest en est afin d'affirmer la souveraineté du Canada dans le Nord. Au terme du trajet, le St-Roch a fait demi-tour et a refait le chemin en sens inverse. Il a ainsi été le premier à accomplir le voyage dans les deux directions. Un passage de nouveau convoitéTous ces sacrifices en valaient peut-être la peine. Le passage du Nord-Ouest permet de gagner du temps par rapport à la voie maritime qui passe par le canal de Panama. La distance entre Londres et Tokyo en passant par le Canal est de 23 000 km, alors qu'elle ne fait que 16 000 km par le passage du Nord-Ouest. C'est une économie de 2 semaines de voyage. Mais comme le passage est gelé pratiquement tout au long de l'année, il est rarement utilisé, sauf par les brise-glace les plus performants. Cependant, depuis que les scientifiques prédisent la fonte des glaces de l'Arctique, le passage devient une voie navigable potentielle de plus en plus convoitée. Quant à déterminer si les eaux du passage sont internationales ou si ce sont des eaux territoriales canadiennes, le problème demeure entier.
En 1969, un pétrolier américain, le S.S. Manhattan, a emprunté le passage du Nord-Ouest sans en demander la permission au Canada. Il voulait prouver que le passage était une voie praticable pour le transport du pétrole. Le Canada n'a pas tenté de l'arrêter, mais il l'a laissé passer et a même envoyé un brise-glace canadien l'escorter. En 1970, le S.S. Manhattan a de nouveau emprunté le passage. Le Canada a alors imposé des règles environnementales à tout navire qui devait y passer. Mais cela ne résolvait toujours pas le problème de l'autorité sur les eaux du passage. En 1985, le brise-glace Polar Sea de la garde côtière américaine a emprunté le passage sans en demander la permission au gouvernement du Canada. Ce défi à la souveraineté du Canada dans l'Arctique a eu des retombées politiques, notamment la signature de l'Accord sur la coopération dans l'Arctique par le premier ministre du Canada Brian Mulroney et le président américain Ronald Reagan. Selon les termes de l'Accord, les États-Unis doivent s'abstenir d'envoyer des brise-glace dans le passage du Nord-Ouest sans l'approbation du Canada. En retour, le Canada doit toujours accorder son consentement. Quant à savoir si les eaux du passage sont territoriales ou internationales, la question est encore une fois non résolue. Le réchauffement climatique change la donneCes dernières années, les scientifiques ont poussé le gouvernement du Canada à faire encore plus d'efforts pour faire valoir sa souveraineté dans le Nord.
Selon Jacinthe Lacroix, conseillère principale en sciences pour Environnement Canada, la glace de l'Arctique canadien a diminué de 32 % dans les années 60. En plus de cela, a-t-elle dit, le réchauffement climatique a élevé de 1,2 degré la température dans l'archipel du Nord canadien. Cela représente deux fois l'augmentation moyenne de la température dans le monde. Selon elle, chaque année, la surface de glace diminue de 70 000 kilomètres carrés; c'est l'équivalent du lac Supérieur. « Certaines études indiquent que si la glace continue de fondre à cette vitesse, il pourrait ne plus y avoir de glace en été dans l'Arctique à la fin du siècle », a affirmé Mme Lacroix. D'autres scientifiques ont aussi prévu la fonte des glaces, mais sans être d'accord sur le moment où elle surviendra. En 2004, André Rochon, expert scientifique en chef sur l'Amundsen, brise-glace canadien de recherche, a déclaré que le réchauffement climatique pourrait entraîner la fonte presque totale des glaces dans le passage du Nord-Ouest, qui deviendrait ainsi navigable d'ici 50 ans. En juin 2006, le professeur Michael Byers de l'Université de Colombie-Britannique a dit que le passage du Nord-Ouest serait libéré des glaces dans 25 ans pendant les mois d'été. Il a donc vivement conseillé au gouvernement de prendre des mesures au plus vite.
Selon George Newton de la commission de recherche sur l'Arctique, les entreprises du monde entier se sont éveillées au problème. En effet, en juin 2006, il a signalé que certaines d'entre elles avaient récemment investi 4,5 milliards de dollars pour acquérir des navires en mesure de se frayer un chemin dans les glaces. Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Peter MacKay, était conscient du fait que le réchauffement climatique ferait fondre les glaces de l'Arctique et qu'il faudrait plus de personnel pour la protection du passage du Nord-Ouest. Il a toutefois écarté la possibilité d'un afflux de navires étrangers vers le passage. « Ces eaux sont encore très dangereuses pour la navigation, a dit MacKay, la glace flottante est aussi un danger. Je suppose que vous n'y verrez pas nécessairement une augmentation des passages, sauf ceux des navires canadiens. » Jacinthe Lacroix est d'accord, car, dit-elle, même si le passage était libre de glace en été, de gros blocs de glace provenant de l'Arctique y dériveraient. « Il serait très dangereux de naviguer dans la région », a-t-elle dit. Le Canada renforce sa défense
Cependant, les glaces n'empêchent pas les sous-marins de passer dans l'archipel canadien. Selon la rumeur, nombre de pays ont envoyé secrètement leurs sous-marins dans le passage; et le Canada n'a aucun moyen de le surveiller en permanence. Stephen Harper a fait une promesse électorale lors de sa campagne pour les élections de 2006 : celle de défendre la souveraineté du Canada dans l'Arctique. Il a en effet promis de consolider la présence du Canada dans les voies navigables en y ajoutant 3 brise-glaces lourdement armés. Les promesses des conservateurs pour l'Arctique sont évaluées à 5,3 milliards de dollars sur 5 ans. En août 2006, pour la première fois en plus d'une génération, la Marine canadienne est repartie dans le passage du Nord-Ouest pour étudier les possibilités de navigation dans le Nord. L'Armée de terre, la Marine et la Force aérienne ont mis le cap sur Lancaster Sound, qui est à l'extrême est du passage. C'est la frégate HMCS Montréal qui a entrepris ce voyage du 12 au 24 août. Elle était accompagnée de deux plus petits navires de défense côtière et de 6 avions. Quelque 400 soldats, marins et membres d'équipages aériens, de la Gendarmerie royale et officiers de la garde-côtière y ont pris part. Selon les observateurs, c'était la première fois en 30 ans que les Forces canadiennes entreprenaient une opération de cette envergure, et dans des coins aussi reculés du Nord. La souveraineté sur l'Arctique
De tout temps, ce sont les États-Unis qui ont inquiété le Canada lorsqu'il revendiquait sa part de souveraineté sur l'Arctique. Ce sont eux qui possédaient les brise-glaces multicoques et les sous-marins nucléaires pour emprunter à leur guise le passage du Nord-Ouest. Toutefois, depuis quelques années, la Russie est aussi descendue dans l'arène. Sa dernière manoeuvre a consisté à planter un drapeau russe à 4200 m sous la mer, dans une capsule de titane, à la verticale du pôle Nord. L'Arctique est devenu ainsi un enjeu international important. La stratégie de la Russie, qu'elle étale d'ailleurs au grand jour, est de repousser la limite des 200 milles marins pratiquement jusqu'au pôle Nord afin de revendiquer les ressources minérales et énergétiques pressenties dans le sous-sol glacé de l'Arctique. Le pôle Nord, considéré comme une zone internationale, est administré par l'Autorité internationale des fonds marins. Toutefois, la Russie a pris des mesures pour se faire reconnaître des droits sur cette zone. Elle s'appuie sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui accorde à un pays des droits sur une plateforme sous-marine s'il peut prouver qu'elle est une extension de sa bordure continentale. C'est pourquoi la Russie a entrepris d'indiquer systématiquement sur ses cartes que la dorsale de Lomonossov, qui s'étale sous l'océan Arctique, entre la Sibérie et le Groenland, est une extension de son plateau continental. Ces tentatives peuvent être comparées, comme l'a dit un porte-parole du Centre de recherche de l'Arctique et de l'Antarctique, au fait de « planter un drapeau sur la Lune ». Pour les Canadiens, cela ressemble plutôt à un drapeau rouge agité devant un taureau. À qui appartient l'Arctique ? De son côté, le Danemark a lancé une expédition scientifique en août dernier, pour vérifier si la même dorsale de Lomonossov est une extension du plateau continental du Groenland. Les États-Unis ne sont pas en reste. En août dernier, ils ont envoyé des chercheurs en Alaska sur un brise-glace pour cartographier leur plateau continental sous-marin.
Les Canadiens ont toujours eu tendance à considérer l'extrême nord de leur terre comme partie intégrante du pays. L'immense archipel gelé est même cité dans la version anglaise de l'hymne national: « The True North strong and free » (le Vrai Nord fort et libre). Jusqu'à quel point le Nord canadien appartient-il au Canada? À peu près tout le monde s'accorde pour dire que les nombreuses îles parsemées dans l'Arctique, au nord du Canada continental, appartiennent au Canada. Mais qu'en est-il des eaux territoriales entre les îles et le continent? Qui détient l'autorité sur les eaux qui s'étendent entre les îles Somerset et Devon et entre les îles Melville et Banks? Pour le gouvernement du Canada, il est évident que ces eaux sont canadiennes. Mais les États-Unis et certains autres pays, notamment la Russie, ne sont pas d'accord. Ils considèrent le passage du Nord-Ouest comme un détroit international où tout navire peut passer en toute liberté. Ils sont de plus en plus convaincus que les fonds marins de l'Arctique renferment des ressources qui doivent être partagées entre plusieurs pays du Nord. Qui a raison?
Selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, que le Canada a ratifiée en 2003, les pays côtiers ont le droit de contrôler l'accès à une bande littorale tout le long de leurs côtes. À part quelques exceptions, la largeur de cette bande est de 12 milles marins (22,2 km). Mais les voies navigables entre certaines îles du Nord canadien ont souvent plus de 96,6 km de large. Cela laisse beaucoup d'espace entre les bandes territoriales pour la circulation des navires étrangers. Même si le monde entier se met d'accord pour déclarer que les eaux de l'Arctique canadien appartiennent au Canada, un pays peut toujours perdre le droit à la souveraineté absolue sur les eaux contenant un « détroit servant à la navigation internationale ». Selon Donald McRae, professeur de droit à l'Université d'Ottawa, le Canada doit prouver deux choses pour faire accepter sa souveraineté sur les eaux de l'Arctique. « Il doit prouver que les eaux sont des eaux territoriales du Canada et que les eaux du passage du Nord-Ouest ne constituent pas un détroit international », a-t-il écrit en 1995 dans un article publié dans le Canadian Arctic Resources Committee. Le Canada déclare publiquement qu'il satisfait à ces deux conditions. Au fil des années, il a invoqué plusieurs motifs et précédents expliquant clairement pourquoi les eaux de l'Arctique devaient être entièrement considérées comme « internes ». Une décision de la Cour internationale de justice a établi en 1951 que la limite des 12 milles marins pouvait être augmentée dans certains cas. Les pays pourraient tracer une ligne de base au milieu des eaux territoriales parsemées de nombreuses îles et déclarer simplement que les eaux comprises entre cette ligne de base et le continent sont territoriales, même si elles s'étendent plus loin que la limite de 12 milles marins. La décision a été prise dans un cas concernant la Norvège, et certains observateurs lui trouvent des similitudes avec le problème géographique canadien. Territoire occupé
En ce qui concerne sa souveraineté sur l'Arctique, le Canada fait remarquer que les eaux séparant la plupart des îles de l'Arctique canadien sont gelées pratiquement toute l'année. Les Inuits y chassent et y passent beaucoup de temps pour leur travail. Ils vivent même sur la glace. Cela en fait une extension de la terre. Le Canada se targue également de posséder le lieu habité le plus au nord du monde, à Alert, une base militaire à la pointe nord de l'île d'Ellesmere. Alert constitue une présence majeure à plus de 700 km au nord de Grise Fiord, la ville inuite la plus proche (pour la situer : elle est à plus de 4300 km au nord de Toronto). Cependant, elle est tout de même à 817 km du pôle, et les Russes avancent de plus en plus sur ce front aussi. Depuis 1994, ils ont installé en permanence du personnel dans une base de recherche, la Station Barneo, au fin fond des glaces de l'Arctique, à seulement 60 km du pôle. Quant à considérer les eaux du passage du Nord-Ouest comme un détroit international régi par le droit maritime, une étude a indiqué que seuls 11 navires étrangers ont emprunté le passage du Nord-Ouest entre 1904 et 1984. Certains observateurs disent qu'il a échoué au test « d'usage », puisqu'il n'a pas servi à la navigation commerciale et internationale. Cependant, d'autres analystes disent que la cause de la souveraineté du Canada n'est pas solide et qu'elle peut être perdue si elle est portée devant les cours internationales. Le pire, selon les critiques, c'est que le Canada n'en a pas fait assez pour y proclamer son autorité ni pour la renforcer. Cela justifie la promesse électorale du gouvernement Harper de construire de nouveaux brise-glace pour l'Arctique et un nouveau port en eaux profondes dans un lieu qui reste à déterminer. Cependant, si les gouvernements canadiens successifs ont tous fait des promesses formelles, la plupart n'ont jamais été concrétisées. La souveraineté, à prendre ou à laisser
Pour ce qui est des États-Unis, Ottawa et Washington peuvent ne pas être d'accord sur le problème des eaux territoriales, mais il est rare que leurs conflits s'enveniment. Toutefois, quand le problème refait surface, il est très médiatisé. Quand les États-Unis ont envoyé le superpétrolier Manhattan emprunter le passage du Nord-Ouest en 1969, cela a soulevé l'indignation des environnementalistes. Le Canada a répondu par la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques, dans laquelle il faisait valoir le droit de contrôler la navigation dans les eaux s'étendant jusqu'à 161 km de la côte. Le gouvernement s'était manifestement alarmé de l'éventualité d'une catastrophe environnementale qui se produirait si un pétrolier déversait sa cargaison dans la zone sensible. Le plus grand défi à la souveraineté du Canada dans les eaux de l'Arctique a été lancé en 1985, quand les États-Unis ont envoyé le brise-glace Polar Sea emprunter le passage du Nord-Ouest sans en avertir le Canada et sans en demander la permission. La tension politique qui en a découlé a mené en 1988 à l'Accord sur la coopération dans l'Arctique entre les deux pays. Selon l'Accord, les États-Unis ne devaient plus envoyer de brise-glaces emprunter le passage du Nord-Ouest sans le consentement du Canada, et le Canada, de son côté, devait toujours donner son consentement. Toutefois, cet accord n'a pas résolu le problème qui consiste à savoir si les eaux arctiques canadiennes sont territoriales ou internationales. Bien que la plupart des différends sur la souveraineté de l'Arctique soient entre le Canada et les États-Unis, le Danemark s'est aussi engagé dans la mêlée. La marine danoise a récemment occupé l'île Hans, un rocher aride situé entre l'île Ellesmere et le Groenland et revendiqué par le Canada. Pour l'instant, tous les pays concernés sont en désaccord sur le statut de l'île Hans. Toutefois, ce différend semble être sans grande portée puisque ces terres sont enfermées dans les glaces pratiquement tout au long de l'année.
