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Val de Loire : château d’Ussé

Le Val de Loire est un remarquable paysage culturel s'étirant le long d'un fleuve, qui témoigne des échanges de valeurs entre les hommes et du développement harmonieux de l'interaction entre l'homme et son environnement naturel, cela pendant plus de deux millénaires. Il conserve un patrimoine architectural important avec des villes comme Blois, Chinon, Orléans, Saumur et Tours, mais surtout des châteaux célèbres dans le monde entier, comme celui de Chambord.

Le bassin de la Loire occupe une vaste zone du centre et de l'ouest de la France, du sud du Massif central à l'estuaire du fleuve, sur la côte atlantique. La partie qui s'étend de Sully, à l'est d'Orléans, à la jonction entre la Loire et le Maine, près d'Angers, représente quelque 200 km. C'est pour l'essentiel la « nouvelle Loire », puisque le fleuve s'écoulait à l'origine vers le bassin parisien, au nord-est. Cette partie du fleuve est aujourd'hui divisée entre deux régions (Centre et Pays de la Loire) et quatre départements. Le long de la Loire, entre Orléans et Angers, la vallée se caractérise par de basses falaises de tuffeau et de calcaire et, souvent sous une ou plusieurs terrasses fluviales, par une plaine alluviale parcourue d'anciens chenaux. La vallée possède une longue histoire d'inondations catastrophiques dont le souvenir est rappelé, un peu partout, par des marques gravées dans la pierre indiquant le niveau atteint par l'eau. Même aujourd'hui, ses habitants vivent en permanence sous la menace des inondations. Différents aménagements effectués sur le cours du fleuve cherchent à minimiser ces risques.

Dans sa plus grande partie, le site classé sur la Liste du patrimoine est encadré par des levées de terre. Ses rives sont jalonnées par une série de villages et de villes petites ou grandes situés à faible distance les uns des autres. Les agglomérations les plus importantes, du nord-est au sud-ouest sont Sully, Orléans, Blois, Amboise, Tours, Saumur et Angers. L'exploitation du sol est très diversifiée, d'une urbanisation très dense à une horticulture intensive, de vignobles (certaines activités dépendant des inondations) aux réserves de chasse.

L'impact romain sur le paysage a été décisif, et explique encore aujourd'hui la distribution des sites, les formes d'urbanisme et le réseau viaire. La Loire était l'un des principaux axes de communication et de commerce de la Gaule. Vers 372, à la fin de l'époque romaine, saint Martin, évêque de Tours, fonda une abbaye à Marmoutier. Elle devait servir de modèle à de nombreux autres établissements monastiques de la vallée de la Loire au cours des siècles suivants.

Le sanctuaire de Tours était l'un des plus importants centres de pèlerinage d'Europe, jusqu'à ce qu'il soit supplanté par celui de Saint-Jacques-de-Compostelle. Au Moyen Âge, l'habitat se développa à proximité immédiate des nombreux monastères. Le pouvoir seigneurial, qui se développa au Xe  siècle, a laissé une trace profonde dans le paysage. Les attributions de terres se firent en fonction des principes de la société féodale, et des résidences puissamment fortifiées, près desquelles se formèrent de nouveaux habitats, furent alors construites par les seigneurs.

Zone frontière au cours de la guerre de Cent Ans, la vallée de la Loire vit s'affronter, à de multiples reprises, troupes françaises et anglaises. Les châteaux furent reconstruits, agrandis et transformés en de massives forteresses qui ont précédé les châteaux actuels. La menace que faisait peser l'Angleterre, au cours de toute cette guerre, poussa la Cour royale à faire de longs séjours Tours. À la fin de la guerre, au milieu du XVe  siècle, la vallée offrait un terreau idéal à l'humanisme, et la Renaissance prit racine en France, ce qui entraîna notamment le démantèlement des grandes forteresses médiévales et leur reconstruction sous forme de palais consacrés au plaisir et aux divertissements.

Les XVIIe -XVIIIe  siècles marquent le développement d'une économie commerciale séculière fondée sur l'industrie, l'artisanat, le commerce, la navigation fluviale, encadrée par les villes telles qu'elles s'étaient développées selon le système féodal de l'Ancien régime. À la fin du XVIIIe  siècle, on réalisa dans la vallée les premiers aménagements visant à contrôler le cours du fleuve, travaux qui s'accélérèrent pendant tout le XIXe  siècle. La représentation romantique de la vallée par des écrivains et des peintres du XIXe  siècle y attira des touristes, d'abord venus de France, puis d'Europe, enfin du monde entier, au XXe  siècle.

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Avec son toit de tuiles bleutées, ses multiples tours et ses murs dignes d’une forteresse, le château d’Ussé possède une apparence plus romantique et fantaisiste que ses voisins du Val de Loire. Le château d’Ussé doit également son romantisme à la légende qui veut que, après y avoir séjourné, l’écrivain Charles Perrault s’en soit inspiré pour écrire le conte de fées du 17e siècle, La Belle au bois dormant. Derrière le château se trouve la forêt dense de Chinon, qui ajoute à son aspect féerique.

Au 11e siècle, le seigneur féodal normand Gueldin de Saumur fit construire une forteresse de bois à l’emplacement actuel du château, au confluent de la Loire et de l’Indre, dans le Nord-Ouest de la France. Les occupants suivants la firent reconstruire en pierre, et au milieu du 15e siècle, elle fut acquise par Jean V de Bueil, général qui mena d’importantes batailles contre les Anglais, lors de la guerre de Cent Ans. À la fin de la guerre, Jean de Bueil entama la reconstruction de la forteresse dans le but d’en faire sa résidence de campagne, à l’époque où de telles résidences étaient construites par les nobles dans le Val de Loire. À la fin du 15e siècle, le château fut vendu à un conseiller du roi, Jacques d’Espinay, qui poursuivit les travaux de reconstruction et entama l’édification d’une chapelle dans les jardins du château. Charles, le fils de Jacques d’Espinay, poursuivit les travaux de la chapelle et ajouta au château des motifs et structures de style Renaissance.

Au 17e siècle, les jardins du château furent redessinés par le fameux architecte paysager André Le Nôtre, connu pour son travail sur les jardins du château de Versailles. Une partie du château d’Ussé fut démolie, afin de dégager la vue sur les nouveaux jardins en terrasse donnant sur l’Indre. Depuis cette époque, le château n’a pas subi de transformations majeures du point de vue de sa structure, et son extérieur de style gothique et Renaissance, digne d’un conte de fées, a été en grande partie préservé.
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