Questions clés
Deux questions demeurent à résoudre. La première porte sur la sécurité. Si les voies navigables de l'Arctique sont gelées une grande partie de l'année, les sous-marins militaires peuvent y passer à tout moment en plongeant sous les glaces. Selon certains rapports, beaucoup de pays y ont envoyé en secret leurs sous-marins. Actuellement, on ne peut procéder à une détection systématique des sous-marins qui y passent. Les critiques estiment que l'on a raison de se demander comment on peut revendiquer la souveraineté d'un territoire sans y patrouiller et sans le surveiller étroitement. La seconde porte sur le problème de la glace de l'Arctique, qui s'amincit à une vitesse alarmante. À cause du réchauffement climatique, on prédit que le passage du Nord-Ouest sera ouvert une grande partie de l'été dans à peine une quinzaine d'années. Selon les critiques, il se transformerait en un passage commercial, celui-là même que les explorateurs cherchaient au 15e siècle. Ils pensent également que le reste du monde aura les yeux encore plus braqués sur cette voie commerciale entre l'Asie et l'Europe. Cette voie aurait 5000 km de moins que celle qui passe par le canal de Panama. HyperliensSites externes :
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Retour russe, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique)
www.monde-diplomatique.fr/2008/09/HALIMI/16245 Retour russeLa question de la responsabilité du conflit dans le Caucase ne nous a pas tourmentés longtemps. Moins d’une semaine après l’attaque géorgienne, deux commentateurs français, spécialistes de tout, l’ont jugée « obsolète ». Un néoconservateur américain influent leur avait donné le la. Savoir qui a commencé « importe peu », trancha Robert Kagan car, « si Mikheïl Saakachvili n’était pas tombé dans le piège de Vladimir Poutine cette fois-ci, le conflit aurait été déclenché autrement (1) ». Une hypothèse en appelle une autre : si, le jour d’une cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, l’initiative d’une opération armée avait été le fait d’un autre que le jeune polyglotte Saakachvili, diplômé de la Columbia Law School de New York, les gouvernements occidentaux et leurs médias eussent-ils contenu leur indignation devant un acte aussi lourdement symbolique ? Mais, lorsque les bons et les mauvais rôles sont connus d’avance, l’histoire est plus facile à suivre. Les bons, comme la Géorgie, ont le devoir de préserver leur intégrité territoriale des manigances séparatistes ourdies par leurs voisins ; les méchants, comme la Serbie, devaient consentir à l’autodétermination de leur minorité albanophone (Kosovo) — et subir, en cas de refus, les bombardements de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Le conte moral est plus édifiant encore quand, pour défendre son territoire, le gentil président proaméricain rapatrie une fraction des soldats envoyés... envahir l’Irak. Le 16 août dernier, le président George W. Bush, justement, a invoqué avec gravité les « résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies » ainsi que « l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale » de la Géorgie dont « les frontières doivent bénéficier du même respect que celles des autres nations ». Seuls les Etats-Unis auraient par conséquent le droit d’agir unilatéralement quand ils estiment (ou prétendent) que leur sécurité est en cause. En réalité, la série d’événements obéit à une logique plus simple : Washington joue la Géorgie (et réciproquement) pour contrer la Russie ; Moscou joue l’Ossétie du Sud, mais aussi l’Abkhazie, pour « punir » la Géorgie. Dès 1992, deux rapports du Pentagone cherchaient à prévenir l’éventuelle résurgence d’une puissance russe alors en morceaux. Pour rendre permanente l’hégémonie américaine née de la victoire des Etats-Unis pendant la guerre du Golfe et de la dislocation du bloc soviétique, il importait, indiquaient ces rapports, de « convaincre d’éventuels rivaux qu’ils n’ont pas besoin d’aspirer à jouer un plus grand rôle ». Et, faute de les convaincre, Washington saurait les « dissuader ». Cible principale de ces prévenances ? La Russie, « unique puissance au monde qui puisse détruire les Etats-Unis (2) ». Peut-on alors reprocher aux dirigeants russes d’avoir vécu l’assistance occidentale aux « révolutions colorées » en Ukraine et en Géorgie, l’adhésion à l’OTAN d’anciens alliés du pacte de Varsovie et l’installation de missiles américains sur le sol polonais comme autant d’éléments de cette vieille stratégie visant à affaiblir leur pays, quel que soit son régime ? « La Russie est devenue une grande puissance, c’est ce qui inquiète », a d’ailleurs admis M. Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères (3). Architecte en 1980 de la très périlleuse stratégie afghane de Washington (soutenir militairement les islamistes pour vaincre les communistes...), M. Zbigniew Brzezinski a détaillé l’autre volet du dessein américain : « La Géorgie nous ouvre l’accès au pétrole et bientôt au gaz de l’Azerbaïdjan, de la mer Caspienne et de l’Asie centrale. Elle représente donc pour nous un atout stratégique majeur (4). » M.Brzezinski ne saurait être soupçonné de versatilité : même quand la Russie agonisait, au temps de Boris Eltsine, il voulait la chasser du Caucase et de l’Asie centrale pour garantir l’approvisionnement énergétique de l’Occident (5). Depuis, la Russie va mieux, les Etats-Unis moins bien, et le pétrole coûte plus cher. Victime des provocations de son président, la Géorgie vient de subir le choc de ces trois dynamiques. Serge Halimi.Armée, Conflits, Énergie, Nations unies (ONU), Relations internationales, Est-Ouest, Caucase, États-Unis, États-Unis (affaires extérieures), Géorgie, Irak, Russie (1) Respectivement Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann dans Libération du 14 août 2008, et Robert Kagan dans le Washington Post du 11 août 2008. (2) Cf. Paul-Marie de La Gorce, « Washington et la maîtrise du monde », Le Monde diplomatique, avril 1992. (3) Entretien au Journal du dimanche, Paris, 17 août 2008. (4) Bloomberg News, 12 août 2008, www.bloomberg.com (5) Zbigniew Brzezinski, Le Grand Echiquier, Bayard, Paris, 1997. Le tour de force de Dmitri Medvedev - Europe - Le Monde.fr
www.lemonde.fr/europe/article/2008/08/26/georgie-d...
Tout au long de la journée du mardi 26 août, le président russe, Dmitri Medvedev, a multiplié les interventions agressives pour prouver la détermination de son pays à faire valoir sa décision de reconnaître l'indépendance les deux provinces séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Le ton avait été donné dès la déclaration initiale, lancée depuis la station balnéaire de Sotchi, où Dmitri Medvedev se trouvait en compagnie de son premier ministre, Vladimir Poutine.
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Compte rendu
Les explications de Dmitri Medvedev
Verbatim
L'intervention du président russe
Dans un discours retransmis par la télévision, le président s'est montré extrêmement ferme, rejetant l'ensemble de la responsabilité de la situation actuelle sur le gouvernement géorgien : "Tbilissi a fait son choix dans la nuit du 7 au 8 août. [Le président géorgien Mikheïl] Saakachvili a choisi le génocide pour atteindre ses objectifs politiques. Il a ainsi lui-même fait une croix sur tous les espoirs de cohabitation pacifique des Ossètes, Abkhazes et Géorgiens dans un même Etat. Les peuples d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie se sont prononcés plusieurs fois, lors de référendums, pour l'indépendance de leur république." Autre signe de sa détermination, Dmitri Medvedev joignait instantanément la parole aux actes avec deux décrets qui chargeaient son ministère des affaires étrangères d'établir des relations diplomatiques avec les deux provinces et de préparer des traités de coopération et d'amitié. "Aux termes du décret que j'ai signé, notre pays participera naturellement à assurer la sécurité de ces deux Etats et s'ils sont attaqués, nous leur offrirons l'aide adéquate", prévenait-il sur CNN. SI LES EUROPÉENS "VEULENT UNE DÉGRADATION, ILS L'OBTIENDRONT" Face au tollé suscité par l'annonce de Moscou, le président Medvedev ne s'est pas démonté. "Nous n'avons peur de rien, y compris d'une guerre froide. Bien sûr, nous ne la voulons pas. Si les Occidentaux veulent conserver de bonnes relations avec la Russie, ils comprendront les raisons de notre décision", a-t-il fait savoir. De nouvelles réactions qui n'ont pas ébranlé davantage le président russe. Devant les critiques de l'OTAN, le gouvernement russe a décidé de suspendre sa coopération avec l'organisation transatlantique dans plusieurs domaines, et la visite du secrétaire général de l'OTAN en Russie, prévue pour octobre, a été reportée. Dmitri Medvedev, lui, a menacé à nouveau ses partenaires européens dans un entretien accordé à LCI : "S'ils veulent la dégradation de ces relations, ils l'obtiendront bien entendu. Mais s'ils veulent sauvegarder les relations stratégiques, ce qui est totalement dans l'intérêt à la fois de la Russie et de l'Europe, tout ira bien." Pour parachever sa journée, le président russe s'en est finalement pris aux Etats-Unis dans un entretien diffusé par la BBC : il y accuse l'administration américaine de livrer des armes à la Géorgie sous le couvert d'une mission humanitaire menée par un bâtiment de la marine américaine attendu dans le port de Poti, sur la mer Noire. La presse européenne décrypte le coup diplomatique de Moscou - Europe - Le Monde.fr
www.lemonde.fr/europe/article/2008/08/27/la-presse... La presse européenne décrypte le coup diplomatique de Moscou
LEMONDE.FR | 27.08.08 | 12h18 • Mis à jour le 27.08.08 | 13h02
C'est un pari risqué qu'a lancé le Kremlin en reconnaissant officiellement, mardi 26 août, l'indépendance et la souveraineté de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Le Guardian estime notamment qu'en portant atteinte à l'intégrité territoriale de la Géorgie, Moscou risque de saper sa propre souveraineté. "Il
y a des douzaines de causes séparatistes au nord des montagnes du
Caucase, pour qui la décision d'hier pourrait créer un précédent." Le Temps confirme que cette décision "risque
de créer une force centrifuge dangereuse capable d'alimenter les
revendications indépendantistes tchétchènes ou ingouches". Le quotidien genevois relève également que la reconnaissance de l'indépendance des deux républiques pourrait faire boule de neige dans les pays voisins de la Russie, également confrontés aux ambitions séparatistes de certaines provinces. "La crainte, désormais, c'est le sort de l'Ukraine (et de la Crimée).
Très divisée, elle pourrait être le prochain champ de bataille entre
l'Occident et la Russie", écrit Le Temps.
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Compte rendu
Les explications de Dmitri Medvedev
Les faits
Dmitri Medvedev défie les Occidentaux
Verbatim
L'intervention du président russe
La décision russe pourrait conduire à la "palestinisation" du Caucase, suggère l'éditorial du Moscow Times, qui craint que la région se retrouve partagée entre "un pays prospère et riche, bientôt intégré dans les instances internationales – la Géorgie –" et la "'Palestine géorgienne' – l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud". Dans une tribune au Financial Times, le président Medvedev se défend pourtant : "Toutes les conséquences [de notre décision] ont été mesurées à l'aune d'une sobre compréhension de la situation" dans la région, définie comme une "poudrière" que "les forces de maintien de la paix russes ont protégée de l'embrasement". Et d'invoquer le précédent du Kosovo : "En matière de relations internationales, on ne peut appliquer une règle aux uns et une différente aux autres", écrit-il. "Nous avons pourtant constamment expliqué qu'il serait impossible après la reconnaissance de la déclaration illégale d'indépendance du Kosovo de dire aux Abkhazes et aux Ossètes que ce qui était possible pour les Albanais du Kosovo ne l'était pas pour eux." El Pais estime dans son éditorial que Moscou pourrait sortir renforcé de ce coup de force diplomatique. "En soutenant l'émancipation de ces régions de la tutelle géorgienne, la Russie a invité d'autres pays à faire de même. Elle a ainsi ouvert un nouveau front ; des gouvernements opposés aux Etats-Unis et à l'Union européenne auront désormais quelque chose à offrir à la Russie en échange de son soutien et, éventuellement, de sa protection." Et surtout, souligne La Repubblica, "en prenant acte de l'indépendance [de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud], le Kremlin les rend totalement dépendantes de sa tutelle et autolégitime la présence de ses soldats comme gardiens de la paix". Le quotidien italien rappelle notament que le président de l'Ossétie du Sud a d'ores et déjà annoncé qu'une base permanente de l'armée russe serait construite sur le territoire sud-ossète. Mathilde Gérard Dmitri Medvedev : "la reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud est fondée sur le droit
www.lemonde.fr/europe/article/2008/08/27/la-reconn... Dmitri Medvedev : "la reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud est fondée sur le droit international"
LEMONDE.FR avec AFP | 27.08.08 | 10h10 • Mis à jour le 27.08.08 | 12h48
Le président russe, Dmitri Medvedev, a défendu la décision de Moscou de reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie dans une tribune, publiée mercredi 27 août, dans le Financial Times. M. Medvedev y estime que la reconnaissance de cette indépendance est "fondée sur le droit international" et s'est faite en "prenant en compte les souhaits exprimés librement par les peuples d'Ossétie et d'Abkhazie, sur la base des principes de la charte des Nations unies". "Toutes les conséquences [de notre décision] ont été mesurées à l'aune d'une sobre compréhension de la situation" dans la région, définie comme une "poudrière" que "les forces de maintien de la paix russes ont protégé de l'embrasement".
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Verbatim
L'intervention du président russe
La Russie pourrait avoir, après l'Ossétie du sud et l'Abkhazie géorgiennes, "d'autres objectifs" dont "la Crimée, l'Ukraine, la Moldavie", a déclaré sur Europe 1, mercredi 27 août, le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, en soulignant que "c'est très dangereux". La Crimée, dans le sud de l'Ukraine, était considérée comme un territoire russe jusqu'à ce que le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev le cède en 1954 à Kiev en geste de bonne volonté. Le ministre a souligné que "les conflits dans le Caucase sont des conflits extrêmement durs". "Pendant des siècles on s'est affronté", a-t-il dit, en soulignant qu'"en Ossétie il y avait 70 000 personnes séparées en deux clans, l'un pro-russe, l'autre pro-géorgien : cela fait 30 000 personnes de chaque côté". "Faut-il qu'il y ait une confrontation ? J'espère que non", a poursuivi M. Kouchner en estimant que "c'est la solution politique qui doit être préférée". (- avec AFP) Mardi, la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud s'est heurtée à un front des pays occidentaux qui, à l'instar de Tbilissi, ont condamné une violation "inacceptable" du droit international. Citant le précédent du Kosovo, M. Medvedev écrit qu'"en matière de relations internationales, on ne peut appliquer une règle aux uns et une différente aux autres". "En ignorant les mises en garde de la Russie, les pays occidentaux ont reconnu la déclaration illégale d'indépendance du Kosovo, poursuit-il. Nous avons pourtant constamment expliqué qu'il serait impossible par la suite de dire aux Abkhazes et aux Ossétes que ce qui était possible pour les Albanais du Kosovo ne l'était pas pour eux." Selon l'agence italienne Ansa, le président russe a adressé mardi une lettre d'explications sur la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud à plusieurs dirigeants occidentaux, dont George Bush, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berlusconi. La Repubblica en a publié le verbatim sur son site Internet. M. Medvedev y écrit notamment que "dans l'esprit de confiance réciproque de nos relations, je souhaite vous informer que la Fédération de Russie se trouve face à la nécessité de prendre la difficile décision – mais la seule possible dans ces conditions – de reconnaître l'indépendance et la souveraineté de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie". Le président russe poursuit en soulignant son "espoir" que les "six points de l'accord conclu à Moscou le 12 août demeurent en vigueur" et se dit prêt à faire "tout son possible" dans ce but, y compris "des actions coordonnées avec les observateurs de l'OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe]". Dmitri Medvedev conclut cette règle en se disant favorable à "un rôle accru de l'Union européenne dans ses efforts sous l'égide de l'OSCE". Dmitri Medvedev : "Les peuples d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie ont le droit de décider eux-mêmes de
www.lemonde.fr/europe/article/2008/08/26/dmitri-me... Dmitri Medvedev : "Les peuples d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie ont le droit de décider eux-mêmes de leur sort"
LEMONDE.FR avec AFP | 26.08.08 | 15h49 • Mis à jour le 26.08.08 | 18h29
"Chers citoyens de Russie ! Vous êtes au courant, sans aucun doute, de la tragédie en Ossétie du Sud. Le pilonnage en pleine nuit de Tskhinvali par les forces géorgiennes a provoqué la mort de centaines de nos civils. Des membres des forces russes de maintien de la paix ont péri en effectuant leur devoir pour protéger femmes, enfants et vieillards.
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Compte rendu
Les explications de Dmitri Medvedev
Les faits
Dmitri Medvedev défie les Occidentaux
La direction géorgienne, en violation des statuts de l'ONU, de ses propres engagements dans les accords internationaux, a déclenché – contre toute raison – un conflit armé, dont les victimes ont été les civils. Le même sort attendait l'Abkhazie. Il est évident que Tbilissi comptait sur une guerre éclair pour mettre la communauté internationale devant le fait accompli. Le moyen le plus inhumain d'atteindre ce but a été choisi, celui d'annexer l'Ossétie du Sud au prix de l'humiliation de tout un peuple. Ce n'était pas la première tentative. En 1991, le président de la Géorgie [Zviad] Gamsakhourdia avait ordonné l'assaut de Soukhoumi et Tskhinvali sous le mot d'ordre "la Géorgie aux Géorgiens". Réfléchissez juste à ces mots. Des milliers de morts, des dizaines de milliers de réfugiés, des villages saccagés, voilà à quoi tout cela mena. La Russie précisément stoppa alors l'extermination des peuples abkhaze et ossète. Notre pays devint un médiateur, une force de paix, visant à un règlement politique, tout en respectant l'intégrité territoriale de la Géorgie. La direction géorgienne a choisi une autre voie. Sabotage des négociations, ignorance des accords acquis, provocations politiques et militaires, agressions contres les forces de maintien de la paix, tout cela a brutalement violé le régime établi dans la zone de conflit avec le soutien de l'ONU et de l'OSCE. La Russie a fait preuve de retenue et de patience. Nous avons plusieurs fois appelé à revenir à la table des pourparlers et n'avons pas trahi notre position même après la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo. Mais nos proposition insistantes adressées à la partie géorgienne, pour conclure, avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, un accord sur le non-recours à la force sont restées sans réponse. Malheureusement, l'OTAN et l'ONU en ont également fait fi. Il est aujourd'hui évident : une solution pacifique du conflit n'était pas dans les intentions de Tbilissi. La direction géorgienne se préparait à la guerre et le soutien politique et matériel de protecteurs extérieurs n'a fait que renforcer la conviction de son impunité. Tbilissi a fait son choix dans la nuit du 7 au 8 août. [Le président géorgien Mikheïl] Saakachvili a choisi le génocide pour atteindre ses objectifs politiques. Il a ainsi lui-même fait une croix sur tous les espoirs de cohabitation pacifique des Ossètes, Abkhazes et Géorgiens dans un même Etat. Les peuples d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie se sont prononcés plusieurs fois, lors de référendums, pour l'indépendance de leurs républiques. Nous comprenons qu'après ce qui s'est passé à Tskhinvali et ce qui était planifié en Abkhazie, ils ont le droit de décider eux-mêmes de leur sort. Les présidents de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, en se basant sur les résultats de leurs référendums et les résolutions de leurs Parlements, se sont adressés à la Russie en lui demandant de reconnaître la souveraineté étatique de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Le Conseil de la fédération et la Douma ont voté en faveur de ces demandes. Dans cette situation il est indispensable de prendre une décision. Vu la volonté des peuples ossète et abkhaze, et en me basant sur les statuts de l'ONU, les déclarations de 1970 sur les principes du droit international relatifs aux relations d'amitié entre Etats, l'Acte final d'Helsinki de l'OSCE de 1975 et sur d'autres textes fondamentaux, j'ai signé les décrets sur la reconnaissance par la Fédération de Russie de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. La Russie appelle les autres Etats à suivre son exemple. Ce n'est pas un choix facile mais c'est l'unique option pour préserver les vies des gens." Guerre dans le Caucase : Moscou reconnaît les provinces rebelles | International | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... Moscou reconnaît les provinces rebellesMise à jour le mardi 26 août 2008 à 18 h 03
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Le bras de fer qui se joue entre la Russie et l'Occident vient de prendre un tournant majeur mardi. Le président russe Dimitri Medvedev a annoncé, au terme d'une réunion de son Conseil de sécurité, que son gouvernement reconnaissait l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. « J'ai signé les décrets sur la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie », a affirmé le président Medvedev dans un discours télévisé. La Russie appelle les autres États à suivre son exemple. Ce n'est pas un choix facile, mais c'est l'unique option pour préserver les vies des gens. — Le président russe, Dimitri Medvedev
Pour Dimitri Medvedev, « Tbilissi a fait son choix dans la nuit du 7 au 8 août [en lançant une offensive militaire contre l'Ossétie du Sud]. Saakashvili a choisi le génocide pour atteindre ses objectifs politiques ». Le Kremlin a aussitôt demandé à sa diplomatie d'ouvrir des représentations russes dans les capitales ossètes et abkhazes. Les présidents des deux régions, l'Ossète Edouard Kokoïty et l'Abkhaze Sergueï Bagapch, ont tous les deux qualifié la reconnaissance russe de « jour historique », Edouard Kokoïty allant même jusqu'à prétendre que la Russie a sauvé son peuple d'un génocide. D'ailleurs, le président Kokoïty a indiqué qu'il avait l'intention de permettre aux forces militaires russes d'installer une base permanente sur le territoire ossète. Condamnations dans le monde La reconnaissance russe, qui ouvre littéralement la voie à la partition du territoire géorgien, a aussitôt suscité un concert de réactions, à commencer par la France, à l'origine de la plus récente initiative de paix dans la région, et de la Géorgie. Pour Paris, la décision du président Medvedev est « regrettable », alors que Tbilissi, lui, parle d'une « annexion flagrante ». Londres, pour sa part, affirme rejeter « catégoriquement » la reconnaissance russe et en profite pour réaffirmer « la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie ». Et les États-Unis, à l'origine de la poussée vers l'est de l'OTAN et principal allié du gouvernement géorgien de Mikheil Saakashvili, ont, à l'instar de Paris, trouvé « regrettable » la décision russe. Lire les différentes réactions. Bras de fer stratégique C'est une véritable partie de realpolitik que joue dans cette région la Russie, et ce, depuis le début des années 90, à l'époque où l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud se déclaraient unilatéralement indépendantes du jeune État géorgien. Moscou a toujours appuyé en sous-main les initiatives séparatistes ossètes et abkhazes, vues par les stratèges du Kremlin comme une façon d'assurer à la Russie un maximum d'emprise sur une région dont l'importance géostratégique est indéniable. Toutefois, plusieurs observateurs doutaient de la volonté réelle du pouvoir central russe de reconnaître officiellement l'indépendance des deux régions séparatistes, de crainte, expliquaient-ils, d'inspirer des mouvements séparatistes à l'intérieur même des frontières russes. Il semblerait cependant que Moscou a été pressé de faire monter les enchères dans le Caucase, six mois après la reconnaissance officielle du Kosovo par l'Occident, contre l'avis de la Russie, et alors que l'OTAN est en pleine offensive expansionniste dans l'ancien pré carré soviétique.
L'OTAN inquiète Moscou Et le ton continue de monter entre Moscou, Washington et Bruxelles au sujet du conflit caucasien et des prétentions de l'OTAN à s'étendre sur ce qui était naguère le coeur de la zone d'influence russe. Ainsi, le gouvernement russe a annoncé, mardi, qu'il suspendait sa coopération avec l'OTAN dans toute une série de domaines et qu'une visite à Moscou du secrétaire général de l'Alliance, prévue en octobre prochain, avait été annulée. Lundi, le président Medvedev, toujours défiant face à l'OTAN, recevait le président moldave Vladimir Voronine pour discuter du statut d'une autre région séparatiste, la Transnistrie. Dimitri Medvedev et son homologue moldave ont tous deux estimé qu'il était temps de « régler définitivement » une crise qui fait écho à celle qui a enflammé le Caucase du Sud, voilà deux semaines. La Transnistrie, en effet, est le théâtre, depuis le début des années 90, d'un conflit entre le pouvoir central moldave, roumanophone, et la majorité russophone de la région. En décembre 1991, la population de Transnistrie se prononce pour l'indépendance pure et simple du territoire, déclenchant, quelques mois plus tard, un bref et violent conflit qui a fait plusieurs centaines de morts. Les forces russes, présentes dans la région depuis la désintégration de l'URSS, interviennent alors en faveur des milices séparatistes et forcent le pouvoir moldave à respecter, sans la reconnaître, une indépendance de facto du territoire transniestre. Une progression à freiner Moscou, qui tente depuis plusieurs mois de faire barrage aux volontés expansionnistes de l'OTAN, serait aujourd'hui prêt à « convaincre » les autorités de Transnistrie de réintégrer le giron moldave en échange d'une large autonomie. La Moldavie devrait, pour sa part, s'engager à refuser les appels de l'OTAN et déclarer sa neutralité permanente. L'initiative russe en Transnistrie, comme le souligne la collaboratrice du Monde à Moscou, Nathalie Nougayrède, semble s'inscrire dans la création d'une véritable « zone neutralisée dans l'espace européen, passant par Kaliningrad, la Biélorussie, la Moldavie, jusqu'au Caucase ». En effet, les dernières initiatives de Moscou dans les pourtours de son ancien empire donnent l'impression que le président Medvedev cherche à protéger le territoire russe d'un contact trop rapproché avec l'OTAN. Et en traçant un axe de l'enclave russe de Kaliningrad, à l'ouest, jusque dans le Caucase, à l'est, la Russie s'assure de la mainmise sur les principales routes énergétiques de la région tout en bloquant les tentatives des États-Unis d'asseoir leur puissance sur une des régions les plus stratégiques du globe. Les États-Unis, d'ailleurs, n'en resteront sûrement pas là, comme en fait foi le voyage prévu la semaine prochaine du vice-président américain Dick Cheney en Géorgie, en Ukraine et en Azerbaïdjan. La Maison-Blanche a expliqué, lundi, que « le président Bush a demandé au vice-président d'aller en Azerbaïdjan, en Géorgie, en Ukraine et en Italie pour des discussions avec des partenaires clefs sur nos intérêts réciproques ».
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters Guerre dans le Caucase : Un concert de condamnations | International | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... Un concert de condamnationsMise à jour le mardi 26 août 2008 à 13 h 37
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L'Occident a réagi avec vigueur, mardi, à l'annonce par la présidence russe de la reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Morceaux choisis... La présidence française de l'Union européenne condamne fermement cette décision [...] contraire aux principes d'indépendance, de souveraineté et d'intégrité territoriale de la Géorgie, reconnus par la charte des Nations unies, l'Acte final de la conférence sur la sécurité et la coopération en Europe et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité' de l'ONU. [...] Dans ce contexte, la présidence du Conseil de l'Union rappelle avec force son attachement au principe d'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues. L'Union appelle de ses voeux une solution politique des conflits en Géorgie et examinera de ce point de vue les conséquences de la décision de la Russie. — La présidence française de l'Union européenne La décision de Moscou est extrêmement malheureuse, mais étant donné que les États-Unis sont membre permanent du Conseil de sécurité, [la reconnaissance] sera morte en arrivant au Conseil de sécurité. — La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice Il s'agit d'une violation directe de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'intégrité territoriale de la Géorgie, résolutions que la Russie elle-même a adoptées. Les actions entreprises ces dernières semaines par la Russie remettent en question l'engagement de la Russie en faveur de la paix et de la stabilité dans le Caucase. — Le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer C'est absolument inacceptable et cela complique fortement les efforts diplomatiques déployés pour sortir de la crise. C'est contraire à ma conception du principe d'intégrité territoriale. — La chancelière allemande Angela Merkel L'annonce aujourd'hui par le président [russe Dmitri] Medvedev que la Russie reconnaît l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud est injustifiable et inacceptable. J'ai aujourd'hui des discussions avec des partenaires internationaux et me rendrai demain en Ukraine pour garantir la coalition la plus large possible contre une agression russe en Géorgie. — Le chef de la diplomatie britannique David Miliband La Russie ne peut pas tout avoir. Par le passé, la Russie a fermement soutenu le principe de l'intégrité territoriale. L'ultime victime de cette décision est la crédibilité internationale de la Fédération de Russie. Les Russes ne peuvent pas invoquer le droit international seulement quand ils en ont envie. — Le secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters Conflit dans le Caucase : Revue de la presse européenne | International | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... International Conflit dans le Caucase Revue de la presse européenneMise à jour le mercredi 27 août 2008 à 7 h 33
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Les grands quotidiens russes et européens consacraient beaucoup de place, mercredi, à la décision du président russe Dimitri Medvedev, la veille, de reconnaître l'indépendance des républiques autoproclamées d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Ainsi, à Moscou, le quotidien nationaliste Pravda soutient mercredi matin que la décision du Kremlin était « inévitable » et que « cela n'est en rien une surprise ». Les autres grands quotidiens russes, eux, constatent que les enjeux sont particulièrement élevés pour une Russie qui semble prête, selon ce qu'en dit le journal libéral Kommersant, « à un conflit avec l'Occident ». Pour le Kommersant, les reconnaissances ossète et abkhaze ne sont ni plus ni moins que l'événement le plus important depuis le 11 septembre 2001 puisque cette décision du président Medvedev change la donne mondiale. Même son de cloche du côté du quotidien économique Vedomosti pour qui la reconnaissance de mardi est « une bombe placée sous les relations Russie-Occident ». Les éditorialistes du Vedomosti craignent, par contre, que « le choix de la stratégie de confrontation avec le monde extérieur ne provoque l'arrêt de toutes les réformes à l'intérieur du pays, aussi d'actualité qu'elles soient ». Le Vremia Novosteï, à l'instar du quotidien officiel Rossïïskaïa Gazeta, redoute l'isolement possible de la Russie si aucun autre pays ne se joint à Moscou pour reconnaître rapidement l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. À l'extérieur de la Russie, la presse européenne appelle les dirigeants occidentaux à faire preuve de fermeté dans une épreuve de force initiée par le président Medvedev et qui a, selon le journal britannique de gauche The Guardian, fait s'effondrer comme un château de cartes les relations entre l'Ouest et le Kremlin. Le journal français Libération partage sensiblement la même opinion en estimant que la décision de Moscou rend caduc le plan de paix présenté voilà quelques jours par le président français Nicolas Sarkozy. Pour Libération, tout comme le quotidien espagnol El Mundo, il faut désormais que les leaders occidentaux condamnent fermement le geste de Moscou et réfléchissent à l'avenir de leurs relations avec la Russie. Géorgie : Moscou se donne 72 heures | International | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... Moscou se donne 72 heuresMise à jour le mardi 19 août 2008 à 14 h 26
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Le président russe Dimitri Medvedev a déclaré mardi au président français Nicolas Sarkozy que les troupes russes allaient se replier, dans une large majorité, sur leurs positions antérieures au conflit d'ici le 22 août. Selon un communiqué de la présidence française, le président Medvedev a annoncé à son homologue que « le retrait des troupes russes sera achevé les 21 et 22 août, à l'exception d'un effectif de 500 personnes chargées de la mise en oeuvre des mesures additionnelles de sécurité prévues par l'article 5 de l'accord du 12 août ». L'article 5 du plan de paix de l'Union européenne, que préside la France, prévoit que les troupes russes se replieront sur « les lignes antérieures au déclenchement des hostilités », le 8 août dernier. Plusieurs sources ont toutefois rapporté qu'un passage de cet article qui n'a pas été rendu public autorise la Russie à prendre des « mesures supplémentaires de sécurité » autour de l'Ossétie du Sud. Les détails de ces « mesures » n'ont toutefois pas été révélés. Selon le communiqué de l'Élysée, Dimitri Medvedev a aussi confirmé au président Sarkozy qu'il est d'accord pour la présence d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), « qui coopèreront avec les patrouilles dans la zone de sécurité temporaire ». L'OSCE avait annoncé un peu plus tôt que la Géorgie a donné son accord pour le déploiement d'observateurs, comme l'avait fait la Russie précédemment. Une vingtaine d'observateurs doivent se rendre « immédiatement » sur le terrain pour s'assurer du respect du cessez-le-feu. L'OTAN attentiste Les informations au sujet de cette conversation entre MM. Medvedev et Sarkozy ont été dévoilées quelques heures après une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTAN, mardi, à Bruxelles. Au terme de cette réunion d'urgence, convoquée par les États-Unis, l'OTAN n'avait toutefois annoncé aucune sanction précise contre la Russie. «On fait ce qu'on veut»
AFP
Mots clés : Forces armées, Violence, Russie (pays), Georgie (pays) Des chars russes forcent un barrage géorgien Igoïeti -- Des chars russes ont forcé hier un barrage de police géorgien à Igoïeti, une localité située à 30 kilomètres de la capitale de la Géorgie, Tbilissi, a appris l'AFP auprès de la police locale.Selon un agent des forces de l'ordre s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, quatre chars et quatre transports de troupes blindés ont refusé de s'arrêter à un barrage composé de voitures de police qui bloquaient la route. Une voiture a été détruite, ont constaté des journalistes de l'AFP. L'incident, qui a eu lieu vers 17h30, a été montré à la chaîne de télévision Roustavi. «Les chars russes ont détruit les voitures de police géorgiennes lorsque la police leur a demandé ce qu'ils faisaient si loin en territoire géorgien», a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Chota Outiachvili. «Les soldats russes ont répondu: "On fait ce qu'on veut"», a-t-il ajouté. L'état-major russe a assuré que le retrait de ses forces de la Géorgie, conformément à l'accord d'arrêt des hostilités, avait débuté. Tbilissi accuse Moscou de maintenir ses troupes en territoire géorgien. Aucun signe de retrait russe
Mise à jour le mardi 19 août 2008 à 9 h 15
L'armée russe continue d'occuper une bonne partie du nord de la Géorgie, mardi, et ne donne toujours aucun signe de retrait, tel que Moscou s'y est engagé en vertu d'un accord de cessez-le-feu parrainé par l'Union européenne. Malgré les assurances données par les politiciens et les dirigeants russes, les journalistes déployés sur le terrain s'entendent sur le fait que l'armée russe ne bouge guère. Certains parlent même d'un renforcement des positions russes en Géorgie. Un journaliste de Reuters qui surveillait le poste-frontière du tunnel de Roki, seul point de passage militaire entre les deux pays, dit n'avoir vu que des camions chargés de matériel et des ambulances entrer en Géorgie. Un autre correspondant de l'agence qui a parcouru la route reliant la capitale ossète du sud Tskhinvali au tunnel de Roki dit aussi n'avoir vu aucun véhicule militaire russe. Un journaliste de l'AFP rapporte pour sa part que les militaires russes semblaient renforcer leurs positions à Gori, mardi, en posant des blocs de béton autour des points de contrôle. Gori est une ville hautement stratégique, puisqu'elle relie l'ouest et l'est de la Géorgie. La présence russe coupe effectivement le pays en deux. Un geste de détente entre belligérants a néanmoins été accompli mardi matin sur un pont d'Igoïeti, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale géorgienne, Tbilissi: 15 prisonniers géorgiens ont été échangés contre 5 prisonniers russes.
À la recherche d'une position commune Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTAN sont entre-temps réunis à Bruxelles pour une réunion d'urgence convoquée par le gouvernement américain. L'objectif sera de réaffirmer une forme de soutien à la Géorgie, qui souhaite adhérer à l'alliance militaire, mais la forme que prendra ce soutien est incertaine. Les ministres lanceront vraisemblablement un appel au respect du cessez-le-feu et pourraient profiter de l'occasion pour réitérer leur volonté d'intégrer la Géorgie dans leurs rangs, sans donner de date précise, comme il avait été convenu au terme du dernier sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN, ce printemps. Il s'agirait toutefois là d'intentions déjà déclarées. Les États-Unis, alliés des Géorgiens, veulent adopter une ligne dure envers Moscou. Une source diplomatique a déclaré lundi que Washington souhaitait au minimum une suspension des relations ministérielles entre l'OTAN et la Russie. D'autres pays européens, comme la France et l'Allemagne, semblent moins enclins à couper les ponts avec la Russie. Les deux pays sont dépendants de la Russie pour leur approvisionnement en gaz, ce qui rend leurs relations avec Moscou délicates. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Reuters, BBC et The Guardian Le monde attend le retrait des troupes russes de Géorgie http://qc.news.yahoo.com/s/afp/080818/monde/russie_g__orgie_conflit_prev
18 aout 11h10 34 minutes POINT DE CONTROLE RUSSE PRES DE GORI (AFP) - Le monde attendait lundi des preuves du retrait des forces russes de Géorgie que Moscou dit avoir entamé comme promis, alors que Tbilissi assure que ces troupes avancent encore sur son territoire.
"Six véhicules blindés russes se dirigent de Khachouri vers Satchkheré et six autres vers Borjomi", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Chota Outiachvili. Satchkheré est à environ cinquante kilomètres au nord de Khachouri (centre), tandis que Borjomi est à 25 kilomètres au sud-ouest de cette ville. Le reste des troupes russes, dont on ne connaît toujours pas le nombre, semblaient camper tranquillement sur leurs positions, malgré la promesse du président russe Dmitri Medvedev d'entamer le retrait "lundi en milieu de journée". "Conformément au plan de paix, le retrait des forces russes de maintien de la paix a commencé aujourd'hui", a déclaré le chef-adjoint d'état-major Anatoli Nogovitsyne, lors d'une conférence de presse transmise à la télévision. Le patron du Kremlin a lui lancé lundi une violente tirade après que l'Occident eut haussé le ton dimanche pour que Moscou cesse sa présence militaire en Géorgie, conformément à l'accord d'arrêt des hostilités. Il a menacé d'une "riposte foudroyante" toute attaque contre ses citoyens et ses soldats, réclamant le "respect" des valeurs et de l'Etat russe, assurant toutefois ne pas souhaiter une "aggravation de la situation internationale". Les soldats russes contrôlaient toujours lundi le principal accès à la ville géorgienne de Gori, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale, Tbilissi. Les troupes étaient aussi positionnées sur des postes de contrôle le long de la route reliant cette ville stratégique reliant l'est et l'ouest géorgien, s'approchant à quelque 30 kilomètres de Tbilissi. Un cameraman de l'AFP a lui vu une trentaine de blindés et de chars ainsi qu'une centaine de soldats postés sur un croisement d'une route reliant Senaki, Zougdidi et le port de Poti, dans l'ouest géorgien. A Zaramag, à la frontière entre la Russie et la région séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud, des camions militaires et d'aide humanitaire se croisaient dans les deux sens. Les troupes russes ne semblaient opérer aucun retrait massif. A Tbilissi, le président géorgien, Mikheïl Saakachvili a pour la première fois appelé à des négociations avec la Russie. Auparavant, a-t-il toutefois prévenu, "nous exigeons le retrait sans délai des forces d'occupation. Ensuite, commençons à réfléchir, à négocier sur la manière d'éviter un divorce définitif entre nos deux pays". "La Géorgie ne se rendra jamais, ne tolérera jamais la perte de la plus petite parcelle de son territoire", a insisté M. Saakachvili dans un discours à la télévision. Les Occidentaux ont de leur côté accentué la pression sur Moscou pour que les troupes russes quittent rapidement la Géorgie. Le président français, Nicolas Sarkozy, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, a appelé à un retrait "sans délai" de "toutes les forces russes" entrées en Géorgie depuis le 7 août, affirmant que ce point n'était "pas négociable", dans une tribune lundi dans Le Figaro. Et il a mis en garde la Russie qu'il convoquerait un Conseil européen extraordinaire pour "décider des conséquences à en tirer" si Moscou ne respectait pas ses engagements. La chancelière allemande, Angela Merkel, avait réitéré ses appels au retrait des troupes russes lors d'une visite dimanche à Tbilissi, une exigence répétée lundi par un porte-parole de son gouvernement. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a exprimé l'espoir que le Kremlin allait "cette fois-ci tenir sa promesse" et retirer ses troupes lundi. Dimanche soir, le président de la république ossète, Edouard Kokoïty, a proclamé l'état d'urgence et limogé son gouvernement auquel il a reproché notamment des lenteurs dans la distribution de l'aide humanitaire. Par ailleurs, la Russie et la Géorgie négociaient lundi l'échange de 14 soldats géorgiens détenus en Ossétie du Sud contre cinq Russes capturés par Tbilissi, selon un porte-parole militaire russe à Tskhinvali, la capitale sud-ossète. L'état-major de l'armée russe a par ailleurs démenti des informations de la presse américaine et du Pentagone sur le déploiement de plusieurs rampes de lancement de missiles tactiques SS-21 en Ossétie du Sud, mettant la capitale géorgienne Tbilissi à portée de tirs. "Ces missiles balistiques, capables d'atteindre des cibles importantes situées à 105 km, sont en service dans les forces terrestres russes. Mais il n'y a aucune nécessité de les utiliser dans cette situation", a déclaré le chef-adjoint d'état-major Anatoli Nogovitsyne, interrogé sur ces informations, lors d'une conférence de presse. Aux Nations unies, les consultations prévues au Conseil de Sécurité sur un projet révisé de résolution sur le statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie (autre territoire séparatiste géorgien pro-russe) étaient en panne, selon un porte-parole de l'Onu. Enfin, le conseil permanent de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) se réunissait lundi après-midi à Vienne pour donner son feu vert à l'envoi d'une centaine d'observateurs supplémentaires en Géorgie. Toujours pas de retraitMise à jour le lundi 18 août 2008 à 8 h 33
Les observateurs étrangers et les Géorgiens attendent toujours avec impatience un retrait effectif des milliers de soldats russes qui occupent militairement la Géorgie. À mi-journée lundi, aucun mouvement de retrait n'était observé dans le secteur de Gori, au centre du pays, ainsi que dans les régions sécessionnistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Semant encore plus la confusion, le chef adjoint d'état-major russe Anatoli Nogovitsyne a soutenu, lors d'une allocution télédiffusée lundi, que « conformément au plan de paix le retrait des forces russes de maintien de la paix a commencé aujourd'hui ». Dimanche, le président russe Dimitri Medvedev confirmait sa décision d'ordonner le retrait lors d'une conversation téléphonique avec son homologue français Nicolas Sarkozy. Le président français avait d'ailleurs mis en garde son homologue russe contre « les graves conséquences » qu'une non-exécution de l'accord de cessez-le-feu aurait sur les relations entre la Russie et l'Union européenne. La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a dit espérer que le président Medvedev tiendrait sa promesse. De toute manière, a ajouté Mme Rice, le mal est fait. « Toute notion que la Russie est un État responsable, prêt à intégrer les institutions internationales, politiques, diplomatiques et économiques, que la Russie est un pays différent [...], cette réputation est en lambeaux », a déclaré Mme Rice. « La Russie paiera un prix », a ajouté Mme Rice. L'Occident met de la pression La secrétaire d'État a donné comme exemple l'accord donné jeudi dernier par la Pologne pour l'installation du bouclier antimissile américain, alors que les négociations étaient auparavant au point mort. « Et si les Russes ont agi ainsi pour intimider, ils n'ont rien fait d'autre que de renforcer la détermination de leurs voisins plus petits », a dit Condoleezza Rice. Enfin, la chancelière allemande Angela Merkel, qui défend fermement l'intégrité territoriale de la Géorgie, est arrivée dimanche à Tbilissi pour des entretiens avec le président géorgien. Ses propos en conférence de presse n'avaient toutefois rien pour plaire à la Russie. « La Géorgie sera membre de l'OTAN, si elle le veut, et c'est ce qu'elle veut », a déclaré Mme Merkel. Moscou s'oppose depuis longtemps à tout élargissement de l'OTAN qui le mènerait à ses frontières. En avril dernier, les dirigeants de l'OTAN avaient promis à la Géorgie et à l'Ukraine de les accueillir dans leurs rangs, mais à plus long terme. Les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN se réuniront mardi, tandis que les pays de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) le feront dès lundi, pour discuter du déploiement d'une centaine d'observateurs supplémentaires. À l'ONU, le Conseil de sécurité doit débattre d'un projet révisé de résolution sur le statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Par ailleurs, selon l'AFP, le chef du gouvernement non reconnu d'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty, a proclamé l'état d'urgence, dimanche soir, tout en limogeant les membres de son administration pour n'avoir pas su distribuer efficacement l'aide humanitaire. Des déplacés par milliers Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé dimanche que le nombre de personnes déplacées par le conflit en Géorgie atteignait maintenant 158 600. Du nombre, 98 600 ont été chassés de leur domicile en Géorgie, 30 000 en Ossétie du Sud et 30 000 en Russie. Un convoi du Programme alimentaire mondial a pu finalement entrer à Gori, une ville stratégique géorgienne près de la frontière de l'Ossétie du Sud que les forces russes ont prise lundi dernier. Le HCR a également livré de l'aide non alimentaire à 1500 personnes. L'équipe du HCR a constaté que la ville était pratiquement déserte et qu'elle avait été la proie de pilleurs. Le HCR a souligné que la situation en matière de sécurité était « aléatoire et imprévisible ». Quelque 15 000 déplacés dans l'Ouest géorgien sont toujours coupés du reste du pays, rapporte l'organisme onusien. Un pont ferroviaire important, situé à Kaspi, à 45 kilomètres de la capitale Tbilissi, a été détruit par une explosion, samedi, dont le premier ministre géorgien a attribué la responsabilité aux forces russes. Le HCR estime qu'il faudra livrer l'aide humanitaire par avions dans l'ouest de la Géorgie. Le Haut-Commissariat entend fournir des articles non alimentaires dès lundi à la ville de Batoumi, sur la rive de la mer Noire. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, Presse canadienne et Réunion mardi à l'OTAN sur les relations avec la RussieBRUXELLES - Les Etats-Unis ont convoqué pour mardi une réunion d'urgence des chefs de la diplomatie des pays de l'OTAN à Bruxelles, afin de se pencher sur la crise née de l'intervention militaire russe en Géorgie.
L'Alliance devrait étudier les activités prévues avec la Russie, manoeuvres militaires conjointes et réunions ministérielles, et décider au cas par cas de leur maintien ou de leur annulation. Les ministres aborderont également leur soutien au projet de déploiement par l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) d'une mission internationale d'observation de la trêve dans la région, et de l'aide à la reconstruction en Géorgie. Washington a en revanche démenti les affirmations de l'ambassadeur de Moscou auprès de l'OTAN Dimitri Rogozine, selon lequel l'Alliance envisagerait de dissoudre le Conseil OTAN-Russie, organe consultatif mis sur pied en 2002 pour améliorer les relations entre les anciens ennemis de la Guerre froide. Nous ne voulons pas détruire le Conseil OTAN-Russie, mais les actions de la Russie ont remis en question les relations entre les deux parties", a déclaré l'ambassadeur des Etats-Unis Kurt Volker à l'approche du rendez-vous. Moscou et Tbilissi s'opposent sur la réalité du retrait russeLEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 18.08.08 | 13h47 • Mis à jour le 18.08.08 | 14h52
Attendu dans la journée de lundi 18 août, conformément aux engagements pris dimanche par Dmitri Medvedev, le départ de l'armée russe du territoire géorgien tardait, à la mi-journée, à se faire sentir. Après avoir indiqué dans la matinée ne distinguer "aucun signe" d'un tel retrait, Tbilissi a assuré que les troupes russes poursuivaient au contraire leur progression en territoire géorgien. Selon le ministère de l'intérieur géorgien, "six véhicules blindés russes se dirigent de Khachouri vers Satchkere et six autres vers Borjomi", soit le chemin inverse de celui devant les ramener à leurs positions de départs en Ossétie du Sud. Les observateurs sur place ne constataient, eux, aucun mouvement des forces russes. Selon un journaliste de l'AFP, une quarantaine de blindés russes étaient garés à la frontière, lundi à la mi-journée, sans qu'il soit possible de savoir s'ils faisaient route dans un sens ou dans l'autre, ou s'ils étaient postés là pour sécuriser la frontière. Guerre dans le Caucase : Cessez-le-feu fragile | International | Radio-Canada.ca
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Guerre dans le Caucase : Moscou et Tbilissi s'entendent | International | Radio-Canada.ca
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Guerre dans le Caucase : Géopolitique du pétrole | Économie et affaires | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/20... Géopolitique du pétroleMise à jour le mardi 12 août 2008 à 12 h 28
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Après quelques jours de combats dans le Caucase, les prix du baril de pétrole brut sont repartis à la hausse, mardi, sur le marché new-yorkais, avant de se replier en fin de journée. Mardi matin, l'annonce d'une attaque des forces aériennes russes sur l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) n'avait pas provoqué de réaction sur les prix du pétrole. Dans les échanges électroniques, le baril touchait 110 $US à New York, soit le prix le plus bas depuis la fin du mois d'avril. « Les Russes ont bombardé l'oléoduc BTC au sud de la ville de Roustavi », a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité de Géorgie, Alexandre Lomaïa, tout en ignorant si la structure avait été endommagée. Des accusations rejetées par le commandement russe. Quant à la pétrolière BP, qui exploite l'oléoduc, elle affirme qu'elle n'a pas été informée d'une quelconque attaque contre l'oléoduc. Mais peu de temps après, le groupe pétrolier BP a annoncé la fermeture par précaution d'un oléoduc et d'un gazoduc dans le Caucase en raison du conflit armé entre la Géorgie et la Russie. Après un bref sursaut, le baril de brut a finalement perdu 1,44 $US pour terminer la journée à 113,01 $US à New York. Un conflit qui carbure au pétrole « Notre région n'est plus une impasse, elle gagne en importance et surtout, en indépendance », estimait, en 2006, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili au moment de l'inauguration de la fin des travaux sur le tronçon géorgien du gigantesque pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan.
Deux ans plus tard, cette déclaration doit avoir un arrière-goût bien amer pour le président Saakachvili qui voit maintenant les blindés russes menacer sa capitale. Il soutenait, à propos de ce même pipeline, qu' « il s'agit de bien plus que de gaz et de pétrole ». Le conflit qui déchire actuellement le sud du Caucase illustre en effet à quel point les grandes puissances peuvent s'entredéchirer pour sécuriser leurs approvisionnements énergétiques. Pour bien des analystes, l'invasion russe de la Géorgie, officiellement initiée pour venir en aide aux quelques dizaines de milliers d'habitants de deux petites régions séparatistes, n'est ni plus ni moins qu'une tentative par Moscou de préserver sa chasse gardée énergétique. La Géorgie, un petit pays coincé entre la mer Caspienne et la mer Noire, entre l'Asie centrale et l'Europe, s'est imposée comme une route de premier choix pour permettre à l'Europe de l'Ouest de se dégager de la domination énergétique russe. Ainsi, un oléoduc comme le Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) permet d'évacuer le pétrole de la mer Caspienne depuis la ville de Bakou, en passant par Tbilissi, jusqu'au port turc de Ceyhan, sur la Méditerranée, le tout en évitant de passer par la Russie. Il est prévu que lorsqu'il sera effectif à 100 %, vers 2009, l'oléoduc BTC fournira aux marchés mondiaux plus de 1,2 million de barils de pétrole par jour, soit, à lui seul, environ 1 % de la production quotidienne mondiale. Plus grave encore qu'une perte subséquente de revenus pétroliers pour Moscou, l'entrée en fonction du BTC représente une sérieuse brèche dans le contrôle exclusif qu'exerçait jusque-là la Russie sur le pétrole et le gaz de la Caspienne. Conscient de cette menace, la Russie a dès lors oeuvré à l'affaiblissement du gouvernement géorgien en appuyant les mouvements autonomistes ossètes et abkhazes. Officiellement, les forces russes mènent une mission de maintien de la paix dans la région. Et pendant ce temps, les États-Unis, soucieux de contrer les velléités monopolistiques russes, ont entrepris de faire de la Géorgie leur principale antenne dans le Caucase, fournissant Tbilissi en armes et en argent et l'invitant même à se joindre à l'OTAN. Des analystes ont même accusé Washington d'avoir surestimé les réserves de la mer Caspienne pour justifier un pipeline, le BTC, assurément plus rentable « politiquement » qu'économiquement. L'Union européenne devra donc, si la Russie réussit à imposer son influence sur Tbilissi, revoir sa stratégie pour se dégager de la domination énergétique russe. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, Reuters, Le Point, Le Guerre dans le Caucase : 100 000 déracinés | International | Radio-Canada.ca
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Guerre dans le Caucase : La Géorgie dans l'étau russe | International | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... La Géorgie dans l'étau russeMise à jour le lundi 11 août 2008 à 10 h 42
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L'étau russe se resserre sur des forces géorgiennes submergées par l'appareil militaire que Moscou a déchaîné sur le petit pays du Caucase, jeudi dernier. Ainsi, faisant fi des appels occidentaux à la modération, le gouvernement russe a ouvert, lundi, un second front en pénétrant jusqu'à 40 kilomètres à l'intérieur du territoire géorgien pour y prendre la ville de Senaki. Cette opération qui s'est opérée depuis le territoire abkhaze vise, selon l'état-major russe, à empêcher les forces géorgiennes de se regrouper en vue d'une contre-attaque en Ossétie du Sud. Il est actuellement impossible de savoir si les forces russes ont aussi pris le contrôle des gorges de Kodori, la seule région d'Abkhazie encore sous contrôle géorgien. Le président Saakachvili n'est plus un homme avec qui nous pouvons avoir affaire, car il est responsable de nombreux crimes. — Dmitri Rogozine, représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN Plus tôt, lundi, le président russe Dmitri Medvedev annonçait que les forces russes qui ont envahi jeudi dernier le territoire géorgien d'Ossétie du Sud contrôlaient la capitale et l'essentiel du territoire de la région séparatiste. « Une partie importante de l'opération visant à forcer les autorités géorgiennes à faire la paix en Ossétie du Sud est conclue », affirmait le président Medvedev dans un point de presse, avant d'ajouter que « Tskhinvali [la capitale ossète] est contrôlée par un contingent russe de maintien de la paix renforcé ». En effet, au cours des dernières journées, des milliers de soldats russes, lourdement armés et appuyés par des centaines de blindés, ont pris position en Ossétie du Sud et dans une autre région séparatiste de Géorgie, l'Abkhazie.
Tbilissi, incapable de faire face militairement au rouleau compresseur russe, a néanmoins tenté de répondre à l'invasion russe en pilonnant brièvement la capitale ossète, Tskhinvali, à coup de roquettes. Pendant ce temps, l'aviation russe continuait de bombarder plusieurs cibles géorgiennes, notamment des sites stratégiques à proximité de la capitale Tbilissi, ainsi que la ville de Gori et le port de Poti, sur la mer Noire. Il est actuellement très difficile d'établir un bilan fiable des opérations, tant au niveau des pertes civiles que militaires, et ce, autant du côté géorgien que russe. Ainsi, le président Saakachvili a affirmé que « les Géorgiens ont abattu entre 80 et 90 avions russes et plusieurs centaines de soldats russes ont été tués ». Le commandant militaire russe, lui, soutient que 18 de ses soldats ont été tués, que 14 sont disparus et que 4 de ses avions ont été abattus. Le ton monte entre Moscou et Washington
Le premier ministre russe Vladimir Poutine a accusé les États-Unis de nuire à la Russie dans le conflit géorgien en fournissant aux troupes géorgiennes déployées en Irak des avions leur permettant de rapidement retourner en Géorgie pour y affronter les troupes russes. « Il est dommage que certains de nos partenaires ne nous aident pas et cherchent même à nous gêner », a expliqué le premier ministre Poutine, avant d'ajouter que « ça ne va rien changer, sinon que nous éloigner davantage d'une résolution rapide ». Plus tôt, lundi, un haut responsable de l'état-major russe a affirmé, en demeurant volontairement vague, que des étrangers, dont des « noirs », combattent au côté des Géorgiens en Ossétie du Sud. Les États-Unis, principal allié du gouvernement pro-occidental de Mikhaïl Saakachvili, déploient actuellement une centaine de militaires en Géorgie dans le cadre d'accord de coopération et d'entraînement. Washington a toutefois répété à plusieurs reprises que les militaires américains ne prennent pas part aux actuels combats. Plus tôt, le président américain George W. Bush disait s'être brièvement entretenu avec son homologue russe, Dmitri Medvedev, et le premier ministre Poutine, pour leur indiquer que Washington condamne « avec fermeté » une réponse « disproportionnée » de la Russie. Le vice-président Richard Cheney, lui, a estimé lors d'une discussion téléphonique, dimanche, avec le président Saakachvili, que « l'agression russe ne doit pas demeurer sans réponse ». Les États-Unis et la Russie tentent tous les deux d'accroître leur influence sur cette partie du Caucase, la Géorgie étant l'un des points de passage les plus stratégiques pour le transport du pétrole et du gaz asiatique en direction de l'Europe. À New York, le Conseil de sécurité des Nations unies demeure impuissant à convaincre les belligérants de mettre un terme à leurs attaques, et ce, malgré quatre réunions d'urgence en autant de jours. La diplomatie européenne se met en branle
Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, dont le pays occupe la présidence tournante de l'Union européenne, et son homologue finlandais, Alexander Stubb, comptent se rendre à Moscou, lundi, pour y présenter une proposition de cessez-le-feu. Il semblerait que le président géorgien a déjà accepté les termes d'un cessez-le-feu qui ouvrirait fort probablement la porte à une mission en Ossétie du Sud de l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), actuellement présidée par Alexander Stubb. Moscou exigerait désormais, avant de signer un cessez-le-feu, le désarmement des troupes géorgiennes déployées dans les gorges de Kodori, la seule région d'Abkhazie encore sous contrôle géorgien. Le ministre canadien des Affaires étrangères, David Emerson, s'est quant à lui dit « très préoccupé par l'élargissement des hostilités bien au-delà de la région de l'Ossétie du Sud ». « Plutôt que d'agir comme un gardien de la paix neutre, la Russie a contribué à l'escalade des hostilités en attaquant des villes et des localités de la Géorgie qui se trouvent à l'extérieur de la zone de conflit », a expliqué le chef de la diplomatie canadienne, ajoutant que « le Canada demande à la Russie de respecter les frontières de la Géorgie et de s'abstenir d'empiéter sur son intégrité territoriale ».
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, Reuters et Agence France Presse Conflit en Ossétie du Sud : Appels au cessez-le-feu | International | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... Appels au cessez-le-feuMise à jour le dimanche 10 août 2008 à 13 h 30
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La Géorgie a informé dimanche l'ambassadeur de Russie qu'elle avait cessé le feu dans sa région sécessionniste d'Ossétie du Sud, et qu'elle souhaite négocier avec Moscou un accord complet pour mettre fin aux hostilités. Plut tôt dans la journée, les convois militaires géorgiens se sont retirés d'Ossétie du Sud pour se redéployer à l'extérieur de la province séparatiste, a annoncé le chef du Conseil de sécurité de Géorgie, Alexandre Lomaïa. « Nous devons vérifier tout cela. Nous ne faisons pas confiance à la partie géorgienne », a déclaré de son côté le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grégory Karassine. Malgré la promesse de cessez-le-feu immédiat, la diplomatie russe accuse la Géorgie de poursuivre les hostilités en Ossétie du Sud. Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a appelé l'ONU et l'OTAN à « stopper l'agression russe », dans une entrevue à paraître lundi dans un quotidien régional allemand. Mobilisation de la communauté internationale Pour une quatrième fois en trois jours, le Conseil de Sécurité de l'ONU s'est réuni dimanche pour faire le point sur la situation critique en Ossétie du Sud. Les États-Unis seraient sur le point de présenter un projet de résolution condamnant l'invasion russe en Géorgie. De son côté, le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, s'est dit préoccupé par un recours disproportionné à la violence en Ossétie du Sud et par l'absence de respect de l'intégrité territoriale géorgienne, a déclaré dimanche une porte-parole de l'Alliance. La France, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, a envoyé le chef de sa diplomatie, Bernard Kouchner, dans la région pour trouver une solution pacifique au conflit armé. Réactions de la société civile Ce conflit suscite des réactions partout dans le monde. Au Canada, la petite communauté géorgienne réclame la fin immédiate du conflit armé. Les membres de la communauté géorgienne de Montréal se sont réunis devant le consulat russe, dimanche midi, pour une première manifestation en sol canadien. « L'objectif est de sensibiliser les Canadiens aux hostilités qui sévissent en Géorgie », a expliqué en entrevue à Radio-Canada.ca Nino Marchania, organisatrice de l'événement. L'étudiante géorgienne, installée au Québec depuis cinq ans, ajoute qu'une manifestation pourrait avoir lieu cette semaine devant l'ambassade russe à Ottawa. À Pékin, les 35 athlètes géorgiens qui participent aux Jeux olympiques ont songé à retourner au pays, mais le président géorgien Mikhail Saakashvili leur a demandé de continuer leurs compétitions pour l'honneur de leur pays, rapporte l'AFP. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters
Bouclier antimissile : Moscou et Washington laissent la porte ouverte | International |
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/0... Bouclier antimissile Moscou et Washington laissent la porte ouverte
Le litige entre Moscou et Washington sur le projet américain d'établissement d'un bouclier antimissile en Europe centrale n'a pu être réglé au terme d'une visite en Russie, mardi, de hauts responsables américains. En effet, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a indiqué qu'une rencontre avec son homologue américaine Condoleezza Rice et le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, n'avait pu aboutir à une entente russo-américaine. À tout le moins, Moscou a pu obtenir de l'administration américaine qu'elle lui fasse parvenir au cours des prochaines heures des propositions écrites sur la question. « Franchement, je pense que le lien entre ce que nous avons dit (en octobre) et ce que nous avons mis sur le papier manquait de clarté », a consenti Mme Rice. « Parfois les choses se perdent en route ». En octobre dernier, Moscou avait déploré que des propositions similaires de Washington ne correspondent pas à celles formulées de vive voix par Condoleezza Rice. Les États-Unis, toujours selon le chef de la diplomatie russe, reconnaissent aussi que les inquiétudes de Moscou sont légitimes et que les propositions écrites sont destinées à atténuer ces inquiétudes. Moscou s'oppose avec véhémence à un projet américain d'installer en Pologne et en République tchèque les éléments d'un bouclier antimissile destiné à se protéger contre les hypothétiques missiles de pays ennemis comme l'Iran. Pour la Russie, de tels dispositifs militaires, à quelques kilomètres de ses frontières, menacent directement sa sécurité. Condoleezza Rice et Robert Gates ont profité de leur second voyage ensemble à Moscou en moins de cinq mois pour s'y entretenir avec, outre M. Lavrov, le président Vladimir Poutine, son successeur, Dmitri Medvedev, et le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters La Presse Canadienne: Vladimir Poutine suggère de couper la main des fonctionnaires corrompus
canadianpress.google.com/article/ALeqM5j06c-Fz-G1U... Vladimir Poutine suggère de couper la main des fonctionnaires corrompusIl y a 2 jours MOSCOU — Afin de lutter contre la corruption, le président russe sortant Vladimir Poutine a suggéré mardi une méthode pour le moins radicale aux fonctionnaires qui accepteraient des pots-de-vin: leur couper les mains. Cette remarque, qui tenait probablement plus de la rhétorique musclée que de la réforme pénale, a été faite mardi au Kremlin au cours d'une réunion avec des parlementaires. Soulignant la corruption galopante qui gangrène le pays, le chef du Parti communiste Guénadi Ziouganov a expliqué que pour construire un immeuble d'habitation, un entrepreneur doit "déposer quelque chose dans la patte" de chacun des fonctionnaires chargés du dossier. "Bien sûr, ce serait pratique de couper cette patte, comme au Moyen Age. Ce serait certainement la meilleure des solutions", a dit Poutine dans ces remarques diffusées à la télévision. Plus sérieusement, Poutine a reconnu que Ziouganov avait raison et que les autorités devaient "garder ce problème constamment à l'esprit et y réagir". Son successeur désigné, Dimitri Medvedev, qui doit prendre les rênes du pouvoir en mai prochain et également présent à cette réunion au Kremlin, a reconnu l'existence d'une corruption à "grande échelle" et appelé à redoubler d'efforts pour la combattre. Poutine tance «ceux qui sont tentés de fourrer leur nez morveux» dans les affaires russes
www.liberation.fr/actualite/monde/293904.FR.php Poutine tance «ceux qui sont tentés de fourrer leur nez morveux» dans les affaires russes
![]() Poutine, lundi à Saint-Petresbourg. Reuters.
Il estime que le retrait des observateurs de l'OSCE pour le scrutin de dimanche est dû à des pressions américaines.
Libération.fr avec Reuters
LIBERATION.FR : lundi 26 novembre 2007
Nouvelle charge de Vladimir Poutine. Le président russe a accusé lundi les Etats-Unis de chercher à discréditer les élections législatives de dimanche prochain en Russie et voit dans la décision de l’OSCE de ne pas y envoyer d’observateurs une manœuvre inspirée par Washington. Après la dispersion musclée de deux rassemblements de l’opposition pendant le week-end et l’arrestation de dizaines de manifestants (voir la vidéo), dont l’ancien champion d’échecs Garry Kasparov, l’Europe, à la suite des Etats-Unis, a fait part de sa grande préoccupation pour la liberté de parole en Russie.
Sur recommandation du département d’Etat américain Lors d’une réunion à Saint-Pétersbourg de son parti Russie unie, qu’il mène à ces élections, le président russe a affirmé lundi que le retrait des observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe était largement dû à des pressions américaines. «Nous avons des renseignements, une fois de plus, selon lesquels ce retrait a été décidé sur la recommandation du département d’Etat américain […] Nous en tiendrons certainement compte dans nos relations bilatérales» avec Washington, a-t-il dit, ajoutant que la Russie devait avoir une défense forte «pour décourager ceux qui sont tentés de fourrer leur nez morveux dans nos affaires». «De telles manœuvres ne peuvent pas faire échouer les élections en Russie, a ajouté Poutine. Elles visent à nier toute légitimité à ce scrutin, c’est tout à fait clair, mais elles n’y parviendront pas.» L'OSCE a démenti lundi les accusations de Poutine. Harcèlements policiers et arrestations d’hommes politiques Pour Bernard Kouchner, l’arrestation de Garry Kasparov, notamment, mérite des explications. «Je sais que le champion du monde d’échecs ne menaçait pas la sécurité de la Russie, a affirmé le ministre français des Affaires étrangères. Je sais également que l’avenir de Poutine, l’avenir électoral dans les jours qui viennent, paraît radieux», a-t-il déclaré sur RTL. «Donc, tout cela mérite une explication. Ça paraît très inutile et ne donne pas une belle image au moment de l’élection.» Prié de dire si la Russie devenait une dictature, il a répondu : «Non, l’élection se fait. Il y a des partis d’opposition malmenés, c’est vrai, mais n’oublions pas d’où vient la Russie. La Russie il y a vingt ans était dans une situation de dictature vraie.» L’ancien grand maître des échecs, chef de file du parti L’Autre Russie, a été interpellé samedi à Moscou lors de la dispersion par la police d’un rassemblement de quelque 3.000 sympathisants de l’opposition. Large victoire pour Russie unie, dimanche? Lundi, le Conseil de la Fédération, chambre haute du parlement, a justement fixé au 2 mars 2008 la date de la présidentielle. Ainsi, les Russes éliront leur chef de l’Etat trois mois jour pour jour après leurs députés de la chambre basse, la Douma d’Etat. «Pour Poutine, la diabolisation de l'occident est utile»
www.liberation.fr/actualite/monde/267759.FR.php «Pour Poutine, la diabolisation de l'occident est utile»
![]() Reuters.
La politologue Marie Mendras décrypte l'attitude de Moscou dans la crise diplomatique qui l'oppose à Londres • Selon cette spécialiste de la Russie, la radicalisation du discours de Poutine a surtout des visées intérieures.
Arnaud Vaulerin
LIBERATION.FR : mercredi 18 juillet 2007
Spécialiste de la Russie, Marie Mendras est politologue au CNRS et au Centre d’études et de recherches internationales (CERI). Enseignante à Sciences-Po, elle est notamment l’auteure de Comment fonctionne la Russie ? Le politique, le bureaucrate et l’oligarque aux éditions Autrement. En pleine crise diplomatique russo-britannique, elle explique le durcissement de la politique étrangère russe. Pourquoi les relations entre la Grande-Bretagne et la Russie ont-elles atteint ce niveau de tension?
La raison est très simple: l’assassinat d’Alexander Litvinenko au polonium le 1er novembre dernier. Le gouvernement britannique l’a rappelé très clairement, il s’agissait d’un citoyen britannique (Litvinenko avait récemment obtenu la nationalité britannique) et, en plus, Londres a insisté sur le fait que les assassins avaient fait courir de très graves risques à des centaines d’autres personnes. Et donc, il fallait marquer le coup. Rien ne se serait passé si l’Oligarque Boris Berezovski et le dirigeant tchétchène Akhmad Zakaïev, dont les Russes demandent l’extradition, ne vivaient à Londres sous la protection du gouvernement britannique. La fermeté de Londres n’est-elle pas plus forte depuis l’arrivée de Gordon Brown au 10 Downing Street? Il est encore trop tôt pour le dire mais il me semble que depuis novembre les Britanniques n’ont à aucun moment molli. En fait, le refus net des Russes d’extrader Andreï Lougovoï (le principal suspect et ancien membre du KGB, ndlr) a cristallisé les tensions. Les Russes brandissent leur Constitution pour ne pas extrader Lougovoï mais d'un autre côté, les Russes, comme les Britanniques, sont signataires de la convention sur l’extradition. De la part de la Grande-Bretagne, il y a le souhait de marquer les limites de l’inacceptable. Cependant, le nouveau gouvernement Brown ne veut pas trop gêner les intérêts économiques britanniques en Russie. Du côté des Russes, il y a la volonté de Moscou d’utiliser cette affaire criminelle et judiciaire pour alimenter une attitude de plus en plus désagréable à l’égard des gouvernements occidentaux. Comment expliquer ce durcissement de l’attitude russe à l’égard des occidentaux? Ce n’est pas nouveau. Depuis deux ou trois ans, le président Poutine et ses porte-parole n’étaient pas tendres sur les sujets sensibles qui concernent la Russie et ses relations avec l’Otan, l’Union européenne, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis. La Russie reprend confiance en elle grâce à sa puissance énergétique. Et elle pense que cela lui donne les moyens d’être en position de force sur la scène internationale. Récemment, Poutine est allé très loin en parlant de «diktat» et d’«impérialisme» avant le G8. Il a évoqué l’éventualité de déployer des missiles à Kaliningrad et de désigner des «cibles en Europe» ? Oui, il y a là une agitation rhétorique. Il est d’ailleurs difficile de faire la part des choses entre ce souci de propagande à l’international et la réalité de ce que les autorités russes veulent vraiment mettre en œuvre à l’égard des partenaires politiques occidentaux. Poutine et les autorités russes ont-elles une stratégie en Europe envers l’Otan et l’UE? Ou bien est-on encore à l’expression d’un pouvoir de nuisance et d’une politique en négatif? De manière très concrète, on retient que les Russes empêchent l'occident de faire un certain nombre de choses: d’évoluer dans les relations avec la Géorgie, l’Ukraine, la Moldavie; d’avancer dans le règlement du statut du Kosovo. Ils freinent la stabilisation de la situation militaire en suspendant l’application du traité sur les forces conventionnelles en Europe, ils montrent peu d’ardeurs à s’associer aux occidentaux pour d’éventuelles sanctions à l’encontre du régime iranien sur le dossier du nucléaire, etc. Et depuis quelque mois, c’est Poutine qui revendique personnellement cette politique. Comment expliquer cette mise en avant de Poutine puisqu’il est prévu qu’il quitte le pouvoir en 2008? On est dans une phase politique délicate avec les législatives en décembre et la présidentielle en mars. On a observe une radicalisation de la propagande intérieure sur un discours nationaliste, xénophobe, anti-occidental après avoir été anticaucasien, antigéorgien. La diabolisation de l’occident est utile. Il y a la volonté de montrer au Russe moyen que le monde extérieur est dangereux et donc qu’il y a besoin d’un régime de type autoritaire et revanchard. Cela permet d’étouffer toutes les oppositions internes. Pensez-vous que Poutine prépare sa succession ou bien, par un truchement constitutionnel, compte-t-il se maintenir au pouvoir? Les élections en Russie ne sont plus des scrutins véritables, ils ne sont plus concurrentiels, plus honnête. Ce n'est donc pas une succession au sens où Nicolas Sarkozy a succédé à Jacques Chirac. Donc soyons prudents avec le mot succession car on est en Russie dans une bataille de clans qui cherchent à sauvegarder leurs intérêts. Si Poutine avait voulu faire un troisième mandat, il aurait dû engager une révision constitutionnelle. Il y a en fait plusieurs scénarios. Il peut déclarer l’Etat d’urgence pour une raison ou pour une autre (attentat, accident nucléaire, etc.) Le calendrier électoral est bouleversé. On ne peut pas exclure ce cas de figure. Il peut également s’assurer une immunité politique et judiciaire en présidant la Cour constitutionnelle ou prendre la tête d’un gigantesque monopole d'Etat comme Gazprom Dans les faits, le régime russe fonctionne de plus en plus en vase clos. La question cruciale, le choix du dauphin, ne sera pas publiquement tranchée avant l'hiver prochain. Doit-on craindre la Russie?Par Angèle DufresneLe politologue Jacques Lévesque pense que non, du moins, pas encore. Et ce, malgré les signes que l'on peut déceler indiquant une emprise inquiétante de l'autoritarisme. L'assassinat de la journaliste très critique du pouvoir, Anna Politovskaïa; la répression musclée des mouvements d'opposition; les «bavures» du processus électoral; l'élection récente au parlement russe d'Andrei Lugovoï, l'assassin présumé de l'ex-espion russe empoisonné en Angleterre au polonium 210; la montée des «jeunesses nationalistes» pro-Poutine, que certains voient déjà comme des émules des jeunesses hitlériennes par les valeurs qu'elles défendent et les codes de conduite qu'elles se donnent, sont parmi les signes les plus troublants. Connaissant d'où vient la Russie – «qui n'a jamais été une démocratie» – on aurait pu s'attendre, en fait, à bien pire, réplique Jacques Lévesque. Dans un ouvrage qui vient de paraître, Jacques Lévesque, Le retour de la Russie (Éditions Varia, 2007), qui est un long entretien mené par J.-F. Légaré-Tremblay, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand, le politologue raconte avec la clarté qu'on lui connaît la tradition russe en ce qui regarde l'exercice du pouvoir et le contexte géopolitique dont a hérité Poutine. «Si on regarde les dix années précédant l'accession de Vladimir Poutine au pouvoir, les mêmes ingrédients étaient présents en Russie qui ont fait le lit du nazisme en Allemagne : effondrement colossal de l'économie (le PIB a chuté de 50 %), perte de puissance, humiliation, discrédit, pauvreté. En Russie, le mot démocrate est devenu aujourd'hui un terme péjoratif parce que ceux qui devaient rebâtir le pays et assurer la prospérité à la chute du soviétisme – Eltsine et ses amis occidentaux – n'ont pas livré la marchandise.» Avec Poutine, en revanche, le pays connaît un essor économique remarquable dû en grande partie au prix élevé des hydrocarbures – gaz naturel et pétrole – que la Russie vend à toute l'Europe à titre de fournisseur quasi exclusif, ainsi qu'à plusieurs voisins asiatiques. Mais «le retour de la Russie» c'est, en plus d'une prospérité certaine, quelques succès sur le plan de la diplomatie internationale et une fierté renouvelée qui s'accompagne toujours en Russie d'un nationalisme vigoureux. On connaît toutefois les excès que peut engendrer l'utilisation de la carte nationaliste dans n'importe quel jeu politique et c'est le bémol que M. Lévesque introduit dans son analyse. «Il ne faudrait pas que ça aille plus loin!» Le politologue s'inscrit en faux contre ceux de ses confrères qui qualifient déjà la Russie de régime néofasciste. «À mon avis, c'est nettement abusif.» Parti uniqueIl est clair que la Russie est un État à «parti unique», affirme M.Lévesque. Aucun député véritablement «indépendant» n'a réussi à décrocher un siège à la Douma (le parlement russe) aux élections de décembre. Les communistes (11,6 % du vote) ont pour ainsi dire été «neutralisés» par Poutine, qui a repris leurs slogans et l'hymne national soviétique, estime Jacques Lévesque, les Libéraux ultranationalistes ont obtenu 8,2 % du vote et Juste Russie, un faux parti d'opposition parce qu'il appuie Poutine, a réussi à franchir de justesse la barre réglementaire du 7 % des votes pour entrer à la Douma. Le parti Russie Unie du président occupe désormais 315 des 450 sièges du parlement russe. Le contrôle de la télévision (mais pas de la radio ou de certains médias écrits) par Poutine empêche toute opposition véritable de prendre le pouvoir. Celle-ci est tolérée à l'intérieur de limites très étroites, précise M. Lévesque. L'arrestation de Garry Kasparov l'été dernier et à nouveau en novembre pendant la campagne électorale a été justifiée par le fait qu'il n'avait pas respecté les règlements relatifs aux manifestations. Ces restrictions aux libertés fondamentales sont très mal vues des Occidentaux, de préciser le politologue, mais sont une nette amélioration par rapport à ce qui existait du temps du régime communiste. Il faut toujours se rappeler d'où vient la Russie, ajoute M. Lévesque. De même, on peut considérer que l'état de droit peine à s'installer dans ce pays où l'absence de séparation entre les pouvoirs est notoire. La justice est très sélective en Russie, de faire remarquer M. Lévesque. Certains oligarques qui ont «volé» le bien public lors des privatisations massives des années 90 ou prétendu au pouvoir par la suite sont derrière les barreaux, alors que d'autres au profil plus bas ne le sont pas. Mais, là encore, fait-il remarquer, Poutine a introduit des tribunaux avec jury, a réduit considérablement la fuite des capitaux dans des abris fiscaux étrangers qui était massive avant son arrivée au pouvoir et exige le paiement des impôts, particulièrement celui des compagnies. Toutes choses qui n'existaient pas avant! La loi et l'ordreVladimir Poutine est populaire en Russie parce qu'il a rétabli l'ordre et stabilisé l'économie nationale, qui est revenue au niveau de ce qu'elle était lors de la chute de l'URSS. Le magazine américain Time vient de le désigner «personnalité de l'année», étant l'homme d'État ayant eu le plus fort impact sur les événements en 2007. Le rédacteur en chef du Time a précisé à l'agence Reuters que ce n'était pas «un type bien» mais qu'il avait fait des choses extraordinaires! «On est loin toutefois de la superpuissance soviétique. À titre de comparaison, le budget de la défense américaine est plus de 25 fois celui du budget russe, aux dernières statistiques comparables, soit pour 2006. Pour nous faire un peu tourner la tête, ajoute M. Lévesque, il faut savoir que le budget de la défense des É.-U. est plus élevé que ceux combinés de la Russie, de la Chine, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la France, de l'Italie et de tous les autres pays de l'OTAN réunis.» L'erreur serait d'isoler la Russie plutôt que de tirer parti de son influence, certaine en ce qui regarde la Chine, l'Europe et le Moyen-Orient. La Russie a, par exemple, joué un rôle important pour calmer le jeu entre l'Iran et les États-Unis et éloigner la menace militaire américaine. À cause des minorités musulmanes importantes vivant au sein de la fédération russe et sur tout son pourtour, la Russie a souvent cherché à ne pas s'aliéner le monde arabo-musulman. Le cas tragique de la Tchétchénie ou de l'Afghanistan, évidemment, est tout autre. Signalons que les Tchétchènes, avec leur nouveau président pro-Poutine, Ramzan Kadyrov, auraient voté à 99,36 % en faveur du parti Russie Unie aux législatives et que le taux de participation a été de 99,5 %, selon le Courrier International (4 déc. 2007), des résultats dignes de l'époque soviétique! Selon M. Lévesque, on est loin d'une domination mondiale par la Russie. Qu'elle mette un frein à certaines entreprises militaires américaines au Moyen-Orient en faisant contrepoids n'est pas nécessairement mauvais. C'est l'évolution de sa politique intérieure qu'il faudra surveiller et qui est plus inquiétante, conclut-il. Pour reprendre les mots du rédacteur en chef du Time, Richard Stengel, Poutine est «un nouveau tsar de Russie et il est dangereux en ceci qu'il ne se préoccupe pas des libertés civiques; il est indifférent a la liberté d'expression; il a le souci de la stabilité. Mais la stabilité, c'est ce dont la Russie avait besoin, c'est pour cela que les Russes l'adorent.» (Le Devoir, Reuters, 20 déc. 2007).
Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIV, no 8 (7 janvier 2008) Énergie - Poutine signe le retour de la Russie dans les Balkans et la mer Noire
www.ledevoir.com/2007/06/26/148537.html Énergie - Poutine signe le retour de la Russie dans les Balkans et la mer Noire
AFP
Mots clés : pétrole, Vladimir Poutine, mer Noire, Énergie, Russie (pays) Istanbul -- Le président russe, Vladimir Poutine, a affirmé hier à Istanbul que la Russie, forte de sa puissance énergétique, était de retour dans sa «zone d'influence» des Balkans et de la région de la mer Noire et qu'il allait falloir compter avec elle. «Tout le monde sait que les Balkans et la région de la mer Noire étaient une zone d'intérêt particulier pour nous», a déclaré le président russe en marge du sommet de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire, qui réunit douze pays proches de la mer Noire. «La Russie, avec ses possibilités croissantes, revient dans cette région, c'est une donnée évidente», a affirmé M. Poutine à un groupe de journalistes russes. Ce retour de Moscou «est dans l'intérêt de la Russie, mais aussi de nos partenaires», a estimé le président russe qui s'est employé depuis son arrivée au Kremlin en 2000 à réimposer son pays sur le devant de la scène internationale. Après la chute de l'URSS, l'influence de la Russie dans les Balkans, longtemps constitués de pays du bloc socialistes, et dans les pays de la mer Noire, avait considérablement diminué. En provenance directe de Zagreb où il avait participé dimanche à un sommet régional sur l'énergie, le président russe a rejoint onze présidents et premiers ministres de pays proches de la mer Noire pour discuter du renforcement des liens économiques et commerciaux de leurs pays, en insistant sur le domaine de la coopération énergétique. La zone géographique concernée (qui comprend l'Albanie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Bulgarie, la Géorgie, la Grèce, la Moldavie, la Roumanie, la Serbie, la Turquie, la Russie et l'Ukraine) est la deuxième région du monde pour sa richesse en hydrocarbures, après le Golfe. Plusieurs gazoducs et oléoducs traversent cette zone pour approvisionner l'Europe notamment en hydrocarbures russes. M. Poutine a évoqué l'accord signé samedi entre le géant gazier russe Gazprom et l'entreprise italienne ENI sur la construction d'un nouveau gazoduc de 900 km, le South Stream, qui reliera la Russie à l'Europe via la mer Noire. Trois années seront nécessaires pour construire ce gazoduc d'une capacité de quelque 30 milliards de mètres cubes de gaz transporté par an, qui passera par la Bulgarie où il se divisera en deux branches, l'une vers l'Autriche et l'autre vers la Grèce, puis Otrante, dans le sud de l'Italie. «Ce projet répond à nos intérêts économiques nationaux. Il répond aussi aux intérêts de nos partenaires», a souligné le président russe. Il s'est réjoui de «l'intérêt manifesté par l'Italie, la Bulgarie et maintenant la Grèce» pour le projet South Stream. Évoquant le tracé possible du gazoduc en Grèce, il a estimé que cela dépendait «des spécialistes, de l'économie du projet». La Russie fournit déjà du gaz à plusieurs pays de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire (CEMN), notamment via le gazoduc sous-marin Blue Stream reliant le sud de la Russie au nord de la Turquie et un autre axe majeur longeant la côte occidentale de la mer Noire. Devant les autres chefs d'État et de gouvernement de la CEMN, M. Poutine a insisté sur l'importance de la coopération dans le domaine de l'énergie. Les représentants des 12 États de la mer Noire s'étaient retrouvés pour un sommet marquant le 15e anniversaire de la CEMN, une institution fondée en 1992 pour promouvoir la stabilité entre des pays situés dans des camps opposés pendant la guerre froide. Dans un projet de déclaration commune, ils ont affirmé l'importance «du rôle et du potentiel futur de la mer Noire élargie en termes de ressources énergétiques [...] et de corridor important pour le transit du gaz et du pétrole principalement destinés à l'Europe». La russie pointe ses tetes nucleaires sur l'europe (Clubic.com)
www.clubic.com/forum/et-a-part-ca/la-russie-pointe... La russie pointe ses tetes nucleaires sur l'europevladimir Poutine a franchi un cran supplémentaire dans la rhétorique agressive envers les Etats-Unis, en menaçant de pointer de nouveau les missiles russes - qui, en principe, ne le sont plus depuis la fin de la guerre froide -, sur des "cibles en Europe" si les Etats-Unis mettent à exécution leur projet d'installer des sites antimissiles en Pologne et en République tchèque. Le président russe a tenu ces propos lors d'un entretien publié lundi 4 juin par huit journaux représentant les pays du G8, dont le sommet se tiendra en Allemagne en fin de semaine. Menaces inutiles et inopportunes selon l'OTAN L'OTAN a réagi lundi 4 juin aux menaces formulées par Vladimir Poutine de pointer des missiles vers l'Europe. "A ma connaissance, le seul pays envisageant de viser l'Europe avec des missiles est la Fédération de Russie, a déclaré James Appathurai, porte-parole de l'organisation. Des propos de ce type sont inutiles et inopportuns." Le président français a, pour sa part, annoncé qu'il aurait un entretien bilatéral avec le président russe lors du sommet du G8. "Je l'écouterai avec attention. Il a appelé à un dialogue confiant et franc. Il sera de ma part franc", a déclaré Nicolas Sarkozy. Le premier ministre britannique, Tony Blair, a appelé par la voix de son porte-parole à un dialogue constructif avec la Russie tout en rappelant ses inquiétudes : "De la même manière, l'Europe dans son ensemble (...) nourrit des inquiétudes en ce qui concerne l'attitude russe et elle exprimera sans retenue ces préoccupations". ? (Avec AFP.) Les propos de M. Poutine sont cependant ambigus, puisque cette menace repose sur un amalgame entre le bouclier antimissile et les forces nucléaires américaines. "Lorsque le système antimissile sera installé, il fonctionnera en liaison automatique avec le dispositif nucléaire des Etats-Unis, explique-t-il. Pour la première fois dans l'histoire, il y aura donc en Europe des éléments d'un système nucléaire américain. Cela change fondamentalement l'équilibre du système international." Nous devrons trouver une réponse, poursuit-il : "Bien sûr, nous devrons avoir des cibles en Europe. Quels moyens utiliserons-nous ? Des missiles balistiques, des missiles de croisière ou de nouveaux systèmes d'armement, c'est une question technique." Alors que des généraux russes avaient déjà évoqué la possibilité de frappes contre les futurs sites polonais et tchèque, c'est la première fois que le président russe brandit lui-même cette menace. Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a cependant dissipé toute ambiguïté, dimanche, en expliquant dans une interview diffusée sur la chaîne de télévision Vesti 24 que son pays serait obligé de "supprimer les menaces potentielles résultant de ce déploiement" de missiles. Le chef de la diplomatie russe a toutefois esquissé une ouverture : "Il vaudrait mieux reprendre le travail dans le cadre du Conseil OTAN-Russie sur la création d'un grand théâtre de défense antimissile", a-t-il indiqué. Cette escalade verbale russe est liée à la fermeté de la position de l'administration Bush qui, tout en répétant que son bouclier antimissile ne menace en rien la Russie (il est officiellement conçu pour annihiler une menace balistique iranienne), rappelle que les protestations de Moscou ne changeront rien à sa détermination de concrétiser le projet d'installer 10 missiles intercepteurs en Pologne, et un radar en République tchèque. Une semaine avant le G8, où ce sujet sera abordé, et alors que le président George Bush était attendu lundi soir à Prague pour discuter du bouclier, M. Poutine fait monter les enchères : "Nous savons que cela risque de relancer la course aux armements mais nous n'en serons pas responsables. Ce n'est pas nous qui avons commencé à remettre en cause l'équilibre stratégique." Le lien établi par M. Poutine entre les forces nucléaires américaines et le bouclier antimissile est contestable, puisque les missiles intercepteurs ne seront armés d'aucune charge nucléaire. Ils utilisent une technique qui détruit le missile adverse par simple énergie cinétique. Mais M. Poutine n'a pas tout à fait tort non plus : le radar installé en République tchèque serait relié aux radars de Fylingdales (Angleterre), Vardo (Norvège) et Thulé (Groënland), qui font partie des systèmes d'alerte avancée des forces stratégiques américaines. Au-delà des explications techniques, le fait politique est que la condamnation des ambitions des Etats-Unis a repris droit de cité en Russie où il ne se passe pas un jour sans que M. Poutine ne se lance dans une diatribe contre "l'impérialisme". source : www.lemonde.fr... Des infos sur la Russie, un acteur sous-estimé des relations internationales actuelles...
Dans le cadre de mon cours Introduction aux relations internationales, j'entend démontrer que la Russie constitue bel et bien encore aujourd'hui une puissance mondiale qu'il ne faut pas sous-estimé. Labels:
Commentaire, Russie Le Monde.fr : En cas de drame avec l'Iran, Moscou et Pékin passeront d'un soutien discret à un
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Regain de tensions entre Washington et Moscou28 septembre 2006 Entrevue avec Jacques Lévesque, professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal et directeur de recherches au Centre d’études des politiques étrangères et de sécurité.
La Russie et son président Poutine semblaient confiants lors du dernier Sommet du G-8 à Saint-Pétersbourg. Est-ce que la Russie est sortie de la crise ? Il y a de toute évidence de la part des dirigeants russes une confiance qui repose essentiellement sur le redressement économique de leur pays. À son tour, celui-ci repose sur les ressources et les capacités d’exportation énergétique de la Russie et sur la conjoncture internationale favorable qui les entoure. Quelques jours avant le Sommet, Poutine soulignait avec une certaine arrogance que les réserves pétrolières et gazières prouvées de la Russie étaient plus importantes que toutes celles des sept autres membres du G-8 réunis, mais effectivement, le pays connaît une croissance. L’expansion cumulative de l’économie de la Russie a été de l’ordre de 65 % au cours des sept dernières années. Le gouvernement a accumulé des réserves de plus de 70 milliards de dollars et a réglé toutes ses dettes. La Russie est l’État qui dispose maintenant des troisièmes plus importantes réserves monétaires au monde. Mais cette croissance change-t-elle les conditions très dures de la population ? Il est vrai que le chômage a diminué pour se situer à un taux de 7 %, que le revenu réel moyen par habitant a augmenté et que le nombre de personnes vivant sous le seuil (officiel et très bas) de la pauvreté est passé de 42 millions en 2000 à environ 25 millions. Il n’en reste pas moins que l’écart déjà abyssal entre les plus riches et les plus pauvres continue de s’accroître. Malgré le redressement des dernières années, la Russie demeure essentiellement un exportateur de matières premières et d’armement. Rien n’indique que d’autres secteurs importants de son économie soient en voie d’acquérir une compétitivité internationale et aucune politique cohérente n’a encore été mise en œuvre à cet effet. Existe-il un lien entre ce regain économique de la Russie et la remontée des relations entre la Russie et les États-Unis ? La coïncidence entre cette dégradation et la résurgence économique de la Russie n’est pas fortuite. On peut même y voir une relation de cause à effet. Pour Poutine, un rôle dominant de l’État russe dans les secteurs de l’énergie est le meilleur moyen d’assurer la sécurité des engagements de la Russie envers ses partenaires. Pour l’administration américaine, au contraire, les objectifs politiques de la Russie peuvent peser sur les approvisionnements en gaz et pétrole russes dont l’Europe est largement dépendante, et donc c’est dangereux. C’est pourquoi les États-Unis demandent la privatisation des oléoducs russes et la démonopolisation de Gazprom, et une plus grande ouverture de la Russie aux investissements étrangers dans ces secteurs. Poutine pour sa part voit là la volonté des États-Unis de prendre le contrôle des secteurs économiques les plus vitaux et les plus déterminants pour l’avenir de la Russie. Visiblement, Washington est furieux du fait que Poutine ait bloqué l’achat de la seconde pétrolière russe en importance par Exxon-Mobil et Chevron. Où sont les autres points de friction entre Moscou et Washington ? Le soutien donné par Bush à la volonté de l’Ukraine et de la Géorgie de devenir membres de l’OTAN est un gros irritant. Cet appui s’est exprimé de façon provocante dans le discours prononcé par le vice-président Dick Cheney lors d’une conférence à Vilnius (Lituanie) et dont le but était de promouvoir une « Communauté du choix démocratique » incluant l’Ukraine, la Géorgie, les États baltes, avec le but implicite de constituer un contre-modèle à la Russie et une sorte de ceinture Nord-Sud d’anciennes républiques soviétiques entourant la Russie. À cette occasion, Cheney a accusé Moscou d’utiliser ses ressources énergétiques comme « instruments de pression ou de chantage ». Il a affirmé que les États-Unis voulaient « libérer cette région de toutes les lignes de division restantes, des violations des droits humains et des conflits gelés ». On est encore loin d’un retour à la guerre froide ? Poutine comprend très bien l’énorme disproportion entre la puissance politique, économique et militaire des États-Unis et de la Russie. Mais paradoxalement, l’administration Bush, de plus en plus enlisée en Irak, est aussi en position de faiblesse. Dans sa confrontation avec l’Iran, Washington a grand besoin du concours de la Russie. Il en va de même dans le cadre des autres interventions militaires américaines, en Afghanistan notamment. Le professeur Lévesque publiera prochainement sur ces questions :
« La résurgence de la Russie : où, comment et jusqu’où ? » chapitre de l’ouvrage collectif : Les conflits dans le monde en 2006, à paraître aux Presses de l’Université Laval, en décembre 2006. Labels:
relations internationales, russie, Poutine, Bush Entre la Russie et l’OTAN - [Alternatives International]
alternatives-international.net/article336.html UKRAINE
Entre la Russie et l’OTANEntrevue avec le professeur Jacques Lévesque, directeur de recherches au Centre d’études des politiques étrangères et de sécurité de l’Université du Québec à Montréal
dimanche 17 septembre 2006 par Jacques Lévesque On a parlé au sujet du regain de tension entre la Russie et l’Ukraine d’une « guerre du gaz ». Quels sont les enjeux ? Depuis plusieurs années, la Russie via Gazprom, vend le gaz à ses partenaires de la CEI à des prix très inférieurs à ceux du marché mondial. Mais en juin 2005, Gazprom a proposé à son client ukrainien de tripler les prix (de $50 à $160 par 1,000 mètres cubes de gaz). En même temps, Gazprom proposait des prix plus avantageux si l’Ukraine acceptait de vendre le gazoduc qui la traverse et qui relie la Russie à l’Europe à un consortium russo-germano-ukrainien. Mais puisqu’aucune entente n’est survenue à ce sujet, Gazprom a menacé de couper les approvisionnements de l’Ukraine en janvier 2006. Par après devant le refus de négocier et suite à des discussions entre l’Ukraine et les Etats-Unis, Gazprom et Poutine (président de l’actionnaire principal : l’Etat russe) ont décidé de faire monter les enchères et de demander le prix payé en Europe pour le gaz russe, soit $220-$230 les mille mètres cubes, ce qui serait catastrophique pour l’économie ukrainienne déjà mal en point. Pendant quelques jours, Gazprom a interrompu ses livraisons. Mais rapidement, cette manœuvre s’est retournée contre la Russie, d’autant plus que l’Union européenne a eu peur de voir ses approvisionnements en gaz russe, qui passe par l’Ukraine, perturbés. L’Administration Bush est alors intervenue pour accuser la Russie d’intimidation et de chantage contre l’Ukraine coupable de sa « révolution orange » et de son orientation atlantique. Finalement, un compromis plutôt boiteux a mis fin à la crise. L’Ukraine achète désormais le gaz d’une nouvelle tierce « RoskUkrEnergo » possédée à 50% par Gazprom au tarif de $95. Mais la Russie fait valoir que la nouvelle entreprise paie le gaz russe à $230. Elle peut vendre le gaz $95 à l’Ukraine dans la mesure où elle maintient un mixage de gaz russe et de gaz turkmène qui coûtait alors $65. Ce bas prix que le Turkménistan menaçait avec raison de relever s’explique par le fait que le pays est largement tributaire des voies de sortie vers la Russie et que Gazprom peut presque dicter le prix. On saisit facilement toute la précarité de cet accord très critiqué en Ukraine. D’autant plus que Gazprom vient tout juste d‘accepter (en septembre 2006) de payer désormais le gaz turkmène à $100. Quelles sont les intentions du Président Poutine ? Poutine a beau jeu de démontrer que la situation de 2005 au niveau des accords avec l’Ukraine sur le gaz représentait de facto une subvention annuelle russe de 3.5 milliards de dollars à l’Ukraine, soit plus que la totalité de l’aide économique que lui accordent les États-Unis et l’Europe ensemble. On se dit au Kremlin qu’il n’y a aucune raison de continuer à subventionner un État qui fait de son entrée à l’OTAN la première priorité de sa politique extérieure, avec l’appui et les encouragements les plus nets de George W. Bush. Au-delà de la volonté de punir « celui qui mord la main qui le nourrit » (selon un terme de la presse nationaliste russe), il y a eu un calcul politique plus spécifique, soit d’influencer le résultat des élections législatives qui ont eu lieu en Ukraine en mars. On sait maintenant que le grand gagnant de l’élection a été Viktor Yanoukovitch, le rival prorusse de Youshtchenko. Reste à voir s’il va réellement mettre en place son programme qui incluait la non-adhésion à l’OTAN, l’attribution au russe comme à l’ukrainien du statut de langue officielle et la réactivation de la participation de l’Ukraine à l’Espace Économique Commun avec la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan. Il est vrai que Yanoukovitch doit gérer un gouvernement de coalition, car il n’a obtenu que 32% des suffrages. Le rapprochement entre l’Ukraine et les Etats-Unis est-il réellement remis en question ? Le camp proaméricain en Ukraine est déchiré entre des luttes de faction opposant le parti de Tymoshenko, la « passionaria » de la « révolution orange » et le parti de Youshtchenko. Il est donc affaibli. Mais l’opinion publique demeure russophile. En témoigne un incident survenu en mai dans une petite ville de Crimée, Fedosia, où devaient être déployés 250 Marines américains pour participer à des manœuvres multinationales « Sea Breeze 2006 ». Mais les autobus transportant les militaires américains ont été attaqués à coup de pierres par des manifestants. Les « marines » ont été confinés à leur hôtel pendant que les manifestations anti-OTAN se multipliaient à Fedosia et ailleurs en Crimée, où les Russes sont majoritaires. La ville de Fedosia et des districts qui devaient être touchés par les manœuvres ont adopté des résolutions se déclarant « territoires anti-OTAN ». Finalement, les manœuvres en question ont été annulées. Quelque temps après la Maison-Blanche annonçait le report de la visite de Bush à Kiev prévue pour juillet. Selon des sondages récents, 64% des Ukrainiens sont opposés à l’adhésion à l’OTAN et 60% sont favorables à une union économique avec la Russie. Le gouvernement ukrainien pourra-il atténuer les tensions ? Actuellement, Yanoukovitch gouverne avec l’appui du Parti socialiste et du Parti communiste et en tenant compte du fait de la division profonde Youshtchenko et Tymoshenko qui refuse de collaborer avec le gouvernement en se présentant comme la seule héritière de la « révolution orange » alors que le parti de Youshtchenko a accepté d’en faire partie. La politique extérieure demeure ambiguë. En ce qui concerne l’OTAN, on parle d’un éventuel référendum. L’idée de Youshtchenko est de retarder aussi longtemps que possible la tenue d’un référendum, tout en continuant les négociations avec l’OTAN et en espérant avec, le temps, pouvoir créer un fait accompli. Entre temps, Yanoukovitch est surtout préoccupé par le maintien du prix du gaz. En juillet, le vice-président de Gazprom avait fait savoir que « RosUkrEnergo » continuerait jusqu’à l’automne, à maintenir le prix de $95. Les négociations que Yanoukovith a annoncées pour novembre seront certainement difficiles, le Turkménistan exigeant des hausses du prix de ses fournitures à « RosUkrEnergo ». On verra ce qu’il pourra obtenir et à quelles conditions. À Moscou, malgré les nouvelles embûches qui se trouvent sur la route de l’Ukraine vers l’OTAN, on ne prend pas pour acquis un net tournant prorusse dans les orientations de sa politique extérieure. Jacques Lévesque publiera prochainement sur ces questions : « La résurgence de la Russie : où, comment et jusqu’où ? » chapitre de l’ouvrage collectif : Les conflits dans le monde en 2006, à paraître aux Presses de l’Université Laval, en décembre 2006. Labels:
Russie, relations internationales, USA, Ukraine [Alternatives] : Douloureuse Russie : journal d'une femme en colère
www.alternatives.ca/article2771.html Douloureuse Russie : journal d’une femme en colèreJean-Simon GAGNÉ – 1er février 2007 Le 7 décembre 2003, jour des élections législatives en Russie, le président Vladimir Poutine apparaît à la télévision avec une mine étonnamment radieuse. L’homme, d’un naturel plutôt taciturne, paraît soulagé, comme si on venait de le délester d’un grand poids. Le président russe a-t-il une grande nouvelle à annoncer à la population ? La paix a-t-elle été conclue en Tchéchénie ? Pas du tout. Vladimir Poutine est transporté de joie parce que sa chienne préférée, un labrador surnommé Connie vient d’avoir une portée de chiots. « Vladimir Vladimirovitch était tellement inquiet », explique son épouse. Le même jour, dans le Caucase du Nord, la petite ville d’Essentouki enterre les 13 victimes d’un attentat horrible commis la veille dans un train bourré d’étudiants. Mais le bon Poutine, le nouveau tsar de toutes les Russies, n’en a que pour les chiots de Connie. Ce qui n’empêche pas son parti d’être triomphalement réélu, le soir même. Ainsi commence le Journal d’une femme en colère de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. La chronique quotidienne du lent glissement de la Russie vers le despotisme. Le récit méthodique de la confiscation du pouvoir par le président Poutine et ses mignons, avec la complicité des médias, des tribunaux et même d’une partie de l’opposition. En Russie, on a même vu des dirigeants de l’opposition appelant à voter Poutine ! Rendue célèbre pour ses reportages sans concession sur la guerre en Tchéchénie, Anna Politkovskaïa constitue un témoin privilégié de la nuit russe. Un triste pays où le nombre de votants excède parfois le nombre d’électeurs inscrits. Un monde déboussolé dans lequel des haut gradés ont fait exterminer des soldats pour qu’il n’y ait pas de témoins de leur incompétence. « Ai-je peur ? », se demande la journaliste dans la conclusion de ce journal qui se termine en août 2004. Il est vrai qu’au fil des pages, la chroniqueuse sent le vide se créer autour des rares opposants qui refusent de se rallier. « Tu exagères », lui disent parfois certains amis, qui ne semblent pas voir le danger qui s’approche. Jusqu’au bout, Politkovskaïa aura espéré un sursaut du peuple russe, une évolution en douceur vers une société plus juste. Mais pour elle, il était déjà trop tard. Le 7 octobre 2006, elle meurt assassinée par des inconnus devant son domicile de Moscou. Anna Politkovskaïa Douloureuse Russie : journal d’une femme en colère Éditions Buchet Chastel 2006 422 pages Labels:
Anna Politkovskaïa, Russie, assassinat, Poutine AFP: Le bras de fer gazier continue entre la Russie et l'Ukraine
afp.google.com/article/ALeqM5jpiUQrM8NqRv_7miPnPee... La Russie et l'Ukraine ont poursuivi sans résultat leur bras de fer gazier lundi, mais le géant Gazprom a consenti à repousser de quelques heures son ultimatum alors que le président ukrainien Viktor Iouchtchenko est attendu mardi matin à Moscou. Labels:
Russie, Gaz, Gazprom, Ukraine La Presse Canadienne: Gaz: ultimes négociations entre la Russe Gazprom et l'Ukraine
canadianpress.google.com/article/ALeqM5j05rbM36HMA...
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Gazprom, Ukraine, Russie, gaz Le groupe menace de couper ses livraisons depuis la Russie, si l'Ukraine ne règle pas une dette de 1,5 milliard de dollars.
Kiev a dorénavant jusqu'à mardi 18 heures heure locale (16 heures heure française) pour régler une dette de 1,5 milliard de dollars, faute de quoi Gazprom mettra fin à ses livraisons de gaz russe à l'Ukraine, sachant qu'un quart du gaz qu'il y livre provient de ce pays. L'ultimatum tombe donc désormais quelques heures après la visite du président ukrainien Viktor Iouchtchenko, qui est attendu à la mi-journée au Kremlin, où il doit notamment rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine. Le groupe russe a d'ores et déjà promis que ses clients occidentaux ne seraient pas affectés par une éventuelle mise en application de ses menaces envers Gazprom. Labels:
Russie, gaz, gazprom, ukraine Gazprom menace de réduire de 25% ses livraisons à Kiev - La Tribune.fr
www.latribune.fr/info/Gazprom-menace-de-reduire-de... MondeReuters - 11/02/08 à 15:35:00 - 468 mots MondeGazprom menace de réduire de 25% ses livraisons à Kiev
"Le rythme des négociations que nous constatons en ce moment montre qu'il est difficile de s'attendre à ce que la totalité des problèmes soit réglée aujourd'hui et que toutes les différences soient aplanies", a déclaré Sergueï Kouprianov à la station de radio Echo de Moscou. Il a précisé que Gazprom réduirait ses livraisons de gaz produit en Russie, mais que le gaz en provenance d'Asie centrale continuerait à être livré. "(Le gaz russe) représente environ 25% de nos livraisons de gaz à l'Ukraine", a-t-il ajouté. Il a précisé qu'aucun nouveau contrat avec l'Ukraine n'était possible tant que les arriérés n'auraient pas été soldés en totalité. Gazprom estime que l'Ukraine lui doit 1,5 milliard de dollars (un milliard d'euros). Le patron de Naftogaz, la société publique du gaz ukrainien, devait rencontrer la direction de Gazprom dans la journée de lundi. L'heure-limite pour trouver un accord, qui avait d'abord été fixée à 07h00 GMT mardi, a été repoussée à 15h00 GMT par Gazprom, selon l'agence de presse RIA. En dernier recours pour éviter une réduction du débit, l'Ukraine a encore une visite mardi à Moscou de son président Viktor Iouchtchenko. Vendredi, celui-ci avait donné trois jours à sa chef de gouvernement Ioulia Timochenko pour mettre fin au différend avec Gazprom. Ioulia Timochenko demande depuis longtemps à Moscou de ne plus recourir à des intermédiaires et de signer un accord direct entre Gazprom et Naftogaz. Lundi, elle a dit à la presse à Kiev vouloir une restructuration de la dette et souligné que c'était son prédécesseur Viktor Ianoukovitch et l'ex-ministre de l'Energie Iouri Boiko qui étaient responsables des arriérés. Elle a chiffré à 1,072 milliard de dollars les sommes dues à RosUkrEnergo, l'intermédiaire suisse qui fournit le gaz russe. L'Union européenne a déclaré vendredi surveiller la situation de près, étant donné qu'un litige précédent, début 2006, consécutif à une hausse des tarifs russes du gaz avait affecté à la fois l'Ukraine et plusieurs autres clients européens. Gazprom, premier producteur mondial de gaz, fournit à l'Europe le quart de ses besoins via l'Ukraine et la Biélorussie. En 2007, 16% du gaz livré à la France est venu de Gazprom, faisant du groupe russe le deuxième fournisseur de l'Hexagone derrière la Norvège, qui détient une part de marché de 21%. Dimitri Jdannikov, version française Gilles Guillaume et Danielle Rouquié Labels:
Gazprom, gaz, russie, ukraine La Russie reprend ses vols de bombardiers stratégiques, DEFENSE
tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/e... DEFENSE
La Russie reprend ses vols
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La Russie et les États-Unis s'engagent simultanément dans des exercices militaires d'envergure
Une nouvelle Guerre Froide ? par Michel Chossudovsky |
Mondialisation.ca, Le 17 octobre 2007 |
Il y a eu un silence complet des médias sur la tenue d'exercices militaires d'envergure par la Russie et les États-Unis.
Comme pendant la guerre froide, la Russie et les États-Unis mènent de grands exercices militaires simultanément.
L'armée de l'air de la Russie conduira de grands exercices militaires sur une grande partie de son territoire entre le 16 et le 30 octobre.
Ces exercices russes coïncident chronologiquement avec la réalisation de grands exercices militaires faits par les États-Unis sous le nom de « Vigilant Shield 08 » [Bouclier Vigilant 08], qui doivent se tenir du 15 au 20 octobre.
Les exercices militaires « Vigilant Shield 08 » ont été précédés par de grandes manoeuvres navales connues sous le nom de « Pacific Shield 07 », avec la participation de pays comme l'Australie, la France, la Nouvelle-Zélande, Singapour, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Le président Vladimir Poutine a annoncé en août que la Russie reprendrait, à grande échelle, ses vols de bombardiers au-dessus des océans Pacifique, Atlantique et Arctique pour la première fois depuis la chute de l'Union Soviétique (Associated Press, le 1er octobre 2007). La résolution de Moscou était faite en réponse aux menaces de l'US-OTAN dirigées contre la Russie, notamment la militarisation de l'Europe de l'Est et des Balkans.
Les exercices étasuniens au nom de code « Vigilant Shield 2008 (VS-08) » sont simplement présentés comme des « exercices anti-terroristes ». L’US Northern Command est chargé de l’opération en conjonction avec le NORAD, sous les auspices du Pentagone et du Département de la Défense.
« VS–08 » comporte un déploiement d'envergure de l'armée de l'air des États-Unis et l'armée de l’air du Canada. Cela ressemble à un scénario de situation de conflit comportant le déploiement de bombardiers et d'avions de chasse sur l'ensemble du continent nord-américain, jusque dans la région arctique.
Entre-temps, dans le Pacifique, des exercices militaires ont eu lieu à Guam dans le cadre d'une reproduction de « VS–08 ». En parallèle et sous couvert du traité « US-Philippines » des exercices militaires doivent être menés dans l'archipel des Philippines le 16 octobre, « impliquant près de 3500 soldats de forces spécialisées des deux pays. »
Dans ce qui apparaît visiblement être un scénario d'affrontement, les exercices militaires russes débutent le jour suivant le déclenchement des exercices US « VS–08 ».
Les bombardiers stratégiques russes Tu-160, Tu–95 et Tu-22M3, de même que les avions ravitailleurs Il-78 « feront des vols au-dessus de la région de l'Arctique, au-dessus des océans Atlantique et Pacifique et de la mer Noire en simulant des raids de bombardement et le tir de missiles de croisière sur des sites d'essais dans le nord et le sud de la Russie », a déclaré le colonel Alexander Drobyshevsky." (RIA Novosti).
Une partie de ces exercices militaires russes sera menée dans l'Arctique à proximité du territoire des États-Unis et du Canada (l'Alaska et l'Arctique canadien).
L'administration des États-Unis s'est dite préoccupée par la reprise des vols de reconnaissance de bombardiers stratégiques russes.
« Je pense que l'augmentation rapide des dépenses militaires russes nous oblige à les surveiller », a déclaré la secrétaire d'État Condoleezza Rice dans une entrevue du 14 octobre accordée à ABC News.
"Et franchement, certains de ces efforts, comme les vols de bombardiers russes dans les zones que nous n'avons pas vues depuis un certain temps, ne font rien pour arranger la sécurité." (RIA Novosti)
Depuis plusieurs mois, la Russie mène des exercices militaires aériens près de l'Alaska. Au cours de l'été dernier, des bombardiers russes ont pris part à un certain nombre d'exercices dans ce qui est décrit comme « une zone tampon en dehors de l'espace aérien US », à proximité de l'Alaska, selon un porte-parole de NORAD :
« Des avions de combat étasuniens et canadiens, y compris des F-15, ont été dépêchés pour accompagner les avions russes dans leurs exercices, qui mettaient en scène de deux à six avions, ... » « VS–08 » est un exercice militaire qui repose sur un scénario de confrontation avec la Russie et la Chine.
En août, sous les auspices de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), la Russie et la Chine se sont entendues pour mener de grands exercices militaires conjoints. Sous le nom de code « Mission de Paix 2007 », ces manoeuvres ont eu lieu dans la région russe de la Volga ainsi que dans la région chinoise occidentale d'Urumqi.
Article original en anglais, New Cold War: Simultaneously, Russia and America Conduct Major War Games, publié le 6 octobre 2007.
Traduction : Dany Quirion pour Alter Info. Révisé par Nicolas Gourio pour Mondialisation. Micchel Chossudovsky est l'auteur du best-seller international The Globalization of Poverty (titre français: "La mondialisation de la pauvreté», éd. Écosociété) qui a été publié en 11 langues. Il est professeur d'économie à l'Université d'Ottawa, Canada, et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation. Il collabore également à l'Encyclopaedia Britannica. Son dernier ouvrage est intitulé America`s War on terrorism, 2005. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre. ![]() |
Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca |
La Russie a suspendu sa participation au traité de 1990 sur la réduction des armements conventionnels en Europe et vient de procéder, d’un bout à l’autre de la Sibérie, à un tir de missile démonstratif censé faire voir qu’elle peut franchir les lignes des systèmes anti-missiles US. En Ukraine, les morceaux de l’appareil d’Etat, de l’armée, des troupes de choc du ministère de l’Intérieur, sont au bord de l’affrontement armé entre pro-russes et pro-OTAN. En Estonie, le gouvernement membre de l’Union Européenne a fait tirer sur des manisfestants russophones et Poutine a fait opérer des mouvements de troupes, des coupures de liaisons ferroviaires et des opérations de piratage informatique massif en représaille.
Au Kossovo, l’administration contrôlée par l’OTAN prétend concéder au peuple albanais une fausse indépendance, tronquée et octroyée, managée par les structures mafieuses de l’UCK et devant entraîner inévitablement des pogromes contre les minorités, Serbes et Roms notamment, que la police de Sarkozy tentera de refouler aux frontières ... Nationalistes serbes et Russie refusent cette mesure au nom de la slavophilie et de l’orthodoxie ... Il n’est pas jusqu’à la récente réunification du patriarcat orthodoxe russe et des églises orthodoxes de l’exil, qui reprochaient au patriarcat d’avoir été la chose de Staline et de ses successeurs, qui ne soit un maillon de cet affrontement, supervisé par Poutine. La répression des libertés démocratiques et syndicales en Russie, des Tchétchènes, ne pourra qu’être facilitée par l’assimilation entre ceux qui cherchent à s’organiser et les "agents de l’Occident", cet "Occident" qui est en train de mettre en place les conditions d’une guerre nucléaire sur le sol européen, dans le silence général ...
Ni la Russie, ni la Chine (ni l’Iran) ne peuvent ni ne veulent prendre l’initiative de contre-attaques pour desserrer l’étau -tout au plus peuvent-ils faire des manoeuvres de diversion. Ils sont sur la défensive, mais une défensive surarmée et également dangereuse. C’est l’impérialisme nord-américain qui, apparemment, fixe toutes les règles et les non-règles du "jeu", établissant lui-même jusqu’où il lui est permis d’aller trop loin ... En apparence, car les phénomènes de chaos qu’il instaure peuvent se retourner contre lui, et parce que les mouvements authentiques de résistance contre sa politique sont bien réels, y compris de la part du peuple et de la classe ouvrière nord-américains eux-mêmes.
Une chose est sûre : poursuivre dans cette voie du chaos signifie et nécessite des attaques redoublées pour augmenter le taux d’exploitation du travail salarié, la destruction des conquêtes sociales, et le pillage des paysanneries pauvres et des ressources naturelles planétaires -toutes choses qui s’appellent la "croissance" dans l’ordre capitaliste des choses.
Dans ces conditions le relatif affaiblissement, l’usure, de l’exécutif nord-américain et aussi de celui représenté par Tony Blair en Grande-Bretagne (par rapport auquel la succession de Gordon Brown ne constitue pas un second souffle), est pour eux un problème non négligeable. Le remplacement de Bush est à moyen terme inévitable, mais sa volonté d’instaurer des situations de non-retour, depuis son avènement en 2000 qui avait été un coup d’Etat, rend la chose difficile et complexe.
Du Kremlin, siège du président russe, à la Maison Blanche, siège du gouvernement, il n'y a qu'un pas. Le président russe Vladimir Poutine a confirmé jeudi qu'il deviendrait premier ministre et qu'il jouirait de puissantes prérogatives si son protégé Dmitri Medvedev est élu président lors de l'élection du 2 mars.
«L'heure n'est pas aux pleurs, il faut se réjouir de la possibilité de travailler à un autre poste, de servir son pays à un autre titre», a-t-il dit devant un millier de journalistes lors de sa conférence de presse annuelle, la dernière en tant que président.
L'intervention de Poutine a été vécu comme un véritable marathon : le président russe a répondu pendant 4 heures 40 à près d'une centaine de questions posées en rafale. «Le pouvoir exécutif suprême dans le pays, c'est le gouvernement russe et le chef du gouvernement», a-t-il affirmé, en notant qu'il était doté de larges prérogatives, du «budget (..) à la défense ou la politique économique internationale». L'homme n'a pas l'intention de jouer les seconds rôles au sommet de l'Etat. Il a affirmé qu'il pourrait rester premier ministre «aussi longtemps que Dmitri Medvedev sera président», soit jusqu'en 2012, voire 2016. Inversant les rôles, il a noté s'être déjà «fixé des objectifs à ce poste» en présentant un programme pour la Russie jusqu'en 2020. Il a suggéré qu'il n'accrocherait pas le portrait de Dmitri Medvedev dans son bureau.
«Au final, le dernier mot revient au chef de l'Etat. Mais, j'ai bien sûr le droit de donner mon point de vue», a-t-il tempéré. «La dualité du pouvoir sera un phénomène nouveau», a jugé un analyste.
Ce rendez-vous avec les journalistes a été l'occasion pour le président russe de dresser un bilan de sa mandature. Poutine a expliqué «avoir ramé jour et nuit comme un galérien» pour son pays mais être «content de son travail». «Nous avons une situation stable, économiquement et politiquement», résume-t-il.
A quelques jours de l'indépendance annoncée du Kosovo, impossible pour le président russe de ne pas commenter l'actualité. Il a qualifié tout soutien à cette scission unilatérale d'«immoral et illégal». Sur les questions énergétiques qui ont récemment opposé Gazprom et l'Ukraine, Poutine a qualifié jeudi de «politique incorrecte, stupide, voire non-professionnelle» l'attitude des pays tentant de créer des voies de livraison d'énergie contournant la Russie.
Les déclarations de Poutine n'ont pas manqué de faire réagir les Etats-Unis. «Ce n'est certainement pas le genre de déclarations auquel on puisse s'attendre dans une démocratie saine, épanouie et vibrante», a déclaré à la presse le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.